Léopold Codjo Rawambia : «Ce qui m’inquiète…»

Ce qui m’inquiète, ce n’est ni la lâcheté ni le cynisme assumé de François Hollande, de Manuel Valls et de Jean Marc Ayrault…qui ont donné par leur silence assourdissant et leur inaction une justification a postériori à ce que Martine Aubry a, si justement, désigné comme la « gauche molle »… Les Gabonais qui ne sont pas sots savent que le déshonneur de la France était le prix à payer pour sauvegarder ses nombreux intérêts au Gabon…

Ce qui m’inquiète, ce n’est ni la lâcheté ni l’inaction de l’ambassadeur de France qui a laissé se perpétrer, à quelques encablures du Camp de Gaulle, l’attaque du quartier général de Jean Ping et les massacres des jeunes Gabonais qui s’étaient regroupés là pour défendre leur vote et la démocratie… Les Gabonais ont toujours été habitués à les voir choisir le camp de la préservation de leurs intérêts quoique cela coûte au peuple et au pays…

Ce qui m’inquiète, ce n’est ni le silence assourdissant ni l’inaction du Corps diplomatique accrédité dans notre pays face au braquage de l’élection présidentielle par le PDG-émergent et les Institutions à sa solde… Les Gabonais savent trop bien qu’ils sont limités par les usages diplomatiques…

Ce qui m’inquiète, ce n’est ni le silence assourdissant ni l’inaction des Évêques, Prêtres, Pasteurs et Imams. Ces religieux qui auraient dû être du côté des plus faibles ont pourtant habitué les Gabonais à toujours pencher du côté des puissants du moment abandonnant trop souvent le peuple martyrisé… Il y a cependant un petit vent de révolte froide…qui se lève lentement parmi les jeunes Prêtres et les jeunes Pasteurs qui ont compris que la place de l’église est et doit être de soutenir les faibles en les réconfortant et de se tenir du côté de la vérité…

Ce qui m’inquiète, ce n’est ni le silence assourdissant ni l’inaction des Franc-maçons qui, parce qu’étant fortement liées au pouvoir, ont préféré fermer les yeux et avaler leurs convictions humanistes devant cet incroyable braquage électoral et les événements sanglants du 31 août 2016…

Ce qui m’inquiète, ce n’est ni le silence assourdissant, ni l’inaction des intellectuels de ce pays. Malgré les 100 intellectuels et Universitaires qui ont clairement pris position pour le rejet de la candidature d’Ali Bongo Ondimba en 2016, pour une élection transparente et pour la démocratie véritable…tous les autres, et ils sont nombreux, ont habitué les Gabonais, depuis 1990, à cette indécision chronique. Les hommes qui doivent éclairer et guider le peuple ont pris le parti d’être des « lâches vivants plutôt que des héros morts » préférant vivre couché que debout…

Ce qui m’a plutôt inquiété et qui m’inquiète encore, c’est le silence assourdissant et l’inaction des « hommes de bien » du PDG-émergent qui ont préféré subir la honte du braquage de l’élection présidentielle et le carnage sanglant et meurtrier du 31 août 2016 plutôt que de se révolter…

À Dieu et aux ancêtres de ce pays, j’ai demandé comment était-il possible qu’il n’y ait eu que deux sur les milliers de PDGistes-émergents qui aient accepté d’honorer leur conscience en démissionnant afin de dénoncer cette mascarade sanglante…?

Je crois en Dieu…et j’ai confiance en Lui…

Je crois aussi aux ancêtres de ce pays et j’ai confiance en eux…

À Dieu et aux ancêtres de ce pays, j’ai demandé comment était-il possible de vivre avec le poids de cette « ignominie » sans avoir des remords… ?

