La première voix : Flavien Franck Rebela explique sa position

Dans mon libre propos d’il y a quelques jours, je donnais ma position sur les propositions qui avaient été auparavant faites par plusieurs personnalités sur une sortie de crise au Gabon.

Dans un premier temps je m’indignais contre celles qui appelaient à l’élimination de Jean PING du jeu politique. Je m’insurgeais avec dépit et aigreur du fait que le vainqueur des dernières des élections présidentielles soit associé au braqueur de ladite consultation comme étant complice du blocage du pays. Je rappelais d’ailleurs que l’auteur de ce blocage n’était autre qu’Ali Bongo à l’origine du coup d’État électoral du 31 Août 2016.

Je précisais qu’aucun règlement de la crise ne pourrait avoir lieu sans cet invariable que j’ai même qualifié d’inconvertible . Autrement dit, dans mon esprit, on ne peut parvenir à rien au Gabon qui soit durable, sans revisiter les résultats et les conséquence des dernières élections.

Surabondamment, je revenais sur les éléments pertinents qui auraient dû conduire, la Cour Constitutionnelle à se prononcer au minimum pour une annulation du scrutin. Je rappelais qu’une, Cour normale, à moins d’être , elle même l’instigatrice de la fraude, aurait dû tenir compte des aveux des commissaires de l’opposition qui siégeaient à la commission électorale provinciale, lesquels, sous exploit d’huissier de justice avaient déclaré, avoir été corrompus aux fins de falsifier les résultats du Haut-Ogooué. Ou tout au moins, de laisser tricher les représentants du parti au pouvoir. Je revenais aussi, sur les invraisemblables 47 abstentions enregistrées dans le Haut-Ogooué, province qui se trouve être, la deuxième plus grande circonscription électorale en nombre d’inscrits du pays après l’Estuaire. Cette fraude manifeste, rappelais-je, aurait pu à mina interpeller, la Cour, qui face à tout ce faisceau d’indices aurait, au bas mot demandé le recommencement des élections pour paraître un tantinet, équitable. J’invoquais même, un jugement à la Salomon.

Je concluais mon propos en précisant qu’il ne pouvait avoir une meilleure solution que celle se référant au peuple, en l’appelant, si possible à un autre scrutin, qui ne verrait jamais la victoire d’Ali Bongo. Compte tenu de son impopularité maladive passée au révélateur des électeurs en 2016.

J’indiquais justement que cette nouvelle élection aux normes différentes, ne serait, ni financée, ni organisée par le Gabon. Mais plutôt par l’ONU.
Cela a suffit à soulever une levée dignation parmi les lecteurs de mon post. Dont nombreux ne se sont manifestement arrêtés qu’à son titre.

Même la précaution qui avait consisté à rappeler qu’en la matière chaque Gabonais était compétent à s’exprimer, n’aura pas été assez dissuasive pour éteindre les passions qui ont vite oublié que cette proposition ne vaut que parce que notre pays connaît une crise. Elle est d’autant plus unanimement reconnue, que même le président Jean PING avait demandé une médiation pour exiger qu’Ali Bongo passe le témoin.

Telle est la volonté du peuple qui a déjà choisi son camp, en votant massivement août 2016 pour Jean PING. Je ne peux occulter un fait aussi sacré!

Force est cependant, de constater que, cette volonté du peuple se heurte au refus plus que démonstratif d’Ali Bongo de céder le pouvoir. Pour s’y maintenir, il instrumentalise la justice et les forces de l’ordre . La violence d’état est systémique au Gabon. Au fil des jours, les ingrédients d’une guerre civile se profilent, tant les humiliations, les injustices et brimades deviennent, le pain quotidien, dans un pays économiquement ruiné par une gestion festive de ses derniers. Les institutions qui elles, l’incarnent tombent chaque jour dans l’illégalité .

Malgré tout cela, Ali Bongo et son pouvoir bien qu’isolés sur le plan international et vomis à l’intérieur ne veulent pas quitter les choses. Au contraire, Libreville se raidit progressivement et devient le siège d’une des dictateurs les plus prospères du monde. ALI Bongo lesté par des fissures dans son propre camp agit désormais, comme s’il ne cherchait qu’une étincelle pour déclencher une guerre au Gabon. Où toutes les stratégies du pouvoir pour se reprendre n’ont pas prospéré. Le dialogue national présenté comme l’issue de secours de sortie de crise s’est refermée sur un échec qui a davantage enfoncé le pouvoir dans son manque d’épaisseur. Et conforté son illégitimité!

Au regard de ces éléments plausifs qui ne sont pas une vue de mon esprit de « traître » quelqu’un, peut-il me dire à quel moment ALI Bongo lui a soufflé à l’oreille qu’il était disposé à quitter gentiment le pouvoir. Quelqu’un, parmi de tous ceux qui m’ont lapidé peut il me dire autrement que par la force comment Ali Bongo va se séparer d’un pouvoir qu’il tient d’une main de fer? Au demeurant s’il le fait, il ne serait plus le dictateur que nous décrivons. Serions- nous encore si naïfs?

Si au Burkina Faso, le peuple avait eu raison de Blaise Compaoré, il faut préciser qu’il avait reçu le concours de l’armée divisée. Le Printemps Arabe, lui aussi connut, la complicité de l’armée nonobstant le courage des jeunes tunisiens. Ceci, pour dire que toutes les révolutions ont une construction identique.

En dehors de ces cas de figures, non exhaustifs, les changements passent inéluctablement par la case guerre civile. Devront-on en arriver là au Gabon? Et même dans cette probabilité, il faut escompter, une division dans l’armée. Une partie de loyalistes contrant, les plans des insurgés, soutenant une partie du peuple.

