La CAN au Gabon que peut-on dire succinctement?

Cette année l’Etat gabonais a organisé la rencontre footballistique la plus importante du continent africain. L’Etat s’est employé à une réhabilitation de certaines structures existantes et la construction de nouvelles. Ce qui est à l’honneur des responsables politiques de ce pays. Une telle rencontre peut en principe booster certains secteurs de l’économie du pays organisateur. L’on pourra citer entre autres celui du tourisme. Les structures hôtelières voient un afflux plus important de clients, ce qui fait l’affaire financière des responsable.

Dans le secteur du transport, les responsables des véhicules à usage commercial ont plus de clientèle donc plus d’argent. Quant aux commerçants ambulants ils voient aussi un plus gros écoulement de leurs produits donc un plus grand chiffre d’affaires. Dans le secteur de l’aménagement de l’espace urbain, des viabilisations sont faites, des canalisations d’évacuation d’eau, l’extension de l’électrification des villes pour le plus grand bonheur des habitants qui sont habituées à attendre l’organisation des élections présidentielles pour voir un semblant de transformation de leur environnement.

Toutefois force est de constater que, pour cette CAN en cours, à Libreville, le peuple n’a pas vraiment profité de ce qu’il attendait. La population urbaine de Libreville et d’AKanda n’a pas été opportuniste. Elle fait fi des promesses des hommes politiques pour améliorer son quotidien. Quelles peuvent être les raisons ? Un attachement idéologique qui empêche le gabonais de réagir convenablement. Une crise économique internationale qui paralyse les secteurs de l’économie gabonaise et qui influe sur les comportements des individus. La population de la commune d’AKanda, plus précisément celle du « 1er campement » n’a pas bénéficié des travaux d’adduction d’eau alors qu’elle se situe à moins de dix kilomètres du stade. Elle n’a pas non plus l’implantation des lampadaires qu’elle espérait ni des ruelles bitumées dont elle a besoin.

Que dire de la prestation de nos très chères panthères ? Simplement que leurs griffes n’ont pas été celles des félins de ce nom. Que le remplacement de l’entraîneur national à un mois de cette compétition n’était certainement pas une décision judicieuse. Sans être spécialiste de la question, il semble que la préparation d’une compétition est aussi une question d’affinités entre le manager et ceux qui sont sous sa responsabilité. Toujours est-il que depuis la disqualification des panthères les amateurs gabonais du football se sont découragés ne trouvant plus l’intérêt de se rendre massivement au stade, ce qui est un manque à gagner pour les organisateurs alors que cette CAN devrait être un moment de renflouement des caisses dans un contexte de crise économique dont les conséquences sont palpables.

Eric Moukodoumou Midepani, Chercheur au CENAREST(I.R.S.H)

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