Législatives 2018: les jeunes de l’Union nationale craignent des arrangements d’arrière-boutiques

Zacharie Myboto, président de L'Union nationale © GMT

Avec le déroulement de la révision des listes électorales, c’est le coup d’envoi prochain des élections législatives 2018 qui a bel et bien été donné. Deux ans après la présidentielle, cette bataille qui sonne comme une suite logique s’annonce ardue, chaque camp affûte ses armes et peaufine sa stratégie. A l’Union nationale (UN), parti de l’opposition, les choses semblent quelque peu complexes pour les jeunes leaders politiques, qui en quête de changement, s’accommodent mal aux petits arrangements qui se profilent.

En effet, selon des indiscrétions recueillies du coté du siège de l’Union nationale sis à l’Ancienne Sobraga, le processus de désignation des candidats devant concourir pour le compte de ce parti semble pour le moins biaisé. Des manœuvres aux antipodes de la démocratie seraient organisées pour éjecter les candidats plus jeunes et progressistes dans certaines circonstances électorales au détriment des plus anciens.

C’est le cas dans le 1er siège du deuxième arrondissement de la commune de Libreville, où des voix commencent à s’élever pour dire non aux arrangements d’arrière-boutiques qui auraient cours actuellement, au moment où le parti s’apprête à désigner ses candidats. Alors que certains jeunes militants se sont investis durement sur le terrain en allant au contact des populations et en procédant à l’installation des structures de base du parti, d’autres leaders souhaiteraient récolter grassement les lauriers de ce travail durement abattu. «Nous sommes surpris aujourd’hui que des anciens imposent aux jeunes de céder cette place au vice-président du parti, François Ondo Edou, qui n’a fourni le moindre effort», nous a confié une source proche du directoire de l’Union nationale.

Pis, ces manœuvres d’un autre âge seraient orchestrées par un responsable du parti, avec pour dessein non seulement de contenter le vice-président de l’UN, mais également de l’envoyer intentionnellement au casse-pipe au détriment de son adversaire du parti au pouvoir. «Nous avons eu vent des réunions nocturnes qui s’organisent au parti et qui viseraient à imposer François Ondo Edou au dit siège dans le but  de se faire battre par le député sortant du parti au pouvoir, Aurélien Ntoutoume», poursuit-il.

Une attitude jugée vile et passéiste qui serait contraire à la tendance actuelle qui donnerait la primauté à la jeunesse, donc à l’avenir comme c’est le cas dans les partis alliés, notamment au Rassemblement Héritage et modernité, Les Démocrates ou encore Pour Le Changement. Une pratique révoltante également lorsque selon eux, le coordonnateur du Mouvement des jeunes de l’Union Nationale (MJUN) Firmin Ollo est en quasi pole position pour remporter la victoire aux législatives comptant pour cette année.

Par ailleurs, du côté de l’UN, on se défend de vouloir écarter les jeunes dans la course pour les élections législatives. Pour un haut cadre de cette formation politique qui a requis l’anonymat, le processus de désignation respecte les normes édictés par le parti. «Ce sont les organes de base qui sont le plus proche des militants qui envoie au bureau national les candidatures qu’ils ont reçu, c’est à dire que la coordination ne décide pas d’une candidature, elle peut faire une proposition, mais l’organe qui décide c’est le bureau national en ce qui concerne les législatives», a-t-il confié.

Sur la proximité supposée entre le coordinateur locale de cette circonscription et l’un des candidats à la candidature, il a fait remarquer que ce n’était pas ce dernier qui décidait mais plutôt le bureau national, qui au demeurant avait un représentant des jeunes en son sein.   

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