jeudi,9 décembre 2021
AccueilA La UneLe Covid-19 et l’accentuation du risque de dévaluation du FCFA pour l'Afrique...

Le Covid-19 et l’accentuation du risque de dévaluation du FCFA pour l’Afrique centrale

Ecouter cet article

Bien audelà des nombreux risques sanitaires qui pèsent aujourd’hui sur le continent africain et l’Afrique centrale notamment, le Covid-19 représente un risque encore plus grand pour les économies africaines. Dans ce contexte, les pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) fortement dépendants des exportations et donc des recettes pétrolières, et qui étaient déjà sous le coup d’une dévaluation de leur monnaie du fait de la faiblesse de leur tissu économique et de leurs réserves de changes, voient cette épée de Damoclès se rapprocher un peu plus.

Si l’Afrique reste jusquelà relativement épargnée sur le plan sanitaire par la crise liée au Covid-19, sur le plan économique par contre le continent est touché de plein fouet. Ainsi, de nombreux pays à l’image des deux premières puissances économiques que sont le Nigeria et l’Afrique du sud, viennent pour l’une d’annoncer la baisse de son budget 2020 pour faire face à la chute des cours du pétrole et pour l’autre,  des pertes colossales liées à la baisse de la demande chinoise. 

Tout aussi dépendants de la Chine que peuvent l’être les deux premières puissances économiques africaines, les pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) s’apprêtent eux à vivre une « situation très compliquée » comme l’avait déjà suggéré Jean-Pierre Favennec, spécialiste de l’industrie pétrolière et de l’économie de l’énergie. Largement dépendant des ressources et donc des recettes pétrolières, ces six pays voient donc au-dessus de leurs têtes, se poser une épée de Damoclès qui n’est autre que le risque de plus en plus accru de dévaluation.

En effet, la pandémie de coronavirus covid-19 ayant entraîné une chute du prix du baril de pétrole à 30 dollars contre 65 deux mois plus tôt, pourrait entraîner une chute moyenne de 11% du PIB cumulé de 11 pays de cette région. Dans cette hypothèse fortement plausible au regard de la situation actuelle, les pays les plus touchés seraient Sao Tome, la Guinée Équatoriale et le Gabon. Cette situation pourrait donc accentuer la vulnérabilité de cette zone qui se remettait peu à peu sur le chemin de la croissance après la crise déjà lourde, de 2014.

Déjà lourdement endettée, ces pays pourraient donc plonger dans un cycle de dépression sans précédent, puisqu’il ne s’agit là pas seulement d’une chute des prix du baril, mais plutôt d’une crise économique majeure jumelle à celle de 2008, et qui affecte l’ensemble de leurs partenaires. Pour preuve, la Chine qui surfait jusqu’à présent sur une vague de croissance sans précédent, pourrait la voir tomber sous les 5%, étant donné qu’elle a d’ores et déjà annoncé une baisse de sa production pour la première fois en 30 ans.

Par ailleurs, dans un contexte où les observateurs n’anticipent pas un retour à la normale avant 2023 tout en tablant sur un ralentissement de la croissance de l’économie mondiale, difficile d’imaginer ces pays atteindre leurs objectifs à long terme. Pour le cas du Gabon qui vient de souscrire à un nouvel eurobond d’un montant de 1 milliard de dollars, cette situation pourrait s’avérer dramatique à plus d’un titre.

Laissez votre commentaire

Ladji Nze Diakitéhttps://www.gabonmediatime.com
Titulaire d'un Master en Audit, Contrôle de Gestion et aide à la Décision, passionné de journalisme, j'analyse au quotidien l'actulaité économique du Gabon et du continent Africain ainsi que l'actualité sportive.
Pub_Moov Money BGFIBank
Enami Shop