Les jeunes leaders de l’opposition décryptent l’actualité politique

Isaac Abaga Obiang et Wolfgang Ebanega, ce merdredi 29 novembre 2017 © GMT

C’est à la faveur d’une conférence de presse organisée ce mercredi 29 novembre 2017 à l’Hôtel Hibiscus de Libreville, que les jeunes leaders de l’opposition ayant soutenu Jean Ping, lors de l’élection présidentielle du 27 août 2016, ont tenu à entretenir l’opinion sur diverses questions de l’heure. Ils ont donc passé au crible la polémique que suscite le projet de révision constitutionnelle, le climat politique actuel, mais aussi l’adoption par la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (CEMAC) du principe de libre circulation dans la sous-région.

Conduit par Isaac Abaga Obiang, président du Front populaire gabonais (FPG) et Wolfgang Ebanega, les jeunes leaders de l’opposition ont entretenu l’opinion sur les questions d’actualité. Ainsi, abordant le climat sociopolitique que traverse le pays depuis la fin du scrutin présidentiel d’août 2016, ils ont fustigé l’entêtement d’une frange de l’opposition conduite par Jean Ping qui selon eux «a décidé de ne pas tourner la page de la présidentielle». Estimant de ce fait que pour ramener le pays vers la stabilité, il était nécessaire que chacun mette un peu d’eau dans son vin, « on peut ne pas  être d’accord (…) mais dans un Etat de droit, il faut bien parfois se plier aux institutions»; a martelé Isaac Abaga Obiang.

«Les occidentaux ne feront pas le changement du Gabon à notre place. Nous pensons que si en tant que républicain, on décide de tourner le dos à la violence, on doit clairement accepter de dialoguer avec l’autre camp (…) c’est ce sursaut d’orgueil patriotique et républicain que les gabonais attendent»; a-il poursuivi. Concernant les difficultés économiques rencontrées actuellement, l’orateur a précisé que si «le gouvernement y met la volonté politique nécessaire, il va considérablement réduire, à court terme la pauvreté et donner du vrai sens à la réconciliation post-électorale».

Abordant la question de la révision constitutionnelle, Wolfgang Ebanega a jugé la levée de bouclier de l’opposition injustifiée, soulignant que cette réforme était légitime puisque discutée lors du dialogue politique convoqué par Ali Bongo. Il n’a pas manqué de décliner les avancées significatives obtenues lors de cette rencontre qui a vu la participation de la société civile gabonaise, notamment la réforme de la loi sur les élections, le retour de l’élection à deux tours, le raccourcissement des mandats des sénateurs, la réforme de la Commission électorale nationale et permanente, autant d’éléments qui selon lui revêtent une importance capitale. «Nous pensons que cette critique est caduque alors qu’on n’est pas sûr de voir ces compatriotes participer aux élections législatives pour être majoritaire»; a-t-il souligné.

Autre point évoqué lors de cette rencontre, la question de la libre circulation actée par les Etats membres de la CEMAC. Saluant cette décision des chefs d’Etats, les jeunes leaders de l’opposition n’ont pas manqué toutefois de souligner la nécessité pour les autorités gabonaises de garantir à travers cette mesure un développement efficient du pays. «Cette ouverture faisait beaucoup peur avant, mais on s’aperçoit qu’avec la diversification progressive de notre économie, c’est un grand marché qui s’ouvre à nous»; a estimé Jean Chirac Medzo.

La seule recommandation selon les Jeunes leaders de l’opposition c’est que «le gouvernement gabonais ne doit pas regarder l’ouverture des frontières du seul angle économique. Elle exige la maîtrise des frontières en raison des considérations sécuritaires»; a conclu Stanislas Ngame.

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