mardi,24 novembre 2020
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Le PIB et «l’Économie du bien-être»

Le développement économique n’est pas, comme le croient certains, la croissance économique ; cette dernière n’est rien d’autre qu’un facteur, certes très important, de son processus. Selon WIKPEDIA, “le développement économique indique l’ensemble des mutations positives, techniques, démographiques, sociales et sanitaires que peut connaître une zone géographique ou un pays donné“.

Les principaux critères du développement économique sont les suivants : le Produit Intérieur Brut (PIB), l’espérance de vie, le niveau d’éducation, l’Indice de Développement Humain (IDH) depuis 1990, l’Indice Sexo-spécifique du Développement Humain (ISDH) depuis 1995, qui s’efforce d’évaluer les différentes situations des hommes et des femmes et leur espérance de vie à la naissance, l’Indice de Participation des Femmes (IPF), qui permet d’évaluer l’égalité homme-femme sur un territoire donné, l’Indice de Pauvreté Humain (IPH) qui mesure, quant à lui, la part des revenus attribués aux hommes et aux femmes.

Comme on le voit à travers certains critères ci-dessus rappelés, le concept de développement, depuis quelques années, a cessé de mettre exclusivement l’accent sur la croissance des revenus réels. Il intègre désormais d’autres dimensions du Bien-être humain, comme la santé qui tend de plus en plus à occuper une place prédominante dans le panel. Car, comme le souligne pertinemment l’économiste Jacques ATTALI dans son nouvel ouvrage “l’Economie de la vie“ (éd. Fignard 2020), “le rôle essentiel du politique, c’est protéger contre la mort“.

Nous devons cette évolution positive principalement aux travaux de l’économiste et philosophe indien Amartya SEN, Prix Nobel d’Economie 1998 qui, dans son ouvrage majeur “Développement as Freedom“ (Développement comme Liberté) publié en 1999, “montre que ces dimensions multiples ne sont pas uniquement des composantes du Bien-être, mais qu’elles interagissent en tant que cause du développement“. 

D’autres travaux, notamment sur la mesure des performances économiques du progrès social menés par l’américain Joseph STIGLITZ, Prix Nobel d’Economie 2001, en collaboration avec Amartya SEN et Jean-Paul FITOUSSI, professeur d’économie à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris et Président de l’Observatoire Français des Conjonctures Economiques, recommandent systématiquement “l’introduction dans les statistiques officielles des concepts plus larges du Bien-être, en particulier ceux liant revenu et santé“. 

Le PIB : sa genèse et ses insuffisances

L’économiste et statisticien anglais William PETTY est considéré comme étant le tout premier à avoir utilisé les statistiques dans la gestion publique pour mesurer le Revenu National. Opposé aux guerres anglo-néerlandaises de 1652 et 1674, il a formulé dans ses études des critiques sévères contre les taxes levées à cette époque sur les propriétés foncières. Elève de William PETTY, Charles D’AVENANT, un autre économiste anglais, a défini la science statistique de son maître comme “l’art de raisonner avec des chiffres sur les objets relatifs au gouvernement“. Mais, curieusement c’est Denis DIDEROT, le philosophe, écrivain et encyclopédiste français des Lumières, qui a donné, en 1751, la définition quasi complète de cette arithmétique particulière, en parlant “des opérations ayant pour but des recherches utiles à l’art de gouverner les peuples, tels que le nombre des hommes qui habitent le pays, la quantité de nourriture qu’ils doivent consommer, du travail qu’ils peuvent faire, du temps qu’ils ont à vivre et de la fertilité des sols“.

Cependant, c’est près de deux siècles plus tard, précisément en 1932, que Simon KUZNETS, économiste américain d’origine russe, crée la première Comptabilité Nationale aux Etats-Unis et invente ainsi le PIB. Toutefois, deux ans après, en 1934, il met en garde contre son utilisation comme indicateur du Bien-être. Il faut préciser qu’il voulait surtout, à travers cet indice, mesurer l’impact de la Grande Dépression aux Etats-Unis. 

