lundi,21 septembre 2020
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La covid-19 et la crise du bois au Gabon : et si nous allégions le choc de l’intérieur par un investissement dans les systèmes constructifs bois?

Au moment où plusieurs pays sortent du confinement ou allègent, chacun à son rythme, les dispositifs imposés par le coronavirus, une plus grande attention est portée sur les questions économiques. On en finit pas de voir et d’entendre les spécialistes et autres puristes de l’économie argumenter que la reprise économique est devenue une priorité. S’associant au passage aux spécialistes de la santé, ils formulent toutes les hypothèses susceptibles de ne  pas faire « effondrer les pays ». Tous les économistes s’accordent d’ailleurs à dire que la reprise économique sera pénible, que la croissance sera négative. Les chercheurs et autres spécialistes, nous disent : « le virus est là, peut-être pour longtemps, nous devrons apprendre à vivre avec ». 

Le Fond Monétaire International (FMI) dans un élan optimiste avant la crise, établissait ses prévisions de croissance de 3,3% en 2020 et de 3,4% en 2021, soit une révision en baisse de 0,1 point et de 0,2 point respectivement par rapport aux projections d’octobre selon l’express.fr. Pour sa part, français.rt.com, souligne concernant cette même institution, que ces prévisions sont désormais revues à la baisse car précise-t-il que : « Du fait de la pandémie, l’économie mondiale devrait se contracter fortement de – 3% en 2020, bien pire que lors de la crise financière de 2008-2009 ». 

Visiblement, comme il l’a fait dans les différents pays, dans différents continents, le coronavirus (La COVID-19) n’a donc vraiment rien épargné, touchant quasiment tous les secteurs d’activité et le secteur du bois au Gabon n’en est pas épargné. 

Dans sa publication du 11 mai 2020, Gabon Média Time (GMT) titrait, « Gabon: la filière bois parmi les plus impactées par la crise ». En faisant une analyse cohérente, le rédacteur dudit article écrit  : « dans le sillage de la chute de la demande mondiale de nos principaux produits d’exportation dont le bois fait indéniablement partie, l’activité forestière devrait afficher un net recul en 2020 selon les estimations du ministère de l’économie et des finances ». ainsi poursuivait-il : « Dans un rapport sur l’impact estimé de la pandémie de Covid-19 sur l’économie nationale, le ministère éponyme évalue à -8,3% la croissance de l’exploitation forestière ».  

Cette analyse est d’ailleurs soutenue par un autre média en ligne (Conjectureeconomiques.com) qui, parle du « spectre pessimiste » évoqué par le Directeur Général de l’Economie et de la Politique Fiscale (DGEPF). Dans cet article, Ngolo Allini ne fait aucun mystère sur l’impact du coronavirus, sur l’économie gabonaise, car poursuit-il : « L’actuelle pandémie du Covid-19 va entraîner le Gabon dans une nouvelle récession ». Avant d’indiquer que : « les estimations de croissance projetées à 3,8% cette année, oscille désormais aux alentours de -0,2% ». Il annonce entre autre, qu’un projet de budget rectifié sera disponible et soumis aux autorités compétentes. (GMT du 15 mai 2020).  

Si cette situation vient « tuer dans l’œuf » les perspectives d’embellie économique, il revient à chaque Etat de réorienter ses priorités et d’inventer certains modèles économiques donc d’investissements. Dans le cas d’espèce, il s’agit d’envisager des stratégies qui pourront permettre d’alléger le choc dans la filière du bois afin de rendre ce secteur plus résilient en attendant une stabilisation de la situation économique mondiale. 

Le bois : un secteur systémique et hautement stratégique

En effet, quand on parle du bois au Gabon, il est courant de focaliser nos analyses sur nos exportations pour en déduire les gains ou les pertes sur notre économie. Très souvent, nous oublions la part du marché intérieur. Fréquemment qualifié de petit marché, il n’empêche que ça reste tout de même un marché, avec ses avantages et ses inconvénients. En ce temps de crise, il nous faut provoquer la demande locale. Le Gabon, ne peut pas s’autoriser de ne pas soutenir sa filière du bois. Le secteur du bois a un avantage systémique non négligeable.

