jeudi,25 novembre 2021
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Lettre à une soeur entrepreneure partie 1

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Ma très chère sœur entrepreneur, Santé, honneur et grâce dans ton souffle de vie. C’est avec un plaisir tout particulier que je prends un peu de ce temps pour venir à ta rencontre, à travers quelques mots qui germent du tréfonds de mon cœur ; des mots qui germent de notre âme commune de volontaires du progrès; des mots que tu aurais pu me partager. Mais j’ai osé la première, parce que j’avais si soif de te parler. J’avais si soif de faire corps avec toi ; toi ma sœur Gabonaise, ma sœur africaine, ma vaillante sœur entrepreneur.

Je m’appelle Christine BAGUELA Epse SORO. Je suis de nationalité gabonaise, Diplômé en Banque et Assurance, Expert Consultant Internationale en Communication d’Entreprises certifié de la Mission du Conseil des Consultants Africains (MCCA). Je suis la co-fondatrice de l’agence conseil en stratégie digitale D&C virtuel Communication qui existe depuis 2008 ; soit 13 ans au service des acteurs privés, publics et de la société civile. Je suis la fondatrice de l’ONG Femme Belle AI&AE qui accompagne depuis 2013 plusieurs femmes dans leurs processus de transformation émotionnelle pour devenir la meilleure version d’elles-mêmes, et bien au-delà. J’accompagne les accompagnent par le biais de DIgieWomen School, première école gabonaise des métiers du numérique dédiée aux femmes. Cette école a franchi la barre de plus de 700 femmes formées depuis 2018 et remporté plusieurs distinctions à l’international dont le titre de Lauréate de la Fondation de l’Académie de Médecine France Famx2019 pour avoir une application mobile destinée à la femme enceinte, du Sommet Afrique-France 2020 pour le projet Digiewomen et bien d’autres.

Je suis une mère de famille ; Je suis une épouse ; je suis une sœur, et surtout je suis, comme toi, une femme entrepreneur. Je voue à ma patrie le Gabon et à l’Afrique un amour ardent et indéfectible. Comme toi, je suis La femme gabonaise ou africaine au service de cette patrie et de ce continent qui nous ont tout donné ; et à qui nous devons, à tout instant, rendre l’honneur déférent qu’ils méritent ; autant que nous devons les servir, les défendre et les promouvoir à la hauteur de leurs grandeurs et des valeurs qu’ils incarnent à travers les générations.

A l’heure où toutes les nations du monde subissent les conséquences dévastatrices de la pandémie de la Covid-19; et pour avoir été une victime sous assistance respiratoire, j’ai une pensée émue envers mes sœurs gabonaises et africaines qui ont quitté ce monde, emportées par cette maladie. C’est l’occasion de nous exhorter à la plus grande vigilance, en respectant les mesures barrières.

Ma très chère sœur entrepreneur,

Lorsque je songe aux peines que doit essuyer un entrepreneur pour exister, souvent sans le moindre sou, sans rien obtenir de ses longs et maints efforts acharnés, j’ai la larme à l’œil. Et je pense à toi qui porte le poids de ton destin et de ton monde… Je tiens à saluer ton courage et le sens de ton engagement. Et je voudrais te partager quelques pensées qui me servent de moteurs sur les chemins sinueux de l’entreprenariat. Une citation africaine : « La chance aide parfois, le travail toujours ». Une pensée de Confucius : « Choisissez un travail que vous aimez et vous n’aurez pas à travailler un seul jour de votre vie ». Tu comprendras mon exhortation pour le travail, notre principal allié dans la voie de la réussite.

Ma très chère sœur entrepreneur,

Je me sens si proche de toi qu’il me plait de te faire quelques confidences. Je me sentirais moins seule… En 2009, encouragé par le Directeur de la Communication Présidentielle, j’ai été invitée à prendre part à la toute première cérémonie de présentation du plan d’action de la première Dame du Gabon, son Excellence Sylvia BONGO ONDIMBA.

Lors de cet évènement qui réunissait les acteurs privés, publics et de la société civile que je représentais, je devais présenter « mon rêve » à la première Dame. La préparation m’a pris des nuits, doublées d’un stress inhabituel.

Le jour venu, j’ai saisi mon courage et présenté mon dossier à une Première dame très ouverte et disponible envers tous. Ma frousse, mes appréhensions se sont écroulées devant l’entrain et l’honneur de livrer le fruit de ma réflexion. Mon dossier était rempli d’idées de projets parmi lesquelles la promotion du digital pour tous les publics et particulièrement les femmes.

