jeudi,29 octobre 2020
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Kevazingogate: François Wu livre sa part de vérité

Le kevazingogate n’a pas fini d’alimenter les débats. Cité par les autorités judiciaires dans l’affaire de la disparition des 353 conteneurs au port d’Owendo, François Wu s’est exprimé sur les ondes de Radio France Internationale (RFI). L’exploitant chinois réfute les accusations du procureur de la République qui font de lui une des pièces maîtresses d’un réseau de trafiquants de kevazingo responsable du scandale du moment et relève des incohérences.

Dans l’affaire de la disparition des 353 conteneurs pleins d’essence de kevazingo au port d’Owendo, la liste des suspects n’en finit pas. Après le limogeage du vice-président de la République et du ministre des Forêts, le procureur de la République Olivier Nzaou a clairement identifié François Wu comme étant le cerveau du réseau des trafiquants de kevazingo au port d’Owendo. Pour l’exploitant chinois, il n’en est rien. Après avoir clamé son innocence sur les réseaux sociaux à travers une vidéo, il l’a répété ce samedi 1er juin dans une interview accordée à radio France Internationale (RFI).

François Wu dit avoir quitté le Gabon bien avant ce scandale. L’opérateur chinois qui n’a pas voulu indiquer sa localisation actuelle, affirme que l’affaire a des allures de règlements de comptes. « Pour l’instant, je dois quand même être prudent pour me protéger. Je n’ai pas fui. Si je décide de ne pas rentrer au Gabon, c’est tout simplement parce que, dans cette affaire, pour l’instant, j’estime que ce n’est pas vraiment un travail de la justice que les gens sont en train de faire. Il n’y a rien qui correspond à la vérité », a-t-il confié à RFI.

A la question de savoir quels étaient ses liens avec l’entreprise 3C Transit qui abritait le site d’où les conteneurs auraient disparu, l’exploitant chinois reconnaît y avoir travaillé. Cependant, sa responsabilité dans la société n’aurait pas pu lui permettre de prendre une quelconque décision.

« Moi, je ne suis qu’un expert en conseils juridiques et traducteur. Certains compatriotes qui sont peut-être jaloux ou qui ont d’autres motifs, je ne sais pas, ont donné mon nom à la justice. Ils estiment que moi, je suis le cerveau de l’affaire. Pourtant, nulle part il y a mon nom, nulle part il y a ma signature », a-t-il souligné.

Par ailleurs, François Wu a révélé à RFI  qu’il y avait de nombreuses incohérences sur ce dossier. Il a notamment affirmé que « sur les 200 containers localisés au Gabon, 71 containers sont à la Sotrasgab ». Et selon lui, aucun conteneur ne contient un seul morceau de kevazingo.

Pour rappel, plusieurs personnalités ont déjà été sanctionnées dans cette affaire. Après la suspension à titre observatoire de 12 hauts fonctionnaires de l’administration, le ministre des Forêts Guy Bertrand Mapangou a été limogé du gouvernement, s’en est suivie l’éviction de Pierre Claver Maganga Moussavou de la vice-présidence de la République. Des sanctions jugées précoces par l’opinion nationale compte tenu de la poursuite de l’enquête et insuffisantes, car elle estime que les vrais coupables courent toujours.

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