La détention provisoire : une pratique automatique au Gabon

Dans le cadre de la Journée africaine de la détention provisoire, la commission nationale des droits de l’homme (CNDH-Gabon) a organisé une conférence le mardi 25 avril dernier. Celle-ci portait essentiellement sur les conditions de détention au Gabon, il ressort de cette rencontre que la situation au sein des établissements pénitenciers du pays reste très préoccupante, notamment sur le recours abusif à la détention provisoire par les juges.

En effet, selon les experts ayant pris part à cette rencontre, les détenus des prisons gabonaises sont majoritairement en détention provisoire. L’une des statistiques rendue publique au cours de cette conférence indique que près de 80% de détenus au Gabon le sont de cette manière.
Il est à noter que la détention provisoire au Gabon est devenue quasi-automatique au point où la majorité des détenus de la prison centrale de Libreville y sont sur la base de soupçons. Une situation qui interpelle d’ailleurs le législateur puisque cette pratique découlerait d’un vide juridique entre le moment où le juge d’instruction envoie le dossier du détenu au tribunal ou au parquet pour qu’une audience se tient, et le moment même de ce jugement

La présomption d’innocence étant devenue un droit rarement respecté par les juges gabonais, qui n’hésitent pas à avoir recours à la détention provisoire pour incarcérer les auteurs présumés de crimes. La pratique de la détention provisoire serait devenue automatique pour les juges d’instruction gabonais.

L’article 115 du code de procédure pénale explique que la détention provisoire est qualifiée de mesure exceptionnelle. Comment, une exception peut elle devenir automatique pour ces juges? Pourrait-on s’interroger en définitive.

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