Législatives 2018 à Mouila: Moukagni, Diramba, Mabiala et Nzouba à la machette !

Le siège unique du premier arrondissement de la commune de Mouila sera, sans doute aucun, le théâtre de l’un des duels les plus irascibles de cette campagne électorale. Dans l’arène, des monstres froids de la politique gabonaise, Léon Nzouba député sortant investi par le Parti Démocratique Gabonais (PDG), Serge Maurice Mabiala, le revanchard, porté par le Rassemblement Héritage et Modernité (RHM), Jean de Dieu Moukagni Iwangou dit le « Bantou » de l’Union et Solidarité (US) et Norbert Diramba conduit par Les Démocrates. De ces quatre mastodontes, trois vont inévitablement passer à la trappe, reste à savoir lequel.   


C’est à n’en point douter, l’une des batailles les plus attendues ou du moins, les plus scrutées de ces élections législatives et locales qui mettra aux prises dans le 1er arrondissement de la commune de Mouila, de véritables poids lourds de l’échiquier politique gabonais. Une guerre de titans, c’est ce à quoi s’attendent les populations de cet arrondissement, impatientes de prendre connaissance des programmes des différents protagonistes.

Dans ce combat de loups, le candidat PDG, Léon Nzouba, député sortant se lance dans la partie beaucoup plus affaibli qu’en 2013, où le soutien « du rouleau compresseur » ne souffrait d’aucune ambiguïté. Bastion de l’opposition depuis lors, pour avoir massivement voté le candidat Jean Ping, on comprendrait mal, qu’avec une telle réputation, la commune de Mouila  opte pour le candidat du parti qu’il ont dénié et désavoué en 2016. Conclure ainsi que Léon Nzouba pourrait mordre la poussière dans cet affrontement sans égard, ne serait pas dénué de tout sens.

De l’autre côté, Serge Maurice Mabiala du RHM semble se positionner comme le favori de cette élection. Pour cela, ce dernier compte s’appuyer sur deux situations qui manifestement, jouent en sa faveur. La première est liée à la position politique de la localité. En effet, comme mentionné précédemment, Mouila est une ville désormais acquise à l’opposition, ce qui par conséquent, devrait pousser les électeurs à voter contre le PDG et leurs partis alliés. La deuxième raison tient au fait que le candidat du RHM, surfe sur la vague positive née de son passage en prison qui fait de lui, une sorte de martyr aux yeux de l’opinion publique. En cette occurrence, cette réalité lui permet de croire en l’éventualité d’une victoire au terme de cette élection. Une élection qui eu égard à la qualité de ses adversaires, pourrait rehausser son crédit politique.

Norbert Diramba et Jean de Dieu Moukagni Iwangou sont eux, conduits par des fortunes diverses. Le premier peut s’appuyer sur un passé qui a fait de lui une des figures politiques les plus importantes de la localité, pour avoir été le député de l’arrondissement dont il brigue à nouveau le siège. En outre, le candidat investi par Les Démocrates, jouit d’une très bonne cote de popularité auprès des populations de Mouila qui gardent à l’esprit sa générosité et son sens de la famille qui lui ont valu le surnom de « Petit Léon Mba ».

Pour ce qui est du candidat de l’US, Moukagni Iwangou, la route pour l’Assemblée nationale  risque de prendre des allures de chemin de croix pour le tristement célèbre « Bantou »  et ce en dépit des promesses faites lors de son meeting « une fois élu, je compte déposer à l’Assemblée nationale, trois projets de loi. Le premier projet aura trait à la transparence électorale… » un autre sur une « meilleure répartition des sièges de députés » et enfin une dernière concernant une « loi d’amnistie pour les prisonniers » déclarait t-il.

Si ces engagements sont pour la plupart salutaires, le président de l’US est handicapé par la récente trajectoire prise par sa carrière politique. En répondant aux sirènes de  « l’appel à la Nation », le « Bantou » de Mouila, s’est mis à dos toute sa commune jadis acquise à sa cause, du temps de son statut d’opposant radical au régime d’Ali Bongo. « La transhumance est la face hideuse de la politique » disait déjà Aïssata Tall Sall, Moukagni Iwangou en matérialisant ladite citation, s’est vautré dans une logique d’autodestruction dont les effets pourraient se faire ressentir au soir du 6 octobre prochain.

En définitive, s’il est aisé d’admettre que deux d’entre eux s’y rendent avec les faveurs des pronostics, puis d’autres, avec l’étiquette d’outsiders, certains par ailleurs, sont perçus comme de sombres tocards, dans cet affrontement à couteau tiré pour la députation de Mouila. Qu’à cela ne tienne, la  conquête de ce siège unique, risque de laisser de l’énergie, des traces et de la sueur chez les candidats, car pour se hisser au siège de cet arrondissement, certains ne vont pas hésiter à y aller à l’arme blanche.  

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