samedi,17 avril 2021
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Les promesses d’une renaissance du Gabon

L’interview du président de la République, Ali Bongo Ondimba, parue dans le magazine Jeune Afrique de ce mois d’avril 2021, est sans nul doute l’une des plus remarquables qu’il ait jamais accordée à la presse. Courtois dans le propos, attentif et engagé, il a fait naître l’espoir d’une renaissance du pays, en esquissant un programme politique à visage humain renforcé. Il a marqué là bien des points. La preuve, l’écho que cette interview a suscité dans l’opinion nationale, le Landerneau politique, la presse et singulièrement la toile qui s’est emballée, parfois en dépit du bon sens.

Mais au-delà de l’intérêt et des réactions un tantinet bruyantes, notamment sur la nomination du vice-président de la République, le renouvellement de l’équipe gouvernementale ainsi que l’éventualité d’une candidature Ali Bongo Ondimba en 2023, trois aspects abordés, entre autres, sur lesquels nous reviendrons plus loin, nous avons, pour notre part, retenu que notre Président est en meilleure forme et nous en sommes heureux. Nous sommes contents de constater qu’il est aussi tenace aujourd’hui qu’avant sa maladie. Il a la gnaque ! 

Diversification et reconstruction de l’économie

Tel qu’il l’a indiqué dans Jeune Afrique, la priorité pour le chef de l’Etat c’est l’urgence de reconstruire une économie nationale, lourdement mise à mal par la conjonction des crises, dont celle de la pandémie de la COVID-19, qui affecte les pays du monde entier, les riches et les moins riches. Pour ce faire il faut diversifier les moteurs de croissance en développant des nouvelles sources de revenus autres que le pétrole, dont le Gabon tire 30 % de son PIB. La transformation de nos matières premières sur place, à forte valeur ajoutée, telles que celle issue des secteurs forêts-bois, le tourisme, l’agriculture, l’économie verte, sont autant de relais de croissance qui permettront de sortir du tout pétrole et de conjurer le syndrome hollandais de la trop grande dépendance à l’égard d’une ressource unique. 

Sous son impulsion, le gouvernement a initié une batterie de réformes qui impacteront positivement les équilibres économiques et budgétaires. Même le Fonds Monétaire International (FMI) reconnaît que le Gabon a fait des progrès qui ont permis à  notre économie de contenir le contre-choc pétrolier d’une part, et les effets néfastes de la crise sanitaire mondiale, d’autre part. Le Plan d’accélération de la transformation (PAT), récemment mis en place,  devrait dynamiser la croissance, en ciblant les secteurs prioritaires que sont : la santé, l’éducation, la famille, l’habitat, les routes, etc. La finalité du PAT n’est-elle pas de redonner de bonnes raisons d’espérer à une population déprimée et découragée, grâce à une répartition équitable du budget national ?

Un gouvernement de « combat » et des « résultats »

Mais pour atteindre les objectifs encourageants du PAT, ainsi que l’activation de son plan opérationnel, le chef de l’Etat doit s’appuyer à la fois sur un « gouvernement de combat » et des « résultats ». Une équipe gouvernementale remaniée, voilà l’autre sujet attrayant abordé dans son interview. Certes le président Ali Bongo Ondimba a renouvelé sa confiance au Premier ministre en poste, ce qui laisse présager, on l’a bien compris, un ministère Ossouka Raponda II, qui n’exclut pas l’arrivée de nouveaux visages.  

Ce que les détracteurs du gouvernement actuel réclament mutatis mutandis, c’est l’entrée dans la prochaine équipe gouvernementale attendue, de personnalités fortes, intègres, qui prennent en compte les intérêts du Gabon et non des chasseurs de postes ministériels, qui n’auraient cure que de leur personne. On voudrait éviter en effet, le  spectacle désolant d’une foire d’empoigne où la carrière politique et l’appât du gain facile l’emporteraient sur toute considération morale nationale et/ou sociale.

Les Gabonais ne veulent plus voir, au gouvernement et dans la haute administration, des dirigeants qui ont fait du péculat un sport national. Les détournements systématiques qui grèvent les comptes de dépenses et les frais (imaginaires, incompressibles, futiles) sont un archaïsme intolérable, une honte nationale, une provocation face à la misère des familles démunies. Le vol à la pelleteuse hydraulique de l’argent public doit cesser, être dénoncé et réprimé lorsqu’il est mis au jour.

Nomination du vice-président de la République

La nomination imminente d’un vice-président de la République, annoncée par le chef de l’Etat, a donné lieu également à des réactions passionnées. Une information qui a mis le Tout-Libreville et le reste du Gabon en ébullition. Dans la presse avec ses différentes composantes, pour l’homme de la rue, dans les confidences des salons très feutrés des bords de l’Estuaire du Gabon, le sujet électrise les conversations. Les uns et les autres font et défont les différents nominés. Cette agitation doit faire sourire le détenteur du pouvoir discrétionnaire. Toutefois, il faut reconnaître que parmi nombre de personnalités dont les noms et les photographies circulent, il y a des brillants esprits qui méritent de figurer sur la short liste du chef de l’Etat.

Enfin last but not least, le dernier sujet qui a capté l’attention de tous est la perspective de la candidature de notre Président à l’élection présidentielle de 2023. Pour beaucoup l’interview de Jeune Afrique n’est qu’une mise en perspective de cette candidature. Si tel est le cas, nous disons pour notre part que c’est une ambition légitime, que personne ne peut lui dénier. N’est-il pas le candidat naturel de sa majorité politique soudée autour du Parti Démocratique Gabonais (PDG) ? Bien qu’il ne se soit pas encore prononcé, chacun de ses soutiens doit œuvrer par rapport à cette éventualité, en se demandant chaque soir avant de se coucher : « qu’ai-je fait pour que le président de la République Ali Bongo Ondimba soit réélu en 2023 » ?

Tout bien considéré, ce qu’il faut retenir de l’entrevue présidentielle, c’est que le chef de l’Etat a décidé d’accélérer son programme politique, sans se préoccuper des échéances de 2023, encore moins des chicayas interminables de la politique politicienne. Malheur à ceux qui au niveau du gouvernement, du PDG et de la haute administration ne seront pas à la hauteur du champion toutes catégories pour relever, à ses côtés, les défis, présents et à venir, de son action au service des Gabonais.

Germain Ngoyo Moussavou

Ancien sénateur de Tchibanga

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