Kevazingogate: le PDG muet comme une carpe !

Eric Dodo Bounguendza secrétaire général du PDG © GMT

Alors que la disparition de 353 conteneurs de Kevazingo défraie la chronique, le Parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir) qui a publié un communiqué ce lundi 20 mai 2019, est resté muet comme une carpe sur ce sujet. Cette affaire hautement importante et qui a entraîné la suspension à titre conservatoire de plusieurs hauts fonctionnaires dont certains sont des éminents membres de cette formation politique, n’a pas été évoquée.  Estelle-Flore Angangou a préféré s’attarder sur l’amélioration de l’état de santé du président Ali Bongo Ondimba en substituant à la presse présidentielle sinon à ses médecins .



Alors que les réactions des forces de la Nation sont attendues pour condamner même par principe le pillage des essences forestières du pays, la corruption généralisée qui gangrène la haute administration, notamment celles des Eaux et Forêts et de l’Economie, le parti au pouvoir a préféré s’illustrer dans la propagande. Dans un communiqué signé par le porte-parole du PDG Estelle-Flore Angangou, « le parti de masse » a préféré se réjouir de « la reprise progressive des activités par le distingué camarade président du PDG, Ali Bongo Ondimba, et du fonctionnement régulier des institutions ».

Une posture pour le moins surprenante au regard de l’importance de ce dossier notamment avec ce qui s’apparente à une guerre larvée entre le Premier ministre Julien Nkoghe Bekale et les ministres des Eaux et Forêts Guy Bertrand Mapangou et de l’Economie Jean Marie Ogandaga qui sont poussés à la démission si l’on s’en tient à la déclaration de la porte-parole du gouvernement Nanette Longa Makinda aux termes de laquelle elle les invitait « à tirer toutes les conséquences qui s’imposent ».

Si l’action judiciaire ne doit pas être interférée par les hommes et les femmes politiques, il n’en demeurent pas moins que l’opinion s’attend à des condamnations de la part des ces acteurs qui font la vivacité de notre démocratie. En communiquant sur la nécessité pour les ministres d’exercer leurs fonctions en mettant en avant l’intérêt supérieur de l’Etat, le Premier ministre par la voix de Nanette Longa Makinda a ouvert une brèche à travers laquelle, le PDG se devait de s’engouffrer pour condamner à son tour ses membres impliqués dans ce scandales qui ternit l’image de cette formation dont certaines personnes mises en cause sont des cadres et responsables du parti.

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