Le gouvernement gabonais serait-il sous la botte des patrons ?

L’administration fait elle preuve de laxisme ou de complicité dans la violation des droits des travailleurs? C’est la question qu’on pourrait se poser au vue de l’attitude du gouvernement chaque fois que des mouvements d’humeur sont initiés par les syndicats. Le dernier en date, a été évoqué lors du point de presse que l’Organisation nationale des employés du pétrole (ONEP) a animé le dimanche 5 mars dernier. La centrale syndicale a dénoncé l’attitude du ministère de l’Intérieur qui donne l’impression q’une complicité avérée existe entre l’administration et le directeur général de Maurel & Prom.



En effet, arguant que l’ONEP avait «déclenché la grève en cours de négociation» et sous le motif fallacieux selon lequel «les installations étaient en insécurité», le ministère de l’Intérieur avait décidé de lancer un assaut sur le site Onal, causant ainsi des dégâts sur les installations et des dommages sur les 70 employés grévistes.

L’ONEP révèle que «le jeudi 23 février 2017 aux environs de 10 heures, une violente agression de la part des forces de défense et de sécurité». Cette attaque a selon le syndicat fait «15 blessés dont quatre (4) ont été sortis du site par déclenchement d’un plan d’évacuation sanitaire et internés à la Clinique du Littoral à Port-Gentil». Laquelle attaque avait d’ailleurs suscité des interrogations. Comment comprendre que le ministère de l’Intérieur avait décidé d’une telle opération au mépris non seulement du droit des travailleurs, mais aussi en usant d’armes d’assaut et de gaz lacrymogène sur une station pétrolière.

En outre, l’ONEP a dénoncé la saisine par la Direction générale de Maurel & Prom, le vendredi 24 février 2017, du juge de référé du Tribunal de première instance judiciaire de Port Gentil, pour faire déclarer illicite la grève qu’elle avait initié. Sans surprise, la juridiction avait fait droit à cette requête.

Elle s’interrogeait également sur «le silence inexplicable du Gouvernement notamment par l’entremise des Ministères en charge du Travail et du Pétrole, sur toutes les exactions qui se passent à Maurel & Prom Gabon et qui défraient la chronique».

Tous ces faits, selon plusieurs observateurs démontrent la partialité du gouvernement gabonais qui se complait depuis plusieurs années, à ignorer les aspirations des travailleurs gabonais. Quand il n’use pas de violences pour contraindre ces derniers à renoncer à leurs revendications, il passe par les juridictions ou l’administration du travail pour donner raison aux employeurs.

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