Législatives 2018: Les souverainistes prônent le boycott

Francis Aubame, président du Parti Les Souverainistes Écologistes © GMT

Entièrement engagés sur l’idée du boycott des prochaines législatives, le président du parti Les souverainistes Francis Hubert Obame, et l’ensemble des membres de son parti, militent pour que les gabonais soient réfractaires. Opposés à cette idée que certains partis politiques au sein de la Coalition estiment démocratique et républicaine, Les souverainistes animent désormais des causeries, comme à GP le week-end écoulé, au cours desquelles leur message reste le même: «aller aux législatives serait légitimer le pouvoir d’Ali Bongo».



A un mois de la tenue des prochaines législatives, bien que le processus n’ait pas encore été lancé par le ministère de l’Intérieur, c’est l’opposition qui se déchire. Entre ceux qui sont favorables parce qu’ils estiment qu’un parti politique n’a d’autres buts que la gestion du pouvoir et qu’en plus l’expérience de 2011 a permis à Ali Bongo d’avoir une majorité qu’ils ont vainement passé le temps à contester durant 7 ans, et les non favorables qui jurent depuis plusieurs mois sur le boycott parce que les blessures de la présidentielles du 27 août 2016 sont encore vives et que prendre part à ce scrutin serait légitimer le pouvoir d’Ali Bongo, la Coalition pour la nouvelle république est presqu’en rupture.

En effet, le week-end dernier, le président du parti Les souverainistes Francis Hubert Obame et certains membres de son bureau étaient entretenir les populations du sixième arrondissement de Libreville, notamment celles du quartier GP, sur la nécessité de ne pas encourager l’opposition à prendre part aux prochaines élections législatives et surtout leur demander de ne pas y participer. Pour le président de cette formation, «depuis 1993, le respect du verdict des urnes n’a jamais été respecté par le pouvoir. A chaque fois que le peuple est consulté pour le changement, cela n’a jamais été effectif. Le pouvoir a toujours volé la victoire du peuple», a-t-il argué.

Estimant que c’est à Jean Ping que les gabonais ont accordé la majorité de leurs suffrages le 27 août 2016 dernier et que l’objectif est d’enlever Ali Bongo pour l’installer au pouvoir (sans dire comment), Francis Hubert Obame pense que si la vérité des urnes présidentielles n’a pas été respectée, celle des législative ne le sera pas. C’est pourquoi, ce proche de Jean Ping rappelle à la Coalition que leur objectif reste «la rupture avec le régime Bongo-PDG ainsi qu’avec le cycle élection-répression-dialogue-partage des postes et maintien des populations dans la misère».

A la position du boycott, des questions se posent dans l’opinion: «va-t-on laisser à Ali Bongo la possibilité de gérer le pays durant les 5 ans à venir avec une majorité acquise à sa cause alors que le peuple doit exprimer son opposition face à certaines lois? En choisissant le boycott, cela parvient-il à installer Jean Ping au pouvoir? Ali Bongo n’est-il pas légitime depuis 2 ans qu’il parle et voyage au nom du Gabon? On ne va pas aux législatives, d’accord, que propose-t-on au peuple pour changer ce morbide quotidien?»

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