Le Gabon entre barbarie et obscurantisme

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Le professeur Wilson André Ndombet © Jeune Afrique

Reconnaissons d’abord nos limites face à l’épreuve des faits obscurs et de violences barbares, avec en prime mort de compatriotes, que vit actuellement notre pays. Nous pensons que tout découle d’une mauvaise gestion des Gabonais depuis les Sommets de l’État. Cela suppose que si Gérer déjà un État n’est pas chose aisée, à fortiori être guidé par des DC au maximum spécialisés en BTS, donc peu outillés pour ne pas être trop dur! Tout est une question de marketing politique mal agencé depuis les Sommets de l’État.


Voyons d’abord l’exemple actuel de la nature et de l’origine des formations des hautes personnalités dirigeantes actuelles de l’État français. La France étant un pays mieux classé presque en toutes matières que le Gabon en développement politique et administration de l’État. Ces Élites sont nombreuses à sortir des Grandes Universités et Grandes Écoles. On pourrait même attester qu’elles ont comploté de mailler les hautes sphères de l’État! Et je ne doute pas, en dépit de cette grande monopolisation des pôles de responsabilité, un seul instant que ces institutions universitaires et scolaires n’aient pas été fondées pour rendre performants des États ou des Gouvernements ayant connu trop souvent des crises de gestion aux Sommets de l’État. L’École Nationale d’Administration (ENA) française fut créée en 1945. 

Au Gabon, ensuite, L’ENA date de quelques decennies seulement après son indépendance, en 1960. Et cet État ne s’est pas inspiré des bonnes moeurs administratives de l’ex-puissance tutrice, la France, en matière d’affectation aux emplois publics.

Aujourd’hui, vous êtes cuisinier, chauffeur ou chasseur, sans mépriser ces métiers dans leur fonction traditionnelle, demain, du fait de vos relations interpersonnelles avec le Prince, vous pouvez devenir Ministre au Gouvernement ou Directeur Général dans la Haute administration publique, parapublique ou privée. Et la compétition dans les emplois politico-administratifs étant fondée sur le clientélisme politique doublé de relations ethnicistes, ésotériques et mafieuses- pense le plus grand nombre de Gabonais- notre pays a sombré dans des pratiques malsaines, peu compétitives ou orthodoxe ; allant jusqu’à user même des crimes rituels pour se promouvoir.

Ainsi, de plus en plus, les Gabonais, refusent ainsi de bonnifier ou de croire à cette expérience française de promotion au sortir des grandes universités et écoles. Même s’il faut reconnaitre que notre ‘intelligentsia s’est, en l’espèce, numériquement massifiée ces dernières années, mais celle-ci a été en gros malheureusement exclue ou marginalisée des rennes du pouvoir et, par conséquent, du processus décisionnel aux Sommets de l’État. De même que les hommes d’expérience en ont été globalement et également exclus, depuis 2009. Dans ces conditions, comment y remédier surtout pour soutenir la comparaison à l’international, notamment au moment des grands forums internationaux avec des lieutenants du pouvoir gabonais généralement au pedigree quelconque et/ou minimal; pour espérer voir son pays être considéré ou compter?

C’est pourquoi, nous prendrons beaucoup de temps pour nous élever et être plus considérés dans le concert des Nations. Les cartes de visite étant remplies frauduleusement, ne comptant pas, ne pèsant pas, et ne payant pas en dehors du Gabon!

Il est temps, chers amis qu’on se dise des vérités au Gabon avant de s’enfoncer de manière paroxystique dans l’abîme.

Pour enfin dire qu’on ne gère pas un pays qu’avec des personness faibles, totalement assujetties, parce que controuvés, c’est-à-dire créés ou montés de toutes pièces. Il faut toujours se faire davantage accompagner par de bons et libres technorates dans les diverses spécialités et qui soient susceptibles de mieux faire fonctionner les Sommets de l’État; pour éviter toute confusion et la colère de la populace effrénée !

Sur le plan local, il faut privilégier la bonne instruction, les bonnes décisions, la bonne gouvernance surtout accompagnée d’une saine communication. Plus on aura pris des décisions concertées dans la transparence, plus il sera probable que nous soyons épargnés des confusions et de soupçons de comportements délictueux et donc, illégaux, comme actuellement taxés de spécialistes de crimes rituels.

Aujourd’hui, par exemple, comment croire aux déclarations du Gouvernement quand, à l’approche des élections notamment présidentielles, législatives, ou lors des enjeux politiques importants et qui l’engagent au plus haut point, pense la société gabonaise, entrent en jeu des marabouts de tous poils et qui participent des nominations au coeur des Sommets de l’État dans les Cabinets présidentiels. Ce sont plus souvent des personnes d’origines étrangères, notamment religieuses et aux profils douteux; créant ainsi la peur ou la confusion dans les esprits de nombreux Gabonais.

C’est pourquoi, il faut que le Gouvernement et ses affidés ne soient pas à l’origine de comportements ou d’actes répréhensibles qui les décrédibilisent ou incitent à la défiance du peuple. Tout compte fait, il lui appartient d’instruire le peuple de bonnes moeurs, avant que la populace effrénée ne s’en saisisse et ne pose des actes illégaux, à l’instar de ceux liés à la situation actuelle, notamment à Libreville, et qui frisent la barbarie, ce rejeton de l’obscurantisme. 

Wilson-André NDOMBET,

Professeur Titulaire des Universités à L’UOB.

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