Le Cobolo : ce stupéfiant qui tue à petit feu la jeunesse gabonaise

Ce médicament devient  depuis de nombreux mois la substance illicite de référence chez les jeunes en quête de sensations fortes. Le Tramadol encore appelé Cobolo est un médicament qui fait des ravages chez les adolescents, ceci dans un silence assourdissant des autorités qui semblent n’avoir pas encore pris la mesure de ce fléau.

Cet antalgique opiacé composé de codéine est indiqué dans le traitement des douleurs sévères ou modérées chez les adultes. Utiliser désormais comme stupéfiants par de nombreux jeunes, et vu la proportion inquiétante que prend sa consommation, l’Ordre national des pharmaciens tirait la sonnette d’alarme rappelant que ce produit pharmaceutique provoque une sensation de défonce avec un ralentissement du rythme cardiaque chez ces jeunes consommateurs.

Approchés par le quotidien l’Union, certains expliquent que sa consommation se fait en le diluant dans des sodas tels que le Sprite, le Djino citron, ou simplement du Bissap, pour n’éveiller aucun soupçon chez les enseignants et les surveillants dans les salles de classe, ou à la maison devant les parents.

Il donne d’ailleurs, les raisons qui les poussent à consommer ce produit qui a indubitablement une incidence sur la santé à court terme Pour Petit Boy, 23 ans , il consomme cette substance «dans l’unique recherche d’une sensation d’évasion».  «Je me jette dans le cobolo qui me stabilise, me fait planer et me permet d’oublier toute cette atmosphère chargée de haine et de violence. Avec mes potes, nous les consommons dans la tranquillité. Timide de mon état, j’ai également du mal à faire la cour aux filles de ma génération. Le cobolo me remplit d’assurance lorsque je les aborde et me rend endurant au moment des rapports intimes»; raconte t-il.

Cette substance qui est nouvelle dans l’univers des stupéfiants consommé régulièrement par la jeunesse gabonaise, s’ajoute à celles déjà existantes, notamment le Cannabis, le chanvre et la cocaïne. Trouvant un justificatif à sa consommation, Satellite, 21 ans confie à l’Union «Moi, je suis un joueur de football. Je consomme le cobolo pour être plus fort lors des matchs et réaliser de meilleures performances».

Il faut noter que la consommation de cette substance se fait le plus généralement lors de soirées ou parfois entre les heures de pose durant l’année scolaire. «Il y a quelques années, je ne savais même pas de quoi il s’agissait. J’entendais parler autour de moi, de manière vague de ces substances, et des effets qu’ils produisent chez ceux qui les consomment. Il m’a fallu me rendre à une soirée festive pour que je l’essaie. A la table où nous étions assis, mes condisciples avaient chacun quelques comprimés dans les poches de leurs chemises. Au moment de prendre nos verres, ils les ont, chacun, glissés dans leurs boissons, attendu quelques minutes, puis ils ont tout avalé. Sur leur insistance, j’ai fait de même. Mais, je peux vous avouer que l’effet ne m’a pas déplu. Loin de là. J’ai plané, je me suis bien amusé»; relate un autre consommateur.

Par ailleurs, l’opinion qui n’a de cesse de tirer la sonnette d’alarme sur la consommation de ces substances semble être peu suivie par le gouvernement. Au delà de procéder à l’arrestation de quelques petites trafiquants, il serait nécessaire d’interdire sa commercialisation pure et simple.

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