Lors du forum sur le bilan de la gestion forestière au Gabon tenu en février 2010, Hamidou Okaba, alors Directeur Général de l’Economie et de la Politique Fiscale (DGEPF), déclarait dans son exposé que : « Le secteur bois est relativement important dans la structure du PIB Gabon (4,5%), pour une valeur ajouté estimé à 194 Mds FCFA en 2008, Secteur intégrateur avec des liens fonctionnels, en terme de parts de consommations intermédiaires, avec nombre de branches de l’économie : (1) les services aux entreprises (19%), (2) l’énergie et le raffinage (19%), (3) les transports et auxiliaires de transport (31%), (4) les industries de seconde transformation et le commerce (22%). (5) Social : premier employeur du secteur privé moderne (20.000 emplois directs et indirects) ; (6) Échanges extérieurs : exportations de bois, deuxième source de devises de l’économie, 12% de la valeur totale des ventes à l’extérieur soit 165 Mds de FCFA en 2008 ; (7) Budgétaire : deuxième contributeur aux recettes fiscales, environ 76 Mds de FCFA par an ; Bancaire : 6% du crédit à l’économie soit un encours de 35 Mds de FCFA, investissements cumulés de 200 Mds de FCFA sur la période 2000-2008 ». 

Ces données ont naturellement évolué entre temps. Selon les chiffres récents du ministère de la forêt, l’industrie forestière a généré, 459,2 Mds FCFA en 2019 et les prévisions d’avant crise projetaient à 656 Mds en 2020. Le nombre d’usines de transformation du bois est passé de 80 à 155. Le secteur reste le premier employeur privé et représente 60% du PIB hors pétrole. Le Gabon est aujourd’hui le premier exportateur africain de feuilles de placage et de contreplaqués.

Les systèmes constructifs bois au cœur de la stratégie

Dans cette crise, il y a eu certes des bas, mais aussi des hauts. En consacrant 250 Mds FCFA pour venir en aide aux populations et aux entreprises, l’Etat a démontré sa capacité à servir de « bouclier » en situation de crise. Il peut investir autant et s’en saisir pour établir une démarche « gagnant-gagnant ». En provoquant la consommation intérieure par la construction des infrastructures, la promotion écologique et du développement durable. Cet investissement aura pour avantage de garder en éveil un secteur hautement stratégique, non seulement pour notre économie, mais pour notre équilibre social.

Le secteur du bois est le premier employeur privé du Gabon. En subventionnant les entreprises, en sollicitant les partenaires à investir dans les constructifs bois, l’Etat continuera à percevoir ses taxes, les entreprises à produire et à maintenir une offre travail, tout en consommant des biens intermédiaires, les ménages pourront garder un niveau acceptable de vie et de leur pouvoir d’achat et dans une moindre chance, de faire des placements financiers. Bref, l’Etat permettra à maintenir un équilibre, aussi petit soit-il, du circuit macroéconomique. 

Cette crise pourrait être l’occasion de réorienter nos budgets, nos investissements et nos modes de vie en maintenant une transformation encore plus poussée. En favorisant l’utilisation du bois, nous allons maintenir la consommation locale mais surtout, promouvoir des systèmes constructifs bois et habitats. Il s’agira pour nous, de nous engager dans un investissement écologique concernant nos infrastructures administratives et sociales. Nous pensons notamment au renforcement des capacités d’accueil et de modernisation de nos écoles, collèges, lycées et universités pour lesquels d’ailleurs le Gouvernement a annoncé lors du discours de politique générale du Premier Ministre, un investissement programmé de 117 milliard de FCFA. A cela pourrait s’ajouter, le grand défi du logement social, par un investissement massif dans la construction et la promotion des Maisons à Ossature bois (MOB). En nous engageant  sur cette voie, nous apporterons une réponse sociale et économique.