Comme il le fait depuis la fin des élections, le Président Jean PING mesurant les risques d’implosion du pays n’a jamais envisagé la guerre du sang qui pourrait couler entre Gabonais. Il a toujours opté pour la « guerre » des nerfs. Pour la guérilla diplomatique. Son dernier et énième voyage à l’étranger rentre dans cette logique de mobilisation de la communauté internationale. D’autant que, dans ce village planétaire aux intérêts transversaux, rien ne peut se réussir en autarcie.

Cependant, la lucidité commande qu’on ne place pas le Gabon dans une exception diplomatique béate. Ainsi, la résolution de la crise Gabonaise ne se fera que dans le cadre des règles et conventions internationales. Une fois mobilisée et édifiée méthodiquement sur les réalités Gabonaises, la communauté internationale prendra à bras le corps les problèmes du Gabon. Elle peut agir vite ou lentement en fonction des retombées géopolitiques, de l’impact de la crise dans le tissu socio économique mondial. Si la paix régionale est menacée. Ou si les échanges commerciaux entre le Gabon et le reste du monde sont en danger. Des violations des droits de l’homme avec son pic des crimes contre l’humanité. Autant d’éléments qui appellent à maintenir la pression sur le régime et sur les partenaires du pays,afin que les points critiques soient atteints. A défaut d’un soulèvement spontané du peuple.

Dans ce contexte, comment parvenir à installer Jean PING à la Présidence? Espérer une abdication D’Ali BONGO? Je donnerai à voir et m’excuse d’avance d’avoir tort . Je le défie donc!

En dehors du soulèvement populaire susdit, je vois la solution de la crise Gabonaise à l’Ivoirienne avec une intervention de l’ONU . En raison des éléments de L’UE , de l’UA, et l’OIF qui démontrent clairement que les résultats des élections ont été inversés, tout au moins faussés, cette institution bien secouée par la pression et mouvements et de paralysies multiformes, finira par prendre à l’appel de toute la communauté internationale ( y compris la Chine et la Russie), une résolution qui renverra le peuple face à ses responsabilités. Son rôle n’étant pas à priori de prendre partie pour éviter de créer des jurisprudences.

C’est donc, fort du contexte Gabonais, qui peut évoluer en faveur de notre président élu, que j’ai proposé en alternative comme sortie de crise, la reprise du scrutin. Cette élections qui se tiendrait dans le cadre d’une résolution bien précise, serait authentifiée et proclamée par l’ONU ,en dehors de tout implication de la Cour Constitutionnelle, qui chaque jour se met en marge de la loi. Au point d’inciter à une insurrection civique. L’armée Gabonaise quant à elle, actuellement au service du régime serait tenue en respect par les casque bleus, déployés en territoire Gabonais et dans les pays voisins.

Si l’on parvenait à une telle mobilisation internationale, pensez vous un seul instant qu’ALi Bongo prendrait le risque de se présenter à un tel scrutin? Sait-on jamais! N’est-ce pas aussi, une façon de l’éliminer sans faire couler un seul goute de sang?

À l’heure actuelle, il donc impératif de maintenir la pression pour faire plier les organisations internationales. Car, il faut le savoir et je le répète; pour que je Jean Ping accède immédiatement au pouvoir, cela sous-entend, le départ volontaire D’Ali Ali BONGO ou un soulèvement populaire avec tous ses impondérables. Comme on peut le voir j’en appelle à découpler les forces, afin que la résistance sorte de ses schémas virtuels improductifs et de son confort technique qui consiste à refuser de voir à qui, elle à faire. Un homme qui ne reculera qu’ au péril de sa vie, après avoir bien attendu exposé et sacrifié, celles d’autres Gabonais.

Certains voient dans ma proposition un reniement de ma foi au Président Élu, d’autres estiment que je recherche la postérité ou la popularité, quand bon nombre, tout en me disqualifiant du débat arguent, que je fais des appels de pieds au pouvoir. Chiche!

C’est le droit de chacun de penser de moi ce qu’ il veut. Comme je me souviens des quolibets et autres insultes que j’avais reçus lorsqu’ à peu près, neuf mois avant les élections présidentielles, j’avais, prônant, la candidature unique l’opposition, publié dans le journal Loupe un libre propos intitulé:  » ni Ping, ni Myboto, personne ne peut gagner seul. » Le 16 Août 2016 à 2h du matin, j’assistais à la signature de l’accord de la candidature unique au domicile de Zacharie Myboto, les yeux en larmes. Des larmes de plaisir d’un incompris

Aujourd’hui encore, sans même lire mon propos, certains me tiennent pour un traître. Soit!

Sans être fastidieux sur le sujet, il est quand même impérieux de souligner, pour le fustiger qu’à la dictature ambiante dans laquelle nous vivons, n’ajoutons pas dans nos rang, la tyrannie de l’unanimisme anesthesiante. Celle qui pourrait empêcher notre président de voir d’autres directions de lutte. D’ailleurs, tous les adeptes de la pensée unique tapis dans la résistance devraient se raviser. Et comprendre que le Président Jean PING appelle à la discipline nécessaire à une stratégie de groupe et non à la soumission. Il veut ainsi être différent de son vis-à-vis.

Tout en remerciant, tout ceux qui ont compris et aimé, la substance de mon dernier post , je rappelle qu’une dictateur se combat sur plusieurs fronts et que toutes les stratégies sont bonnes, pourvues qu’elle conduisent au même but. Le mien, ne va pas varier aux côtés de Jean PING.

Ceux qui ne sont pas d’accord avec moi, ou ceux que je gêne, devront encore supporter de me voir en jaune pour longtemps .

Flavien Franck Rebela
Secrétaire Général Exécutif du Modep.

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