Laffite Joyce Ntsegue : «Pourquoi Ali Bongo doit demander pardon à la jeunesse gabonaise»

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Le Secrétaire national chargé de la Communication et de la veille Médiatique du RPM Laffite Joyce Ntsegue © D.R.

Au moment où l’actualité nationale est inondée par les images de plusieurs jeunes hauts cadres d’entreprises publiques et parapubliques, la question de la place de cette frange de la population dans le développement du pays se pose avec acuité et interroge sur son lien avec le chef de l’Etat Ali Bongo Ondimba. Dans une tribune parvenue à la rédaction Gabon Media Time le Secrétaire national chargé de la Communication et de la veille Médiatique du  Rassemblement pour la Patrie et la Modernité (RPM) Laffite Joyce Ntsegue, tout en relevant l’échec du septennat de la jeunesse, estime qu’il revient au président de la République de demander pardon pour cette occasion manquée. In extenso ledit libre propos. 


« Pourquoi Ali Bongo doit demander pardon à la jeunesse gabonaise.

Dix ans après sa double investiture, je dirais que la véritable jeunesse gabonaise consciente ne se fera plus jamais instrumentalisée par Ali Bongo. A la jeunesse gabonaise, tant qu’on fera les mêmes erreurs l’histoire se répétera. C’est Winston Churchill qui le disait en son temps : « un peuple qui oublie son histoire est condamné à la revivre ».

Tant d’espoir porté sur Ali Bongo et son programme « L’avenir en confiance » qu’il a lui-même contribué à faire échouer par des choix hasardeux mais bien plus que ça par son élection controversée. 

Le problème d’Ali Bongo c’est la crise politique, cette même crise qui s’est répétée en 2016. Nous avons encore la mémoire vive de l’attaque du Qg du Président Jean Ping, où de nombreux jeunes compatriotes sont morts pour le respect de leurs votes, j’y étais. 

Tant de promesses jamais tenues : où sont les universités de Mouila, Oyem, Port-Gentil et d’Oyo ? « Un jeune, un métier » ? Les jeunes Gabonais vivent dans des conditions exécrables ponctuées par un chômage croissant et des licenciements économiques. 

Notre système éducatif est abandonné à son triste sort à développer la délinquance et les réseaux de prostitutions juvéniles. C’est une jeunesse à l’abandon sans réelle perspective d’avenir, plus de bourses, plus de recrutements, de stages, plus de loisirs… rien, rien. 

Mais de quelle jeunesse parle-t-on ?

De jeunesse instrumentalisée par des T-shirts et quelques billets à des fins politiques, ou d’une jeunesse consciente qui rêve de grandes études, d’épanouissement et de travail ?

Que peut penser une jeunesse réfléchie qui assiste à cette justice spectacle quand on attend Ali sur les questions de fond ? 

Après avoir annoncé en grande pompe le septennat de la jeunesse et prôner le renouvellement de la classe dirigeante, on ne voit plus qu’un homme en manque de vision selon le livre de proverbes au chapitre 29. 

L’image de l’ancien « Tout-puissant DCPR » semble avoir été une instrumentalisation de trop, ce jeune homme qu’on a laissé astucieusement et opportunément monter pour mieux le faire descendre. Brice Laccruche Alihanga et ses compères qui incarnaient dans une illusion d’optique la nouvelle classe politique aux hautes responsabilités de l’État ont été manipulés afin de dériver la colère collective du peuple qui se tournait vers Ali Bongo sur les « BLA-Boys ».

La leçon est à retenir : sous la monarchie constitutionnelle, le régime peut bien encenser la jeunesse, mais c’est pour mieux l’inciter à la passivité et à l’acceptation. Il n’y a pas de corrompus sans corrupteurs.

Sous l’ère du Père la jeunesse semblait sacrée, et sous l’ère du fils la jeunesse est sacrifiée. Si tant est qu’Ali aime cette jeunesse, c’est à elle qu’il doit demander pardon. Les jeunes souffrent, les jeunes ne sont pas heureux, dans tous ses projets il leur a fait des fausses promesses. Et aujourd’hui ce qu’on trouve à servir de mieux c’est la nomination de Nourredine Bongo Valentin à la fonction de Coordinateur général des affaires présidentielles. Quelle classe de jeunes représente ce promu ? 

N’est-ce pas une confirmation que l’égalité des chances c’est pour les uns et pas pour le jeune gabonais lambda ? Nous approchons de 2023, et de l’horizon 2025, l’émergence se fait toujours attendre. Qu’est-ce qui augure des lendemains meilleurs pour les jeunes gabonais ? 

Pourquoi défendre un système corrompu et incompétent plutôt que de défendre des droits pour tous ?

Tant que les droits de la jeunesse ne seront pas respectés, plus jamais nous ne nous rassembleront pour des promesses non tenues. Nous avons droit a une vie honorable, à une dignité sans tâche et à une liberté sans restriction. 

Je vois des jeunes d’âge et d’esprit différents qui n’ont jamais pris part à la politique se manifester sur les réseaux sociaux pour donner leurs opinions sur la situation de notre pays. Je vois des jeunes qui aujourd’hui au-delà des clivages politiques, commencent à comprendre qu’il faut se rassembler pour une cause commune : celle de la libération de notre pays. 

Nous sommes la nouvelle jeunesse consciente majoritaire capable de sortir cette nation d’une longue obscurité politique. L’éveil des jeunes se fait. L’alternance est à porter de doigts. Voilà ce qui est en train de se passer au Gabon. 

Je lance un appel à la jeunesse gabonaise des quatre coins du Gabon , au-delà de nos frontières, au-delà de nos ethnies, au-delà de nos choix politiques et au-delà de nos intérêts personnels à dire NON à l’imposture qui veut nous être imposé une fois de trop. 

À nous de croire. 

Laffite Joyce Ntsegue

 Secrétaire national chargé de la Communication »

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