À Dieu et aux ancêtres de ce pays, j’ai, encore, demandé comment était-il possible de ruser aussi longtemps avec sa conscience…? Cette conscience qu’il est souvent difficile de trahir…

Ce qui m’a inquiété et qui m’inquiète encore c’est « le dialogue du braqueur et le bal des vampires« … C’est l’acceptation de ce dialogue par les « cocus de la démocratie » qui représentent désormais le camp des partisans de la restauration du pouvoir agonisant du PDG-émergent, sorti laminé de l’élection présidentielle parce que largement très largement battu dans les urnes par Jean Ping, le candidat du Front Uni de l’Opposition…

Ce qui m’a plutôt inquiété et qui m’inquiète encore c’est l’insolente naïveté des « dialoguistes » qui veulent, à tout prix, croire que le Chef des émergents, Ali Bongo Ondimba, est prêt à concéder beaucoup pour sauver son fauteuil usurpé et chancelant…

Je crois en Dieu…et je crois aux ancêtres de ce pays…

À Dieu et aux ancêtres de ce pays, j’ai demandé comment était-ce possible que des hommes, disposant de toute leur tête, puissent croire à la sincérité d’un homme qui a ostensiblement refusé de respecter le verdict très clair des urnes qui lui était largement défavorable…?

À Dieu et aux ancêtres de ce pays, j’ai demandé comment feront-ils pour s’opposer aux recommandations déjà entérinées, dans les arrières-salles obscures, par un petit groupe d’Ayatollah PDGistes émergents et leurs associés de la Majorité présidentielle fantomatique qui ne veulent pas faire la moindre concession à cette opposition alimentaire qu’ils ont toujours méprisé en réalité. Concessions qui mettraient en danger leur volonté de dominer « ad vitam eternam » le peuple gabonais…?

Je crois en Dieu…et je crois aux ancêtres de ce pays….

À Dieu et aux ancêtres de ce pays, j’ai demandé comment était-il possible que des personnes pourvues d’un minimum d’intelligence puissent accepter de participer à cette minable opération de mystification de ce pouvoir finissant… ?

À Dieu et aux ancêtres de ce pays, j’ai demandé comment était-il possible que des personnes se trouvant dans le camp de la vérité, celui du vainqueur de l’élection présidentielle, aient pu se laisser embobiner voire aient pu accepter de se faire ridiculiser par un prestigiditateur qui ne surprend même plus les rares spectateurs qui acceptent encore de le regarder… ?

Albert Einstein, ce grand esprit du XXème siècle, avait écrit ceci : « la folie c’est de faire la même chose et de croire qu’on peut arriver à un résultat différent »…

Les Gabonais qui, depuis 1990, participent à ces dialogues post-électoraux proposés par les ursupateurs du PDG font du surplace. Ils ne sont jamais parvenus à obtenir l’alternance par les urnes dans ce pays en prenant part à ces « agapes » rondement rémunérées…

Comment croire, cette fois-ci, qu’en faisant la même chose les « dialoguistes parviendront à un résultat différent ? Je n’y crois pas plus aujourd’hui qu’hier…raison pour laquelle je me tourne vers Dieu et nos ancêtres pour qu’ils tracent le chemin à suivre aux enfants du Gabon éternel …

À Dieu et aux ancêtres de ce pays, j’ai demandé qu’ils sortent les fils et les filles du Gabon de cette prison « à ciel ouvert » où chaque jour qui passe voit, un peu plus, le Gabon glisser, lentement mais sûrement, vers un régime dictatorial…de type Nazi…

Je crois en Dieu et j’ai confiance en Lui…

J’ai tellement prié et je prie encore pour que la vérité des urnes soit définitivement restaurée dans notre pays…

Je crois aussi aux ancêtres de ce pays et j’ai confiance en Eux…

Je leur ai demandé qu’ils viennent en aide aux enfants de ce pays…de leur pays…. Ces enfants…leurs enfants ont trop pleuré depuis le 31 août 2016, il est maintenant temps qu’ils essuient leurs larmes et aient un sourire radieux qui illumine leur visage…

Ce sourire viendra bientôt…et les enfants du « Gabon éternel » se retrouveront comme un seul homme pour chanter en choeur la concorde afin de célébrer la liberté et le bonheur retrouvés…

Et il en sera ainsi…

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