Le passage du PNB (Produit National Brut) au PIB (Produit Intérieur Brut) comme indicateur privilégié, a eu lieu en 1991. “Le chiffre du PIB, a déclaré Diane COYLE, économiste britannique et ancienne conseillère du Trésor du Royaume Uni, est le produit d’un vaste agglomérat de statistiques et d’un ensemble complexe de procédures appliquées, pour les faire entrer dans un cadre conceptuel prédéfini“.

Plus concrètement, “le PIB, indicateur synthétique, est la somme des valeurs ajoutées réalisées à l’intérieur d’un pays par l’ensemble des acteurs économiques pendant une durée d’un an, indépendamment de la nationalité des entreprises qui s’y trouvent“.  Son taux de croissance est la mesure clef de la santé économique d’un pays.

Mais le PIB accuse quelques insuffisances. Il ne prend en compte uniquement que ce qui est déclaré à l’Etat. Il exclut le bénévolat, le travail non rémunéré, le travail au noir, la production encaissée en liquide, l’auto consommation, les catastrophes naturelles, le niveau d’éducation, le Bien-être, la liberté, par exemple. 

Indicateur fétiche, selon les économistes français Jean CADREY et Florance JANY CATRICE de l’université de Lille, “le PIB ne comptabilise que des flux de richesses marchands et monétaires sur un territoire donné. L’activité informelle, qui occupe pourtant une place importante dans les pays en développement, en Afrique en particulier, n’est pas prise en compte dans la comptabilité nationale“. Or, comme on le sait, l’indicateur de croissance du PIB a un poids considérable sur l’ensemble des acteurs et décideurs économiques et politiques, puisque le modèle de croissance adopté par la majorité des pays est fondé sur la croissance à tout prix. Par ailleurs, on constate que la plupart des pays dits pauvres, ne mettent pas à jour assez fréquemment les chiffres qui servent à la confection du PIB. C’est la raison pour laquelle certains pays comme la Côte d’Ivoire, le Nigéria et surtout le Ghana, pour ne citer que ceux du Continent africain, ont commencé à s’atteler à une normalisation de leurs statistiques, en consacrant plus de ressources à la collecte des chiffres fondamentaux fiables, en vue d’un état des lieux plus juste de leurs économies.

Le Club de Rome et la croissance Zéro

Au cours des quatre dernières décennies, il y a eu comme une sorte de mystique, au sens sorélien du terme, de la croissance économique, principal facteur du PIB. L’augmentation continue du PIB semblait donner des lettres de noblesse et des titres de puissance aux Etats qui l’affichaient, alors que les autres étaient considérés comme des Etats décadents ou, pire, des Etats parias.

Le Club de Rome s’en était inquiété. Dans son rapport sur la décroissance en 1972, il invitait à “stopper la croissance“ et à privilégier “la croissance zéro“. En réalité, il craignait de voir le système planétaire s’effondrer, sous la double pression de la croissance démographique (du Tiers-monde) et de la croissance industrielle  (du monde développé). Mais, on l’a vite accusé de vouloir “geler les inégalités en leur état (en 1972). Cependant, au-delà de l’ampleur des débats en son sein, apparaissait l’extrême nécessité de fixer à la croissance des buts précis et gratifiants pour les populations.

Il faut enfin signaler que quelques-uns de ses éminents membres ont été sévèrement critiqués, notamment Jay FOSTER, le concepteur du modèle mathématique auquel se référait le Club, à cause de ses propositions droitières, et Aurelio FIECCEI, le fondateur de l’Organisation et figure emblématique de l’entreprise italienne FIAT, “parce qu’il ne se préoccupait davantage que du dynamisme industriel de l’Europe, plutôt que de la satisfaction des besoins fondamentaux du plus grand nombre“.

Une économie dépourvue de “roue de secours“

Depuis l’irruption de la pandémie du Covid-19, le néo-libéralisme a montré ses limites. Dans un entretien accordé à des journalistes de l’hebdomadaire français de gauche le Nouvel Observateur (N°2907 du 16 juin 2020), Joseph STIGLITZ a fait des déclarations d’une importance capitale. “A l’évidence, a-t-il dit, cette crise (sanitaire) montre les insuffisances de ce système de mesure très étroit. Un exemple frappant : les Etats-Unis sont à la fois numéro un mondial en termes de PIB (21.482 milliards de dollars) et le pays le plus touché par la Covid-19 (plus de 200.000 décès à ce jour). La pandémie a mis en lumière les grandes faiblesses dans notre système de santé et les terribles inégalités qui affectent les Etats-Unis, autant d’éléments cruciaux qui ne sont pas mesurés par le PIB. Cette crise souligne aussi, comme celle de 2008, que le PIB ne mesure pas la durabilité et la résilience de nos économies et qu’il les pousse même dans le sens inverse“. 

