Législatives : le spectre d’un nouveau report alimente les certitudes

Assemblée nationale © D.R

2018 pointe enfin à l’horizon. 2 ans après la réélection contestée d’Ali Bongo. Une pilule que certain n’avaleront jamais, tandis que d’autres semblent bien l’avoir digérée au point de se projeter sur l’événement politique majeur de l’année prochaine. Attendu par tous, pourtant, les législatives d’avril 2018 risquent de ne jamais pointer le «bout du nez», pour certaines langues. Vrai ou faux, la rédaction de Gabon Média Time vous propose un tour d’horizon sur cette question qui divise.

Initialement prévues en décembre 2016, les élections législatives avaient déjà été modifiées au tout début du mois et repoussées à juillet 2017 puis en avril 2018 par l’institution présidée par Marie Madeleine Mborantsuo. A cette époque, le principal motif invoqué par la cour constitutionnelle, fut : «l’impossibilité de concilier le temps nécessaire dont les autorités compétentes doivent disposer pour faire aboutir le processus des réformes électorales issues du dialogue politique». Volte-face ou nouvelle stratégie politique ? Toujours est-il que, le spectre du report n’a pas fini de planer sur les élections législatives.

On s’en souvient, à l’issue du lancement de leurs activités le 14 décembre dernier certains membres de la commission ad hoc paritaire chargée du suivi et de l’évaluation des Actes du Dialogue politique d’Angondjé ont émis des réserves quant à l’organisation en 2018, des prochaines élections législatives. S’exprimant au micro d’un de nos confrères, l’un des rapporteurs de ladite commission, et représentant de l’opposition, Daladié-Hubert Minang Fils déclarait que : «les élections législatives ne pourraient pas avoir lieu dans un proche avenir.» Faute d’un redécoupage des circonscriptions électorales, et de la révision du fichier électoral ainsi que du Code électoral.

Une option qui récolte déjà le mécontentement de l’opposition dite radicale. En atteste la récente sortie sur  Facebook de Jean Gaspard Ntoutoume Ayi, opposant, par ailleurs Porte-parole de la Coalition pour la Nouvelle République, CNR, de Jean Ping. Pour ce dernier, «Le PDG n’aura plus le courage d’organiser des élections, tant que la présidentielle n’est pas soldée ou tant qu’ils n’ont, pas vu l’aboutissement de leurs tractations avec l’Union Européenne.» Une affirmation balayée du revers de la main par le palais du bord de mer.

Relancé sur la question à l’issue de sa dernière conférence de presse annuelle, le 16 décembre 2017, le porte-parole de la présidence a apporté un démenti plutôt fébrile. Pour Ike Ngouoni Aila Oyouomi, «rien n’est encore acté». Il estime que «la première réunion de la commission ad hoc paritaire chargée du suivi et de l’évaluation des Actes du Dialogue politique d’Angondjé, ne fait pas office de conclusion finale. » Toutefois, «il parait évident qu’il faut du temps pour l’organisation d’une élection fiable et transparente.» A déclaré Ike Ngouoni.

Un nouveau report entraînera sans aucun doute un nouveau feu de paille du côté de l’opposition. Le peuple ayant abdiqué, est désormais de marbre, visiblement «gazé» de ces feuilletons politiques à répétition qui ne changent en effet rien à un quotidien qui s’est radicalement détérioré au fil des années.

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