mardi,29 septembre 2020
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Jean Valentin Leyama : «le nouvel eurobond est destiné au maintien du train de vie de l’Etat»

A l’image de l’analyste économique Mays Mouissi qui soulignait au détour d’un entretien accordé à la rédaction de Gabon Media Time que « le nouvel emprunt obligataire a pour principal objectif de financer le remboursement de celui de 2013 », Jean Valentin Leyama s’est également inscrit dans cette logique. Dans un long entretien qu’il nous a accordé, l’ancien Directeur de cabinet d’Ali Bongo Ondimba, s’est surtout questionné sur les profits tirés de l’eurobond de 2013 sur le développement du pays. 

Souscrit dans un contexte délicat où les marchés et les investisseurs internationaux s’affolent en raison du Coronavirus chinois, et où le Gabon voit la note de sa dette souveraine se dégrader d’année en année, le nouvel eurobond d’un montant de 1 milliard de dollars US interroge sur la soutenabilité de la dette gabonaise. Si le gouvernement s’est satisfait de ce nouvel emprunt obligataire en soulignant qu’il traduit, « la confiance des investisseurs internationaux sur les perspectives optimistes de la politique économique du Gabon », d’éminents économistes se posent toutefois de nombreuses questions. 

Jean Valentin Leyama, technocrate et ancien Directeur de cabinet d’Ali Bongo se questionne notamment sur « le produit de l’eurobond de 2013 ». En effet, si « c’est une opération neutre » au regard du contexte, puisque « ce nouvel emprunt vise, par son produit, à rembourser partiellement un eurobond lancé en 2013, pour un montant de 1,5 milliard de dollars, dont l’échéance arrive en 2024 », il souligne néanmoins «  la dégradation de notre notation financière du Gabon (…) étant donné qu’on rembourse au taux de 6,6% un emprunt souscrit à 6,3%, dans un contexte mondial de taux proches de zéro ». 

Partant du fait que le précédent emprunt de 2013 n’ait pas « servi à financer les infrastructures comme cela était prévu, et n’a donc pas agi comme un levier en vue d’accroître la richesse nationale », l’ancien DC n’a pas manqué de rappeler que « notre endettement est excessif ». Par ailleurs, il a sans équivoque rappelé que « hormis la dette contractée auprès des organismes financiers multilatéraux qui va directement au financement des projets retenus, les emprunts levés sur les marchés financiers sous-régional et international sont destinés au maintien du train de vie de l’État ». 

En définitive, pour Jean Valentin Leyama, « cet emprunt n’aura aucun impact sur l’économie comme le précédent », si tant est qu’il en ait eu. Par contre, l’économiste a rappelé qu’il y aura inéluctablement « un alourdissement de l’encours de la dette (…) en raison de l’aggravation du taux d’intérêt ». Entre cavalerie, dérapages et absence de vision voire de compétence, le gouvernement semble aujourd’hui, atteint du syndrome de l’endettement comme en témoigne le montant astronomique de 5500 milliards de FCFA à fin décembre 2019.

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Ladji Nze Diakitéhttp://www.gabonmediatime.com
Titulaire d'un Master en Audit, Contrôle de Gestion et aide à la Décision, passionné de journalisme, j'analyse au quotidien l'actulaité économique du Gabon et du continent Africain ainsi que l'actualité sportive.
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