Contrairement à ce qui se dit, les gabonais souhaitent habiter dans des maisons à ossature bois et distinguent peu à peu, une maison en planche d’une maison en Bois. Une étude exploratoire, conduite dans le cadre de la rédaction d’une thèse en formation professionnelle dans l’économie du bois montre que  64% des habitants sont favorables à l’acquisition d’une maison en bois. Leurs préoccupations portent plutôt, sur les conditions et les commodités à remplir. 86,74% exigent une isolation phonique, 86% un revêtement approprié (plafond, sol, etc.), 68% une intégration de salles d’eau (douche et WC) et 61% pour la cuisine moderne. (P. Madouma : Quelle formation professionnelle pour développer le système constructif bois et habitat au Gabon. HESB, IFPP, MENETFP Gabon, Bienne, juillet 2013). 

Dans sa contribution lors du forum sur le bilan de la gestion forestière en 2010, le Ministère de l’Habitat, du Logement et de l’Urbanisme, communiquait sur le thème : « Utilisation du bois dans la construction et la réalisation des infrastructures : bilan et perspectives ». Le Docteur Charles Sadie, (Secrétaire Général Adjoint1, MHLU) et J.B. Nguiandoungou Ingénieur en Bâtiment (Directeur de la DAACO MHLU), relevaient dans le principe général que : « la Déclaration Universelle des droits de l’homme et du citoyen  et  la Constitution de la République Gabonaise reconnaissent le logement comme étant un droit fondamental  pour chaque citoyen. Que l’Etat Gabonais,  plus que par le passé, a la ferme volonté de confirmer  ce droit dans le fondement de sa politique en matière d’Habitat ».

Dans une démarche comparative internationale, ils  signalaient que  94% des maisons individuelles  en Suède, en Norvège, au Canada et aux Etats-Unis étaient en bois, 50% en Allemagne, 52% en Grande Bretagne et 76% au Japon. Ainsi,  la mesure d’interdiction d’exportation des grumes devait contribuer par des efforts conjugués des secteurs public et privé  à endiguer la crise des logements socio-économiques, de moyen et grand standing.

Le défi qui se présente à la promotion de la maison en bois est relatif à son coût, qui laisse plusieurs personnes dubitatives. Le ministère de l’habitat, lors de cette présentation, avait mis en parallèle trois matériaux, pour un même plan.  Ils en sont arrivés à démontrer que la maison en agglos coûterait : 11.831.775 FCFA, celle en briques de terre stabilisée : 9.358.270 FCFA et celle en bois : 8.983.040 FCFA. (Nous pouvons noter qu’en fonction de la situation du marché en 2020, ces chiffres peuvent être affinés.). 

Contrairement aux idées reçues, le bois est durable. En effet, sa durée de vie est pratiquement illimitée lorsque qu’il est dûment séché et maintenu au sec. Il est avantageux en termes de coûts d’entretien et se combine parfaitement à d’autres matériaux. Mais surtout, construire en bois, c’est agir en faveur de l’environnement, car le bois ne produit pas de déchets.

D’autres infrastructures ne seront pas en reste et nécessiteront une consommation locale de notre production. Il s’agit notamment des structures sanitaires, des ponts, des passerelles, du mobilier administratif et domestique sans oublier le mobilier urbain. Par effet de causalité, cela va induire le développement par exemple d’une industrie de cuisine avec nos essences locales. Certaines menuiseries « dites de quartiers », prendront une part active dans la sous-traitance, par exemple pour la production des bardages, des parquets, des balustres, sans oublier des portes et fenêtres. C’est d’ailleurs ce qui est retenue comme stratégie de remontée de la chaine de valeur : de la 1iere transformation aux systèmes intégrés de la constriction bois (Plan stratégique Gabon émargent, PSGE, page 87). Selon les régions et la typologie de l’infrastructure, nous pourrions construire selon les modèles de construction en bois massif empilé, construction à ossature Bois,  construction à poteaux-poutres ou construction massive en bois. Les systèmes constructifs bois auront l’avantage de tirer l’ensemble du secteur par le haut, de l’exploitation forestière à l’industrie des jouets. 

