Justice: la paralysie continue

Edgar Anicet Mboumbou Miyakou face à la paralysie de la Justice © GMT

Alors que les magistrats mettaient fin à leur mouvement de protestation le lundi 26 février 2018 dernier, celui du Syndicat national des greffiers (Synagref) débuté il y a plus d’une semaine est loin de connaître son épilogue. Rassemblés en piquet de grève dans le hall du palais de Justice de Libreville, les agents du syndicat des greffiers conduit par son président Georges Boupenga a, une fois de plus, manifesté son mécontentement. Et ce, malgré l’arrivée d’un nouveau ministre à la tête du ministère il y a moins d’une semaine.

Pas de répit, «pas d’état de grâce pour Edgar Anicet Mboumbou Miyakou !». C’est en effet le mot d’ordre lancé par les greffiers lundi dernier, au nouveau ministre de la Justice, Garde des Sceaux. La colère de ces derniers est perceptible, et le constat est plutôt saisissant. Hier, sans exception, tous les greffes du tribunal de première instance étaient fermés. Les greffiers qui observaient un mouvement de grève au palais de Justice de la capitale ont réaffirmé leur volonté de ne pas lâcher prise, tant que les revendications inscrites dans leur cahier de charges ne seront satisfaites.

«Nous savons qu’un nouveau ministre de la Justice a été nommé mais nous ne partageons pas l’assertion qui veut que nous puissions mettre de l’eau dans notre vin et lui laisser le temps de prendre attache avec les différents dossiers. Nous pensons que malheureusement ou bien heureusement pour ce ministre, il n’y aura pas d’état de grâce. Il va trouver des solutions idoines pour régler le problème des greffiers. Il n’y aura pas d’assises avec ce dernier si les points contenus dans le cahier de revendications ne sont pas réglés au préalable», a indiqué Georges Boupenga.

Parmi les points inscrits dans le fameux cahier de charges des greffiers on compte : l’adoption d’un nouveau statut des greffiers, le payement du traitement de la promotion 2017 de 69 greffiers et conseillers de greffes, les signatures de l’arrêté d’intégration, l’établissement des cartes professionnelles, le reclassement des admis au concours professionnel de 2014, la situation du greffe de l’Agence nationale de promotion des investissements du Gabon (ANPI). 

Les greffiers semblent motivés à tenir le bon bout, surtout après la victoire des magistrats qui en sont sortis vainqueurs du bras de fer qui les opposait à l’ancien ministre de la justice, Francis Nkea Ndzigue. Une fois de plus, c’est bien l’appareil judiciaire pris en otage qui se trouve paralysé, au détriment des justiciables dont les procédures restent pendantes depuis des mois devant les juridictions.

L’exemple récent de la mutation de l’ancien garde des sceaux au ministère de l’Habitat démontre que l’Exécutif détient la clé de la bonne tenue de l’année judiciaire. Mais saura-t-il une fois de plus apaiser les tensions afin qu’un retour à la normale s’opère dans les plus brefs délais ? Wait & see !

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