La solidarité entre travailleur est morte, vive la préservation de «son bout de pain»

Avec un front social constamment en ébullition, les revendications collectives ont depuis plusieurs mois, pris la place de la revendication individuelle. Nous avons assisté d’ailleurs a un grand nombre de rapprochements qui au demeurant devaient consolider la lutte pour les droits des travailleurs, c’est le cas par exemple avec le bloc formé entre les agents de l’administration des douanes et ceux des impôts, qui ont tenu la dragée haute à leurs différentes administrations. Mais comme le souligne un adage bien connu, «les bonnes choses ne durent jamais», et nous assistons depuis peu à une forme de désolidarisation quand les mouvements d’humeur commencent à être quelque peu bouillonnant.

Ainsi, des syndicats de l’Education nationale en passant par l’intersyndicale professionnelle de l’Ogooué-Maritime, ou même entre Syndicat national des magistrats du Gabon et celui des greffiers, les vieux démons du chacun pour soi semblent gagner au fil du temps leur lutte.

Le dernier exemple de cette désolidarisation est semble t-il le silence coupable observé par les enseignants depuis l’incarcération injustifiée du conseiller stratégique de la Convention nationale des syndicats de l’Education, Marcel Libama. En effet, la structure syndicale épaulée par la Dynamique unitaire avait appelé au boycott des examens de fin d’année pour obtenir la libération de ce leader syndical qui a toujours pris fait et cause pour l’amélioration des conditions de travail des enseignants. Malheureusement l’inobservation de cet appel avait fini de démontrer l’égoïsme dont certain membre de cette corporation pouvait faire montre.

Autre exemple de ce qu’on pourrait qualifier de «syndrome de préservation de son bout de pain» le cas de la Confédération syndicale démocratique du travail (CSDT), qui lors de la célébration du 1er mai avait formulé un certain nombre d’exigences notamment la suppression sans délai de la redevance compteur d’eau et d’électricité et toutes les autres taxes appelées «contributions spéciales» imposées aux usagers ; la suppression de toutes les augmentations des prix engagés par le gouvernement sur les produits dérivés du pétrole (butane, pétrole, gas-oil, essence) ; le maintien de la retenue CNAMGS au taux de 1% pour les travailleurs et 0% pour les retraités convenu d’accord parties; et la vérification de la situation CNSS et CNAMGS de ces entreprises voire l’existence des IRP.

D’ailleurs, pour faire entendre leurs revendications, l’intersyndicale professionnelle de l’Ogooué-Maritime avait décidé de lancer une grève générale illimitée dans la capitale économique, Port-Gentil. Mais comme les autres revendications mentionnées plus haut, le mouvement a vite fait de s’essouffler, certains syndiqués ayant la courtoisie de ne pas respecter le mot d’ordre lancer par l’organisation syndicale.

Des exemples de cette désolidarisation entre travailleur, nous pouvons en citer une multitude. Une attitude qui au demeurant pourrait appeler à un certain nombre de questionnement sur le désir réel des travailleurs gabonais. Ne serait-il pas important de solder une bonne fois pour toute les revendications lancées ici et là en mettant le gouvernement face à ses responsabilités? ou le travailleur gabonais doit-il se contenter de «la miette» qu’on peut l’offrir? That is the question.

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