Je n’oublierai jamais ce jour. Ma présentation faite, j’ai été félicitée par la Première dame. Puis elle m’invita à la rencontrer pour travailler à l’approfondissement de mes idées afin de concrétiser les projets jugés pertinents. Malheureusement, depuis 13 ans, malgré ma persévérance auprès des intermédiaires chargés de faciliter mon audience, je n’ai pu rencontrer la Première dame… Que de rêves nourris ; que d’espoir et de conviction contrariés… J’ai assumé cette épreuve. Ainsi va la vie. On n’obtient pas toujours ce que l’on désir.

Ma très chère sœur entrepreneur,

Selon Une étude publiée en 2019 par Approved Index, un groupe de réseautage d’affaires basé au Royaume-Uni, l’Afrique était classé parmi les meilleurs dans le domaine de l’entrepreneuriat.
Avec plus de 27 % des femmes qui créent une société. Ce qui constitue le taux le plus haut à l’échelle mondiale. Mais 70 % d’entre elles n’ont pas accès aux investissements.

Même si plusieurs initiatives sont lancées par nos autorités africaines pour booster et promouvoir nos startups, peut-on aujourd’hui dire que l’entrepreneur féminin que nous représentons sera un jour une solution pour nos économies africaines ?

Je suis dans le combat de l’entrepreneuriat depuis plus de 13 ans maintenant. Le discours dominant sur l’entreprenant tant au Gabon qu’en Afrique me semble présenter des relents de naïveté sinon qu’il me semble incomplet. Je pense foncièrement que le développement de l’Afrique ne viendra pas s’il ne passe pas par l’entrepreneur. Les besoins de nos économies au plan des infrastructures, de l’éducation, de l’alimentation, des services sociaux, du bien-être, etc. sont connus, vécus et documentés. Mais leur prise en charge est globalement floue, voire superflue au plan institutionnel… Les résultats ne sont pas à la hauteur des ambitions déclarées et des attentes des populations.

C’est en cela que le rôle de l’entrepreneur prend tout son sens. Parce qu’il lui revient de concevoir des solutions aux problèmes et carences de la société. Et par la commercialisation de ces solutions, il crée de la valeur et s’enrichie… Telle est notre rôle. Telle est notre raison d’être.

Si la plus part de nos projets sont innovants, originaux, voire révolutionnaires, il n’en demeure pas moins que leur pérennité laisse à douter. Selon l’Agence Ecofin dans sa publication de juillet 2020, L’écosystème des start-up africaines a connu un taux d’échec de plus de 50% entre 2010 et 2018.

Les raisons d’échouer sont plus nombreuses que les possibilités de réussir. Dans cet environnement où le soutien que nous sommes en droit d’espérer de nos gouvernants n’est pas à la hauteur de nos ambitions, nous devons nous armer d’une force extraordinaire pour progresser, chaque jour, même à petits pas.

Ma très chère sœur entrepreneur,

Quoi de mieux que quelques conseils à partager, pour que ta force mentale et ton travail constant aident à transformer notre pays et notre Afrique ?

-Engage-toi dans des projets ou s’exprime ta passion. Sinon, ne t’y engage pas
-La recherche de l’argent ne vaut pas mieux que de faire un travail que tu aimes
-Tu auras toujours solution à un problème. Donc rien ne peut t’arrêter
-Crée un projet qui correspond au besoin des gens et pas au seul plaisir de faire quelque chose
-C’est l’action qui donne du sens aux idées. Tu dois agir plutôt que de rêver sans fin
-Le plus dur c’est de commencer, puis continuer, puis accélérer
-Au travail, rien de mieux que de t’entourer des meilleurs et non des gentils
-Ne cherche pas à tout savoir et à tout faire. La victoire en équipe est encore plus belle
-Côtoie des gens meilleurs que toi et ne te sens pas menacer par eux
-Fais de ton projet une belle histoire à raconter, car l’entreprise ne parle pas qu’en chiffres
-Accepte les critiques constructives. Elles aident à s’améliorer
-L’échec n’est pas la fin. Mais le début en mieux.

Ces pensées viennent de tous bords ; des hommes et des femmes, comme toi et moi, qui vouent leur vie au progrès de la société en embrassant le chemin pénible de l’entrepreneuriat.

Force à nous !

Prends soin de toi, chère sœur, et bientôt.

Christine Soro

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