Les fadaises de ceux qui nous gouvernent

Alphonse Louma président de l'ONG Agir pour le Gabon © GMT

Le débat sur la réforme des critères d’attribution des bourses est loin d’avoir connu son épilogue au vue des nombreuses réactions qu’elle continue de susciter au sein de l’opinion nationale. C’est par le biais d’une tribune dont Gabon Media Time a reçu copie que le président de l’organisation non gouvernementale « Agir pour le Gabon », le Dr Alphonse Louma Eyougha a tenu à donner sa position sur cette mesure qu’il juge « liberticide ». Nous publions in extenso la teneur de son libre propos.

« Les fadaises de ceux qui nous gouvernent

Quelle mouche l’a donc piqué pour prendre une mesure aussi stupide que celle prise par le gouvernement gabonais concernant la limitation de l’octroi de la bourse scolaire aux élèves ayant obtenu au moins une moyenne de 12 sur 20 à l’examen du baccalauréat et étant âgés de 19 ans ? Cette décision, nous devons la condamner avec la dernière énergie et dire tout le mal que nous pensons d’elle. Cette décision criminelle, en réalité, ne peut surprendre que les naïfs qui attendaient autre chose de la part d’un système politique anachronique et usé jusqu’à la corde.

Cette décision prise à l’encontre de nos enfants et de notre système éducatif est un casus belli, et nos enfants ont compris le message cinq sur cinq voilà pourquoi ils ont décidé d’investir la rue pour faire entendre raison à Ali Bongo et sa bande d’assassins de notre jeunesse.

De toutes les façons, Ali Bongo et sa clique ne pourront que reculer et retirer leur projet de décret liberticide, mais il est déjà trop tard.

Il est tard car rien ne sera plus comme avant dans ce pays parce que cette génération qui,spontanément , est descendue dans les rues pour défendre son droit à la vie est désormais consciente de sa puissance et nous l’espérons a compris que ce projet de limitation des conditions d’octroi des bourses n’est que la face cachée de l’iceberg. Les Bongo et tous ceux qui les servent sont mauvais et il n’y a rien à attendre de bon d’eux. Un point un trait.

Ce système politique est devenu un cancer en phase terminale. Aucune chimiothérapie, aucune radiothérapie, aucune médication ne pourront le guérir.

N’oublions surtout pas que ce pouvoir a déjà fait assassiner à balles réelles ou en affamant des centaines de nos enfants depuis qu’il s’est imposé à nous par la force, Il y a de cela plus d’un demi siècle.

Des jeunes martyrs tombés sous les balles assassines des soldats encagoulés: Mboulou Béka, les dizaines de jeunes froidement abattus le 31 août 2016 au quartier général de monsieur Jean Ping et les jours d’après dans les rue des villes du Gabon;

Des milliers de jeunes ont prématurément perdu la vie par la faute de ces filous qui nous gouvernent depuis 1967, ces filous qui préfèrent planquer dans des paradis fiscaux  des milliards volés et une grande partie de cet argent blanchi dans des biens immobiliers à l’étranger au lieu de créer des emplois au bénéfice des jeunes, de construire des universités, des lycées et collèges, des hôpitaux etc.

Les jeunes qui n’ont pas de travail sont jetés dans l’alcoolisme, la prostitution, la drogue, le désespoir, la mendicité et le suicide. Voilà l’avenir que les Bongo et leurs complices réservent à nos enfants en refusant de mettre à leur disposition des moyens matériels et financiers de se bâtir un avenir radieux où ils pourront entrer en compétition avec les jeunes d’autres pays et d’autres continents à armes égales.

Je suis un pur produit de l’école publique et je dois tout à l’argent du contribuable gabonais. Enfant de parents pauvres, né un peu avant l’indépendance  là-bas à Okondja dans le département de la SEBE BRIKOLO je ne serai jamais devenu le docteur d’état en pharmacie sans l’aide de l’état gabonais. Depuis l’école primaire jusqu’à l’université j’ai toujours bénéficié de l’aide et de l’assistance des pouvoirs publics. Tout ce qu’on me demandait c’était d’obtenir une moyenne trimestrielle d’au moins dix sur vingt.

Je n’ai pas eu mon baccalauréat à 19 ans ni obtenu une moyenne de 12 sur 20 à cet examen. Alors, qu’est-ce qui a changé depuis 1975 , l’année d’obtention de mon baccalauréat ? J’ai passé les sept années de mes études secondaires au lycée national Léon MBA à l’internat nourri et blanchi sans compter le bénéfice de la gratuité des fournitures scolaires. Ce qui a certainement changé depuis mes années collège c’est que le vol et le pillage du pays par la caste qui nous gouverne sont allés crescendo au point qu’aujourd’hui l’argent des différents budgets suffit juste à entretenir le train de vie dispendieux de l’état sans lequel l’état Bongo-PDG s’effondrerait.

C’est la vérité ! Tout le reste n’est que de l’enfumage.

La solution est simple. Nous devons exiger ceci :

– Ali Bongo, Marie Madeleine Mborantsuo et tous les hiérarques du pouvoir doivent faire revenir au pays tout l’argent qu’ils ont planqué à l’étranger.

Après avoir vendu tous les châteaux achetés ou construits par eux et leurs enfants aux quatre coins du monde avec l’argent du contribuable gabonais.

– tout l’héritage de Bongo Omar doit être reversé dans les caisses de l’état gabonais.

– le château le Pozzo di Borgo à Paris doit rapidement être vendu et l’argent reversé dans les caisses de l’état ;

– Maixent Accrombessi doit être poursuivi par la justice internationale et ses biens au Gabon et à l’étranger saisis et vendus;

– le Sénat doit être supprimé. Le Sénégal vient de prendre la même décision.

– Un gouvernement de 20 membres est largement suffisant pour notre pays;

– il faut supprimer la fonction de Vice-président de la République ;

– À quoi servent le Médiateur de la République, le Conseil économique et Social et toutes les autres institutions et agences les unes plus budgétivores que les autres.

– les avions de Bongo Ali et ses dizaines de voitures de luxe devront être vendus et le budget de fonctionnement de la Présidence revu et corrigé.

Il y a certainement d’autres mesures possibles à mettre en œuvre pour avoir de l’argent pour relancer notre économie et surtout éviter de faire payer à nos enfants la facture de la mauvaise et apocalyptique gouvernance de ceux qui ont pris le pays en otage.

Je suis donc heureux d’entendre certains pédégistes et pas des moindres commencer à prendre leurs distances vis-à-vis de ce pouvoir pourri. Le navire prend de l’eau de toutes parts et c’est le sauve qui peut.  Tant mieux ! Il faut encourager ce mouvement de prise de conscience même tardive de la part de ceux qui ,hier encore ,étaient du mauvais côté de l’histoire.

Si nous devons abattre la dictature des Bongo il faudra à un moment donné diviser le camp de nos ennemis .

Je suis fier du combat de la jeunesse gabonaise et l’exhorte à poursuivre sa lutte car ce n’est qu’à ce prix qu’elle refusera d’être demain les porteurs de valises des enfants de ceux qui nous gouvernent aujourd’hui.

Je demande à tous les gabonais (travailleurs, chômeurs, professionnels de santé, avocats, enseignants, fonctionnaires etc ) de ne pas assister en spectateurs au sacrifice de notre jeunesse.

La patrie ou la mort, nous vaincrons.

Dr Alphonse LOUMA EYOUGHA

Président de l’ONG Agir pour le Gabon  

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