Le tas, cette mesure de quantité homologuée au Gabon

Des tas d'atanga en vente © GMT

Au Gabon, dans tous les marchés publics et privés ou en bordure de route, les aliments étalés sont vendus au tas et non au kilogramme. Un phénomène inexplicable pour ce pays qui se veut émergent mais dont les pratiques demeurent archaïquement avilissantes.

Des noix de palme aux poissons fumés ou frais, en passant par «les coupés-coupés» et autres banane et atanga, tous ces aliments exposés sont vendus au tas. Une pratique inexplicable finalement rentrée dans l’histoire des mentalités gabonaises.

Généralement, on considère que le prix des aliments est proportionnel à leurs poids. D’où l’instauration d’une balance commerciale pour servir équitablement tous les clients.  C’est d’ailleurs ce que nous voyons dans les Supermarchés et autres grands espaces normalisées.

Toutefois, lorsqu’on se renseigne auprès des différents commerçant-e-s la signification du « tas de… » et le critère d’évaluation de la quantité pour certains aliments, la réponse est identique : «je ne sais pas. C’est une pratique culturelle et je fais comme tout le monde.» A cette réponse peu et pas convaincante, des questions surgissent : «au nom de quoi 6 fruits d’atanga doivent coûter 2000 Fcfa à Libreville alors que pour la même somme vous avez une corbeille remplie à Malinga? Sur quoi se fonde le vendeur de coupés-coupés pour fixer le prix de ces morceaux de viande à la quantité très douteuse? Quel appareil utilise le vendeur de poissons-fumés pour former les tas de 200 à 2000 Fcfa ?»

Selon certains, clients et commerçant-e-s, la responsabilité de ce désordre commercial serait imputée directement aux services publics qui sont dévoués à imposer les taxes et non à normaliser les échanges.

Par ailleurs, pour comprendre ce phénomène, nous avons adressé une correspondance au Directeur général chargé des marchés de Libreville qui, nous l’espérons, permettra à notre rédaction de revenir sur ce phénomène. Sinon, comment fait-on pour former un tas d’arachide?

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