Lettre ouverte à Bruno Ben Moubamba au sujet de la mort de Rendjambé

Par la présente lettre ouverte, je sollicite un peu de votre temps précieux pour enfin savoir dans quelles circonstances notre compatriote Joseph Rendjambé Issani a trouvé la mort le 23 mai 1990, cela fait exactement 27 ans.

En effet, vous et moi, nous partageons des valeurs communes : la justice et la lutte contre l’impunité. Même si j’avoue ne pas avoir le même courage que vous. J’en viens au fait, le 13 juin 2009 à Paris, vous aviez fait une importante déclaration en présence de Marie-Clotilde Rendjambé : pour l’amour de Rendjambe et du peuple gabonais. La vidéo est disponible à l’adresse suivante si vous avez besoin de vous rafraîchir la m é m o i r e . Dans cette déclaration, vous vous étiez adressé aux sieurs Ali Bongo et André Mba Obame pour savoir ce que ces deux illustres fils du Gabon faisaient dans la nuit du 22 au 23 mai 1990 et surtout vous souhaitiez qu’ils nous dissent ce qui était arrivé à Joseph Rendjambé Issani. Votre question, vous l’admettrez n’était pas neutre.

Il se trouve que huit ans après cette importante et courageuse déclaration, vous avez été tour à tour proche (ministre) d’André Mba Obame et d’Ali Bongo. Je me permets donc de m’adresser à vous pour savoir si vous avez pu poser la question sur les circonstances du décès de Rendjambé Issani à ces deux messieurs.

Après avoir déplacé Madame Marie-Clotilde Rendjambé le 13 juin 2009, à ce jour, lui avez-vous rendu compte de l’avancement de vos investigations ? Je suppose que les questions que vous posiez dans la vidéo du 13 juin 2009 ont été posées aux intéressés. Je suppose que si vous aviez déplacé cette dame et remué le couteau dans une souffrance qui doit encore l’habiter, c’est que cette affaire vous tenait à cœur et comme je connais votre ténacité, j’imagine qu’aux sieurs André Mba Obame et Ali Bongo vous avez posé la question de leur responsabilité dans le décès de Monsieur Rendjambé.

Je n’oserais penser une seconde que vous aviez déplacé une dame de cet âge juste pour faire le buzz ou agir en sorcier politique car tout le monde connaît votre mépris pour « la sorcellerie politique ». D’ailleurs, dans vos discours, vous ne manquez pas de rappeler que les seules valeurs qui vous guident sont l’éthique, la justice, la justice sociale et le sens du service sans évidemment oublier que vous êtes catholique fervent et pratiquant.

Nous sommes 27 ans après que Monsieur Joseph Rendjambé a trouvé la mort dans des circonstances troubles, et ça fera bientôt 8 ans que vous nous avez aiguillé vers André Mba Obame et Ali Bongo. Alors, je vous demande certes anonymement, mais sincèrement de nous rendre compte de vos investigations. En effet, si les sieurs Ali Bongo et André Mba Obame sont responsables de ce décès, il est important que tout le monde le sache et s’ils n’ont rien à voir dans cette affaire, il est temps que vous enleviez sur leurs personnes les soupçons que vous aviez émis.

En espérant que Monsieur le vice-Premier ministre pourfendeur de la sorcellerie politique, l’homme qui a ses valeurs morales et son amour du Gabon chevillés aux corps, aura la gentillesse de répondre à un quidam gabonais qui partage ses valeurs, recevez Monsieur le VPM, mes salutations respectueuses.

Paul Adnan Meteghe

Etudiant en journalisme/Chroniqueur

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