Le ministère de l’Intérieur interdit l’élection de la «Reine des vierges du Gabon»

Lambert-Noël Matha, ministre de l'Intérieur © GMT

Suite à l’organisation projetée d’une élection de la «Reine des vierges du Gabon» par l’association religieuse Ministère centre des rachetés (MCR), le ministre de l’Intérieur, Lambert-Noël Matha a fait convoquer ce 27 avril 2017, les organisateurs de ladite manifestation pour leur signifier les risques de stigmatisation et d’atteinte aux bonnes mœurs qui découleraient d’une telle organisation.



En effet, le ministre empêché, c’est son directeur de cabinet Roger Mengué Ekomie  qui a présidé la séance de travail au cours de laquelle il était assisté du Commandant en chef en second des Forces de Police Nationale en charge des opérations, le général Yves Marcel Mapangou, de deux conseillers du ministre, du directeur de la documentation Intérieure et du Chef de service des enquêtes administratives à la direction générale de la Documentation et de l’immigration.

Pendant cette séance interactive, la prophétesse Sylvie Allela Bekale, responsable du Ministère centre des rachetés, Clarisse Bele Madoungou, Mireille Bonard et Samariva Adiahenot Sages-femmes ont expliqué l’origine et les objectifs poursuivis par leur organisation. Explications qui n’ont pas convaincu les responsables du ministère de l’Intérieur, qui ont estimé que cette démarche comporte plusieurs écueils du point de vue de la loi.

Au nombre des griefs faits à cette organisation, il y a le fait que l’activité qu’elle se propose de mener ne correspond pas à ses objectifs qui s’inscrivent exclusivement dans le domaine de la religion. Et le fait d’avoir le récépissé provisoire n° 135/MISPIDSG/CE du ministère de l’Intérieur ne lui confère pas une personnalité juridique pour mener ces activités tout comme les Associations femmes missionnaires pour Christ (AFMC) et Femmes sages pour christ(AFSC) qui promeuvent cet événement.

De plus, le ministère estime qu’en «entreprenant de recruter, de faire subir des examens médicaux à des mineurs qui n’ont pas encore le libre arbitre, pour rechercher un statut de virginité à l’effet d’organiser un concours, viole la législation en vigueur en matière de protection des mineurs en République Gabonaise et porte atteinte aux bonnes mœurs». Et de poursuivre qu’il est difficile de «laisser prospérer une telle entreprise préjudiciable à la dignité et à la sécurité de ces mineurs et qui heurte notre contexte culturel, notre vivre ensemble…notre sociologie, en exposant ses jeunes filles à plusieurs risques» conclut le Directeur de cabinet du ministre, qui a en outre prévu notifier formellement l’interdiction  sous 48h aux organisateurs.

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