Le très éminent économiste poursuit : “avec des marchés à courte vue, on se concentre sur le profit immédiat… ; en nous concentrant seulement sur la croissance et le profit, nous avons construit une économie dépourvue de roue de secours“. 

Si en Europe Continentale, l’immense majorité des décès dus au Covid-19 est constituée de personnes âgées, très âgées et souvent dépendantes, par contre ce sont les pauvres, principalement les défavorisés des minorités ethniques qui paient les plus lourds tributs à la pandémie, aux Etats-Unis au Brésil de Jaïr BOLSONARO, 9ème économie du monde en termes de PIB (1.960 milliards de dollars), qui a déjà enregistré plus de 44.000 morts dus au Covid-19, au Royaume Unis, la 6ème économie de la planète avec un PIB de 2.829 milliards de dollars, qui affiche déjà plus de 30.000 décès .. etc…

Le démantèlement du système de Bretton Woods

L’économie sans roue de secours, ou “en roue libre“ comme nous le dirions aussi, tire sa source de la décision prise le 15 Août 1971 par le Président américain Richard NIXON, mettant fin à la convertibilité du dollar en or. Cette date marque le commencement du démantèlement du système imaginé à Bretton Woods à la fin de la Deuxième Guerre Mondiale. Le commerce entre nations, qui fonctionnait sur la base des changes fixes, est passé aux changes flottants. Tout est devenu volatile et imprévisible. Les transactions se sont alors basées sur la seule confiance et tout est devenu fragile. Il a fallu inventer des combines aussi peu honorables les unes et les autres, pour essayer de réguler la valeur des titres sur lesquels on travaillait. Cela a donné des produits dérivés, des échanges d’options, pour l’avenir, sans échanges de produits réels. Les bulles se sont succédées aux bulles, notamment sur le pétrole et l’immobilier (crise financière de 2008 provoquée par les subprimes).

Le système est devenu plus difficile et plus insaisissable à cause des tendances au repli sur soi de la part de certains Etats, de ce qu’un observateur a appelé “les désordres“ de l’actuel Président américain Donald TRUMP et enfin de l’irruption de la pandémie du Covid-19. L’économie mondiale est devenue ainsi sans “roue de secours“ en raison de l’ultra-libéralisme préconisé à partir des années 1980-2000 par Milton FRIEDMAN, Prix Nobel américain d’Economie en 1976 et Chef de file de la fameuse Ecole monétariste de Chicago, qui sera par la suite gratifiée d’une constellation de Prix Nobel d’Economie. Fier de la beauté de ses démonstrations mathématiques, en oubliant que l’économie est d’abord une science humaine, il a fini par faire croire que chaque équilibre du marché était optimal. En d’autres termes, le marché n’avait pas besoin de régulation.  Il fallait, dans le domaine économique, “se débarrasser“ de l’Etat et de ses impôts pour ne chercher que le profit, rien que le profit, le profit maximal et toujours le plus vite possible. 

A l’époque, Margaret THATCHER, Premier Ministre de Grande Bretagne et grande admiratrice d’Ayn RAND, “la pasionaria de l’Anti-Etat“, d’une part, et le Président américain Ronald REAGAN, d’autre part, à travers leurs déclarations et leurs actions gouvernementales (notamment la plus grande dérégulation de l’économie  de plus en plus financiarisée et les privatisations tous azimuts), apparaissaient comme étant les grands prêtres, sinon les irrécusables icônes de cette doctrine de l’ultra-libéralisme, qui était devenue le cœur de l’enseignement de l’économie dans le monde anglo-saxon, en Grande Bretagne et aux Etats-Unis plus précisément. 

La doctrine de KEYNES, qui avait pour objet le “Bien-vivre“, le plein emploi et la croissance, n’était plus à l’ordre du jour.

