Le dialogue UE/Gabon est «une mascarade», selon la diaspora

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De la gauche vers la droite Doriane Ozenga, Michel Ongoundou Loundah et Me Fabien Méré © D.R./GMT

La diaspora gabonaise réunie autour de Me Fabien Mere a tenu ce vendredi 21 décembre 2019, une conférence de Presse Club de Bruxelle au terme de laquelle elle a rejeté les conclusions du dialogue entre l’Union Européenne et le Gabon. Pour l’avocat et ses compagnons de lutte, le dialogue entamé à la demande du gouvernement gabonais est frappé du sceau de l’opportunisme en même temps qu’il ne répond pas aux aspirations du peuple gabonais. 


Engagée depuis 2016 au lendemain de l’élection présidentielle contestée qui a vu Ali Bongo Ondimba coiffer au poteau Jean Ping, dans un combat visant à restituer au peuple gabonais l’élection « volée » selon elle par le régime en place, la diaspora gabonaise de France vient de contester et récuser les conclusions du dialogue récemment engagé entre le Gabon et l’Union Européenne. Elle estime que ce dialogue n’est qu’une façade car motivé par des raisons autres que celles   nées des élections contestées de 2016. 

Pour l’un de ses représentants, Michel Ongoundou Loundah, le Gabon s’était dédit  au moment d’aborder les « questions relatives au respect des droits de l’Homme, y compris ceux relatifs aux prisonniers politiques, à la mise en place d’une commission d’enquête internationale indépendante qui devait faire la lumière sur toutes les tueries.»

Pour Michel Ongoundou Loundah, 3 ans après avoir boycotté le premier dialogue en se refusant d’abord les questions de fond telles que celle des prisonniers politiques et des tueries post-électorales, l’Etat gabonais n’a pour volonté de relancer ce dialogue que « pour bénéficier de l’apport économique de  l’Union européenne quelques mois avant la fin de l’accord de Cotonou et profiter du  changement de représentant de l’UE au Gabon ». 

Plus explicite, Michel Ongoundou Loundah précise  « Sans faire injure à cette dame (Rosario Bento Pais), elle n’est pas au fait de la situation réelle. Son prédécesseur Hekmut Kulitz avait été pendant deux ans tenu à l’écart de tout. Marginalisé, parce qu’il voulait que les choses se fassent en toute transparence.  La nouvelle ambassadrice arrive sur un terrain miné où son prédécesseur était considéré comme persona non gratta et essaie de donner des gages. Mais elle ne peut pas accompagner sa mission en passant pour pertes et profits les douleurs de ce peuple meurtri en 2016 » s’est-il expliqué. 

Même son de cloche pour Doriane Ozenga, laquelle estime que ledit dialogue ne tient pas compte des intérêts et aspirations du peuple gabonais et dû combat mené par la diaspora car « de nombreux membres de la diaspora engagés pour l’alternance démocratique sont désormais des réfugiés politiques ». Désormais réfugiée politique, pour Doriane Ozenga « Un dialogue fait pour nous, sans nous est contre nous » conclut-elle comme pour rejeter comme ses compagnons de lutte le dialogue Gabon/UE qui vient de s’achever. 

Maitre Fabien Mere à l’instar des deux autres membres représentant de la diaspora va en toute logique abonder dans le sens des deux autres en estimant que « la diaspora gabonaise est habitée par le respect du droit. Notamment le respect par l’Union européenne elle-même du contenu des deux résolutions prises contre le Gabon. Le dialogue intensifié ne respecte pas cet esprit, mais aborde des questions futiles loin des préoccupations du peuple », précise l’avocat.  

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