L’agence de notation Moody’s dégrade un peu plus la note souveraine du Gabon

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Ce mardi 8 juin 2018, l’agence de notation internationale Moody’s, a fait passer la note souveraine du Gabon d’un B3 synonyme de dette hautement spéculative, à un CAA1 synonyme de risque substantiel sous fond de pression sur ces liquidités. Ainsi, l’incapacité du gouvernement à régler ses dettes et donc d’honorer ses engagements, a fini par avoir un effet pervers sur sa note globale sur les marchés financiers.

La situation de l’économie gabonaise, reste pour le moins catastrophique malgré la hausse des recettes budgétaires de l’ordre de 1 600 milliards de Fcfa en 2017. Malgré le soutien de plusieurs institutions financières, notamment le Fonds monétaire international (FMI), la note souveraine du Gabon n’a cessé de se dégrader, au point de n’être plus qu’à quatre rangs de la note C”, significative d’un défaut potentiel de paiement.

En effet, l’incapacité du gouvernement à honorer ses engagements vis à vis de ses créanciers, est la cause principale de la dégradation de cette note par Moody’s. Si le Plan de relance de l’Économie (PRE) était censé apporter des solutions à la crise que traverse le pays à court et moyen terme, il semblerait que le gouvernement gabonais éprouve toujours des difficultés à apurer ses arriérés, alors même que les salaires des ministres à l’Etat gabonais s’élève à plus de 2,5 milliards de Fcfa par an.  

Outre l’aspect économique, traduit par l’accumulation d’arriérés auprès des fournisseurs et autres créanciers «qui représentaient environ 2% du PIB fin mars 2018», selon Moody’s, l’aspect organisationnel et notamment la faiblesse des institutions gabonaises, est également pointé du doigt par l’agence de notation qui indique que «la décision d’abaisser la notation du Gabon à Caa1 est motivée par des pressions accrues de liquidité du gouvernement et des faiblesses institutionnelles persistantes».

De plus, les prévisions de Moody’s qui «s’attend à ce que les positions budgétaires et de liquidité du gouvernement gabonais demeurent difficiles en 2018», n’invitent pas à l’optimisme quand on sait que l’exécutif a du mal à mettre en place des politiques économiques efficaces et à engager les réformes structurelles dont pays à plus que besoin.

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