Les limites du marché

Pour une meilleure compréhension de l’évolution des idées dans le domaine qui nous préoccupe, il faut rappeler que la crise des années soixante, causée principalement par la perte de la maîtrise de la conjoncture sous l’effet de la rupture structurelle, a créé un vide que les néo-libéraux ont comblé par la vieille théorie néo-classique, qui avait pour elle sa cohésion interne à rebours de l’idée d’un “no-bridge“ (pas de pont) entre micro-économie et macro-économie. Mais, selon de nombreux économistes et financiers, la théorie Friedmanienne est aveugle quant à l’instabilité de l’économie de marché, en imaginant qu’il suffirait de s’assurer de sa stabilité au niveau des prix et d’une concurrence libre et non faussée, pour mettre un terme à l’instabilité.

La nouvelle économie en niant, avec prétention, sinon avec arrogance, toute instabilité des marchés, pensait avoir éradiqué cet impensé qu’est le temps, en restaurant les marchés dans leur pleine intégrité (cf “Le  Temps Retrouvé de l’Economie“ par les professeurs Jean-Luc GAFFARD, Mario AMENDOLA et Francesco SARACENO. Ed. Odile Jacob, Paris 2020).

Par ailleurs, l’importance des multiples signaux venus du terrain économique, telle que révélée par la méthode pratiquée par le Prix Nobel d’Economie 2019 Esther DUFLO, Professeur au MIT (Massachusetts Institute of Technology) et ancien élève de l’Ecole Normale Supérieure de la Rue d’Ulm à Paris, est restée sans réponse :

  • Creusement des inégalités de revenus et de richesses,
  • Montée du chômage ou de la précarité de l’emploi,
  • Persistance des déficits commerciaux ou d’excédents.

La doctrine néo-libérale propose une vision tronquée des fondements micro-économiques de l’analyse macro-économique, en faisant du consommateur l’acteur majeur sur la scène économique et en réduisant l’entreprise à ses actionnaires, censés mieux répondre aux signaux envoyés par ce même consommateur. Elle se fourvoie, selon certains, dans sa perception de la réalité des marchés, non seulement en imaginant qu’il est possible de les rendre proches de la perfection, mais plus encore en condamnant systématiquement des imperfections, quand certaines peuvent s’avérer opportunes et utiles si l’on veut que les entreprises innovent. 

La théorie Friedmanienne ignore la perversité de certains comportements spéculatifs des détenteurs de capitaux, pour ne s’en tenir qu’à l’hypothèse d’efficience des marchés financiers, synonymes de neutralité de la finance. Elle imagine abusivement que les règles intangibles en matière monétaire et budgétaire, peuvent rendre neutre l’action publique présentée comme cause de tous les maux.

Enfin, il faut souligner que les tenants de cette théorie néo ou ultra-libérale, ont tout fait pour que l’on ne fasse plus guère au succès des “Trente Glorieuses“, l’âge d’or du Keynésianisme où le pragmatisme de la politique économique avait pour objectif l’arbitrage entre l’inflation et le chômage, afin de mettre en œuvre un réglage fin au moyen de la dépense publique.

On comprend mieux aujourd’hui pourquoi, bien avant que Thomas PIKETTY (auteur de “le Capital au XXIème  Siècle“, Ed. Seuil 2013 et récemment de “Vivement le Socialisme“, Ed. Seuil 2020), avec une implacable rigueur scientifique, ne pourfende les inégalités dans le monde, Michel ROCARD, l’ancien Premier Ministre Socialiste français, mu par une inébranlable mystique de la justice sociale et gratifié d’une immense culture économique et historique, n’avait de cesse de fustiger ce libéralisme à tous crins.

A juste raison, le Président français Emmanuel MACRON, devant le désastre sanitaire actuel, a déclaré avec pertinence et courage : “il y a des biens et des services qui doivent être placés en dehors des lois des marchés“. 

La crise du Covid-19 vient de démontrer que le marché, comme unique régulateur, cela ne marche pas ; “que l’ultra-libéralisme qui postule que la liberté la plus grande de la production, du travail et des échanges, favorisera le déploiement des énergies et la floraison des initiatives et permettra la satisfaction au mieux des besoins de tous, est anachronique“ (cf. Lionel JOSPIN, “Un Temps Troublé“, Ed. Seuil 2020).

