La Mama perd son procès contre Pierre Péan

Pierre Péan & Joséphine Nkama (Patience Dabany) © GMT

Le tribunal de grande instance (TGI) de Paris a débouté, Joséphine Nkama, plus connue sous son nom de scène Patience Dabany, la “mère” d’Ali Bongo Ondimba dont la filiation biologique est contestée par l’écrivain-journaliste Pierre Péan, de son action en justice contre le dernier cité pour «atteintes au droit au respect de la vie privée»; rapporte Le Point.

L’ex-première dame du Gabon réclamait la condamnation du journaliste à lui verser 80.000 euros, soit 52476504.65 F CFA en réparation du préjudice moral, qu’elle aurait subi du fait de «la parution du jugement en première page de l’hebdomadaire « Marianne » et la prise en charge des frais de justice»; précise le journal français.

Pour rappel, en juillet 2016, l’hebdomadaire avait fait paraître une série d’articles consacrée à l’élection présidentielle du 27 août pour laquelle Ali Bongo se présentait pour un second mandat. Dans ce dossier, Pierre Péan avait signé deux articles intitulés «Ali Bongo le faussaire» et «La stérilité de Joséphine et la diplomatie israélienne» dans lesquels, poursuit Le Point : «il exposait que le président sortant n’était pas le fils biologique d’Omar Bongo, son prédécesseur à la tête de la République du Gabon mais un enfant biafrais adopté par le couple Omar Bongo-Joséphine Nkama. Et qu’en conséquence, il ne remplissait pas les conditions constitutionnelles qui imposaient aux candidats d’être gabonais de père et de mère pour briguer la présidence.»

l’écrivain-journaliste affirmait que la mère d’Ali Bongo, Joséphine Nkama (Patience Dabany) n’avait jamais eu d’enfant «malgré l’intervention d’un gynécologue israélien» et avait enchaîné «les consultations auprès de grands gynécologues français pour vaincre sa stérilité»; rapportent nos confrères.

Dans son assignation, la requérante estimait que «lui imputer une supposée stérilité et évoquer son recours à un médecin israélien réputé constituaient des atteintes intolérables à son droit au respect de la vie privée», un argumentaire que les juges du TGI de Paris n’ont pas suivi. Pour les magistrats les propos attaqués ont déjà «été portés à la connaissance du public dès 1983».

En effet, Pierre Péan avait déjà développé sa thèse dans son livre « affaires africaines », paru en 1983.

Par ailleurs, le jugement rappelle que «des faits (…) déjà divulgués, ne peuvent constituer une atteinte à la vie privée, même si la divulgation est « le fait même de la personne ayant à nouveau diffusé l’information»; «la fausseté alléguée des informations est sans effet» car l’article du code civil sur le droit au respect de la vie privée suppose que l’information, objet du litige, n’ai jamais «fait l’objet d’une diffusion publique». «La personne mise en cause peut toujours opposer un démenti si elle estime que les faits «évoqués» «sont inexacts».

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