Se permettre de rêver 

Nous pouvons déjà imaginer, nos maisons, nos écoles, nos Lycées, nos amphithéâtres, nos ponts, nos passerelles, etc. en bois. Pourquoi se priver d’une matière alors que nous en avons en abondance. S’il est un matériau de construction dont l’avenir est prometteur, c’est bien le bois. Le bois se renouvelle en permanence, ce qui fait de lui un matériau disponible à long terme. En même temps, le bois est unique et le Gabon abonde en essences. Près de 600 répertoriées et seulement 60 exploitées. Qu’il s’agisse de bois ou de matériaux dérivés du bois, chaque pièce est différente. Le bois est le matériau hautes performances tiré directement de la nature. 

La construction en bois est rapide, d’un faible poids propre, le bois permet la construction d’éléments faciles à manipuler aux caractéristiques statiques remarquables. Nos Techniciens en Sciage, Déroulage dans la recherche d’une optimisation des débits mettront sur le marché des produits  nouveaux, ceux de la construction bois et habitat se chargeront de construire de manière compétente les maisons en bois, conçues par les architectes, tandis que les menuisiers et designers se chargeront de livrer un intérieur soigné.

Une planification concertée entre les différents intervenants permettra de tirer le meilleur profit de ces multiples avantages en ayant toujours à l’esprit le développement durable. A propos (du développement durable), la commission mondiale pour l’environnement et le développement formulait quant à elle en 1983 qu’un « développement n’est viable à long terme que si la génération actuelle parvient à satisfaire ses besoins sans que cela ne mette en danger la capacité des générations futures à satisfaire les leurs ».

La formation, l’innovation, la recherche et développement pour une augmentation des richesses produites

Dans ce mouvement qui se veut dynamique et comme on doit répondre aux exigences des usagers, la formation et la recherche et développement ne seront pas en reste. Une étude met en lumière la relation entre hausse du taux d’accès à la formation professionnelle et augmentation des richesses produites. Il est démontré qu’en France par exemple, l’amélioration du taux d’accès à la formation professionnelle de 1% engendre un gain pour l’économie de 7,4 Mds d’euros, 4.854.081.800.000.Mds FCFA. (Selon la Fédération de la Formation Professionnelle, France). Il faut relever, qu’un niveau de formation élevé permet d’accéder à des innovations technologiques. Il faut-il que le capital humain disponible soit en mesure d’exploiter les ressources, (naturelles, matérielles et immatérielle, etc.), pour dégager des avantages concurrentiels déterminants. 

Parce que le bois est disponible sous toutes les formes désirées: poutres, planches, lattes ou carrelets sans oublier les panneaux en matériaux dérivés du bois. Parce qu’il est agréable au toucher, qu’il est chaleureux et unique tout en étant un produit de haute technicité, fruit de la nature, que nous insistons sur la formation, la recherche et le développement. Tout ou, presque, peut être construit en bois: jouets, ustensiles de cuisine, mobilier, agencements intérieurs, villas et lotissements entiers, halles immenses, passerelles élégantes ou ponts routiers, le tout marqué par le sceau du développement durable et du respect de l’environnement. (Lignum.ch). 