Economiste de génie, John MAYNARD KEYNES avait vu juste. Il faut un acteur important tel que l’Etat, qui n’est pas une “roue de secours“, mais qui peut incarner une vision géniale en action. Jean-Paul FITOUSSI, Keynésien convaincu, avec son “théorème du lampadaire“, a démontré que cette situation du tout marché est absurde. En effet, dans l’histoire d’un homme cherchant ses clefs sous un lampadaire, on peut imaginer que les clefs sont tombées en dehors de la zone éclairée. Il en est de même en économie, lorsque l’on fait face à une crise, la solution peut ne pas se trouver uniquement dans ce cercle soit disant éclairé que serait le marché.

“La crise sanitaire actuelle fait surtout comprendre aux citoyens éclairés, que le PIB n’est pas la bonne mesure de la force d’une économie et d’une société“. La pandémie est aux Etats-Unis, au Royaume Unis, au Brésil, au Mexique et en Inde, par exemple, “fortement associé aux inégalités que l’on ne peut plus ignorer cette dimension. Les gens se disent que l’on ne devrait plus se concentrer autant sur le PIB, mais plus sur le système de santé et sur les inégalités“ (J. STIGLITZ).

L’économie du Bien-être

Le Bien-vivre que visait KEYNES, autrement dit le Bien-être de la population, devrait être désormais la grande priorité de toute économie, de tout gouvernement responsable. “C’est le Bien-être des personnes et non les quantités de biens mises à leur disposition qui importe“, a déclaré Amartya SEN.

Ce bien-être, pour être possible, doit nécessairement être en corrélation avec une recherche permanente de la plus grande justice sociale et une plus grande harmonie de la société dans sa globalité. La recherche de l’équilibre des finances est sans doute nécessaire et légitime. Mais l’amélioration de la santé publique, de l’éducation, la réduction des inégalités et la préservation de l’environnement, éléments constitutifs du Bien-être, doivent être la priorité des priorités. En France, la loi du 13 Avril 2015 (non encore appliquée malheureusement) va dans ce sens, “puisqu’elle prévoit la prise en compte, à côté du produit intérieur brut, d’indicateurs de qualité de vie et de développement durable, dans l’élaboration et l’évaluation des politiques publiques“ (Lionel JOSPIN).

Cet objectif est aujourd’hui plus concrètement poursuivi, à travers une nouvelle pratique budgétaire mise en œuvre par trois grandes femmes politiques : les Premières Ministres Nicola STURGEON d’Ecosse, Jacinda ARDERN de Nouvelle-Zélande et Karin JAKOBSDOTTIR d’Irlande.

En 2018, ces trois femmes ont lancé “l’Alliance pour l’Economie du Bien-être“, qui a pour vocation de regrouper les Etats convertis à “une nouvelle façon de gérer un pays, c’est-à-dire à partir de tableaux de bords composés d’indicateurs non-financiers, très concrets en matière d’écologie, de santé et d’éducation“. 

Le premier “budget économique du Bien-être“, adopté en 2019 par la Nouvelle-Zélande, comporte 60 indicateurs.

Depuis le mois de Mai dernier, l’Alliance comporte un quatrième membre, un homme cette fois-ci : Mark DRAKEFORD, le Premier Ministre Gallois.

Le Royaume du Bhoutan, situé entre la Chine et l’Inde a, quant à lui, décidé d’aller plus loin en remplaçant le PIB par le BNB (le Bonheur National Brut). Pour construire cet indicateur, 72 critères ont été pris en compte, dont les quatre plus importants sont : la croissance du développement économique, la conservation culturelle, la sauvegarde de l’environnement et la gouvernance responsable.

Toutes ces tentatives témoignent de l’extrême nécessité de bâtir, sous l’égide des Organisations Internationales patentées (FMI et Banque Mondiale notamment) un nouveau PIB de valeur universelle, intégrant les critères les plus appropriés aujourd’hui. C’est pourquoi, une fois encore, nous formons le vœu ardent de voir apparaître un nouveau KEYNES dans le monde des économistes. 

Jean François NTOUTOUME-EMANE

Inspecteur Général des Finances

Ancien Censeur de la B.E.A.C.

Ancien Premier Ministre

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