La direction générale d’ISI sort de son mutisme

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Face au mouvement d’humeur déclenché par les étudiants de l’Institut supérieur d’ingénierie (ISI) qui réclamaient la délivrance de leur attestation de réussite le 09 mars dernier, la Direction générale de cet établissement, qui était sous le feu des critiques depuis plusieurs jours, a dans une communication tenu à apporter des éclaircissements sur cette situation. Ainsi, elle pointe du doigt les impayés de l’Etat qui l’aurait conduit à prendre cette mesure radicale.

En effet, pour la direction d’ISI, la montée au créneau des étudiants a stupéfait plus d’un alors que cet imbroglio n’est que la résultante du non paiement par son partenaire qu’est l’Etat des frais de scolarité des étudiants boursiers. Elle a rappelé que «Le rôle de l’État est d’honorer des frais de scolarité au terme de chaque année académique» mais aussi que le processus de délivrance des attestations était soumis à une procédure bien déterminée.

«ISI a pour rôle de former et évaluer les apprenants et de transmettre les résultats aux partenaires européens, qui sont seuls à valider les procès verbaux et les résultats avant de déclencher le processus de délivrance des attestations de réussite et des diplômes qui, pour ces derniers, sont établis en France», a précisé la direction.  

On peut donc aisément comprendre, qu’ISI ne peut délivrer d’attestations de réussite ou quelques documents qui s’y apparentent au risque de porter du discrédit quant à «l’authenticité» et au «prestige» de ceux-ci. Un prestige qui leur coûtent une petite fortune, puisque l’établissement, affirme, reverser à ses experts européens, un pourcentage de leurs frais de scolarité, en contrepartie de leur prestation. Mais l’État, étant redevable de trois ans de frais de scolarité pour 1000 étudiants, l’établissement n’a eu d’autres recours que de demander aux étudiants de financer le paiement des membres du jury pour leur soutenance, car ces derniers ont refusé de cumuler des arriérés.

Par ailleurs, l’établissement dit s’être lourdement endetté, «à coup de plusieurs centaines de millions de francs» pour avoir préfinancé les deux dernières années académiques. Visiblement peu fier d’avoir exigé aux étudiants la modique somme de 280 000 Fcfa, l’administration a tenu à rappeler la nécessité pour l’Etat d’éponger cette dette qui met à mal la scolarité de nombreux étudiants.

«Ce n’est malheureusement qu’après le règlement de l’État que les partenaires pourront être réglés et le processus de délivrance des parchemins engagés. Cependant, l’administration, malgré ses multiples interpellations aux autorités compétentes, a tout mis en oeuvre pour éviter la suspension des cours», ont-ils précisé.