La guerre est-elle ouverte entre le gouvernement et la Seeg ?

Faisant suite à l’interview dans le quotidien L’Union du 20 décembre 2016, du  directeur Général de la Société d’énergie et d’eau du Gabon, filiale gabonaise du groupe français Veolia, Antoine Boo, dans laquelle il révélait le montant des impayés de l’Etat gabonais. Le gouvernement s’est fendu d’un droit de réponse par l’entremise du Ministre de l’Eau et de l’Énergie, Guy Bertrand Mapangou, fustigeant au passage le «nouveau mode de communication de la SEEG ».

D’entrée de jeu Guy Bertrand Mapangou a marqué son étonnement face à la sortie du directeur général de la Seeg, alors que des « discussions se font dans un cadre établi contractuellement », et que jusqu’à présent celle-ci ne semblait souffrir d’aucune « contestation des parties ». Brandissant presque de manière subliminale un probable non renouvellement de la concession liant cette entreprise et le gouvernement gabonais, le ministre de l’Eau et de l’Energie a évoqué les négociations en cours et à dit examiner  « l’ensemble des problématiques relatifs à la délégation du service public d’eau et d’électricité, et donc de la dette de l’Etat vis-à-vis de la SEEG », de ce fait  « l’Etat ne perçoit pas l’opportunité de l’interview du Directeur Général de la SEEG à L’Union » a-t-il souligné.

Il a par ailleurs, fait l’économie des griefs fait à la Seeg, notamment la mauvaise fourniture de l’eau et de l’électricité en terme de continuité sur toute l’étendue concédée à la Seeg ; la vétusté de nombreux ouvrages de production, de transport et de distribution de l’eau et de l’électricité ; la mauvaise qualité de l’accueil des usagers dans les différentes agences de la Seeg ; un logiciel de gestion de la clientèle qui ne satisfait nullement les clients qui se retrouvent avec des factures dont le montant évolue en dent de scie et toujours à la hausse. Une manière semble-t-il de justifier le non-paiement des factures due à cette entreprise.

En outre, Guy Bertrand Mapangou s’interroge sur « l’objectif poursuivi par le Directeur Général de la SEEG en cette période post-électorale marquée par des incertitudes économiques liées à la conjoncture internationale », une évocation de la période post-électorale qui pourrait laisser penser que le gouvernement soupçonne un complot à son encontre.

De ce fait,  « le gouvernement prendra ses responsabilités et exigera des précisions du Groupe Veolia suite à la déclaration du Directeur Général de la Seeg », conclut-il. Une passe d’arme qui au demeurant suscite un peu plus d’interrogation sur les relations entre l’Etat et ses partenaires, et qui malheureusement ne donne pas de réponse claire sur les supposés factures de l’Etat gabonais.

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