La formation reste un pilier dans le développement bois. Il s’agira lors de la planification et de l’exécution desdits travaux et selon les étapes et spécificités des infrastructures, d’intégrer les apprentis en favorisant la formation par apprentissage, les étudiants en mettant place des systèmes d’alternance plus adaptés, sans oublier une forte implication des spécialistes en ingénierie de la formation, des enseignants et des chercheurs. Sur ce dernier point, le Gabon n’a pas en s’en faire. Il dispose d’une expertise locale dans l’Economie, les Sciences et les Technologies du Bois. Nos Centres de Recherche regorgent des personnels qualifiés et avec le Laboratoire de Recherche et de Valorisation du matériau Bois (LaReva Bois), qui regorge des compétences multidisciplinaires. Le bois du Gabon, peut être traité sous tous les angles par ces compétences locales. 

Nous insistons sur la formation et la recherche, parce qu’il est prouvé que la capacité d’innovation d’un pays ou d’une entreprise, suppose une forte dynamique de l’ensemble de la formation professionnelle en lien avec la recherche et le développement. D’où la nécessité pour les collaborateurs (employés) d’actualiser en permanence leurs connaissances et de développer leur employabilité pour répondre à la demande croissante des entreprises en matière de compétences liées aux nouvelles technologies. L’absence d’une forte main-d’œuvre qualifiée représente une contrainte certes, mais aussi un challenge pour la diversification économique. Alors que les entreprises ont besoin d’ouvriers qualifiés, l’enseignement technique et la formation professionnelle ne concernent que 8% de la population scolarisée du cycle post-primaire. (Groupe de la Banque Africaine de Développement, Perspectives économiques en Afrique, 2020).

En nous engageant dans les infrastructures écologiques, nous avons le double défi de répondre aux enjeux de la formation technique et professionnelle, initiales et continue, secondaire et supérieure qui contribue à l’employabilité des collaborateurs d’une part, et d’autre part, à la croissance économique par le développement de la productivité et l’accompagnement de l’innovation. L’objectif de 50.000 emplois projetés pour 2025 passe par la formation. C’est peut-être l’occasion de relancer les travaux de l’Ecole Supérieure des Métiers du Bois de Booué, déjà construite à plus de 54%. 

Gardons le sourire

Gardons le sourire, même si  la situation reste: « plombé par la baisse drastique de la demande chinoise, premier partenaire économique du Gabon depuis 6 ans (46,8% du commerce extérieur en 2019) et premier acheteur du bois gabonais (37,2% en 2019) » (GMT 11 mai 2020). Un espoir est cependant admis, puisque une note récente du FMI souligne qu’il y aura certes la récession partout, sauf en Inde et en Chine. Nos principaux acheteurs de bois. La Chine et l’Inde sont les seules économies qui échapperaient à une récession, selon les prévisions de cet organisme spécialisé.

La Chine devrait rester en croissance, mais de 1,2% contre 6% attendus en janvier, tandis qu’en 2021 le PIB chinois devrait rebondir de 9,2%. L’Inde pour sa part, ne perdrait que 2,3 points de croissance, passant de + 4,2% en 2019 à 1,9% en 2020, avant de rebondir à +7,5% en 2021. Bien que paradoxalement, l’Institution financière prévoit aussi une diminution des échanges commerciaux mondiaux de 11% et une chute moyenne sur l’année des prix du brut de 40% par rapport à l’année précédente (selon le site francais.ft /économie). L’espoir est possible.

En ce temps de perturbations généralisées, consommer et investir local pourrait être la « mesure barrière » face à la crise économique annoncée. La balle est maintenant dans le camp des puristes de notre économie. A chacun d’entre-eux de  nous dire  quel « type de masque économique » allons-nous porter pour éviter des grands déséquilibres. Si nous ne pouvons obtenir une croissance économique extensive, elle peut néanmoins être intensive. La sagesse africaine du Sud-Gabon, nous enseigne : « Qu’en situation de danger, si nous n’arrivons pas à courir, soyons au moins capables de bien nous cacher ». 

Bon-Jean Félicien BADJYENDA
Docteur en Gestion de la Formation Professionnelle dans l’Economie du Bois.

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