Les malades mentaux au Gabon, ces citoyens abandonnés

Dans les rues de nos villes au Gabon, nous constatons depuis des décennies la circulation des personnes dénommées malades mentaux. Elles sont reconnaissables à leur accoutrement : habillées avec des vêtements sales, à leurs coiffures, elles ne se peignent pas les cheveux et ont parfois « des rastas ». Elles sont d’une odeur repoussante, elles ont un langage incohérent et sont parfois agressifs.

Ces citoyens qui souffrent de déficience mentale le sont devenus pour plusieurs raisons : La rumeur parle d’envoûtement de la famille, des sectes, parfois des conséquences d’un traumatisme vécu dans une situation particulière, telles que la frayeur etc. On les rencontre au quartier Louis, au bord de mer, à proximité de l’hôpital Melen à Libreville. Force est de constater que ces compatriotes sont abandonnés à eux –mêmes. Ils se nourrissent à partir d’aliments trouvés dans des poubelles et dorment à même le sol parfois dévêtus choquant les personnes normales.

Ce problème de société n’a pas encore été résolu au Gabon. Il manque dans notre pays une véritable politique de gestion de ces compatriotes malades. L’hôpital de Melen qui est indiqué pour ces malades manque de structures suffisantes, il n’a pas assez de psychiatres et il semble être la seule structure hospitalière au Gabon.

Comment résoudre ce problème de santé mentale si les plus hautes autorités de notre pays ne se décident pas à faire construire d’autres hôpitaux ? L’église chrétienne s’en préoccupe depuis son implantation au Gabon, car son clergé procède à des exorcismes qui ont donné des résultats concrets mais n’a pas un budget suffisant pour bâtir des structures susceptibles de les réintégrer dans la société en leur offrant un emploi, en leur redonnant une autonomie financière, un logement etc. L’Etat gabonais devrait s’en préoccuper sérieusement car il en va de l’honneur de notre pays.

Eric Moukodoumou Midepani, Chercheur au CENAREST(I.R.S.H)

© Crédit Photos gabonreview.com

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