Jean Gaspard Ntoutoume Ayi esquisse les contours de la suite des évènements

Au lendemain de la publication du rapport de la mission d’observation de l’Union européenne (Moue), le porte-parole de Jean Ping a devisé avec les femmes et hommes des médias ce mardi 13 décembre 2016 au siège de campagne de l’ancien candidat Guy Nzouba Ndama. Il a répondu aux interrogations de la presse sur la suite que compte donner son camp pour restaurer la vérité des urnes, mais aussi sa position sur la question du dialogue national pour l’alternance organisé par Jean Ping et la participation ou non aux prochaines législatives.

Au cours de cette rencontre, Jean Gaspard Ntoutoume Ayi est d’abord revenu sur la violente répression qui s’est abattue de manière proportionnelle sur les populations qui réclamait simplement le respect de leur vote, « les populations ont été massacrées par les forces de défense, et leurs corps ont été éparpillés dans des hôpitaux, dans des morgues, d’autres on ne sait pas. Les parents qui ont eu la chance de retrouver les corps de leurs enfants, se sont présentés à la mairie comme c’est de coutume pour faire établir des actes de décès, et la mairie avait eu pour instruction de mettre comme cause du décès ‘’mutinerie ‘’. Ne pouvant accepter cela, les parents ont demandé une autopsie des corps de leurs enfants, la procédure d’autopsie a parfois pris 15 jours, parce que fait rare, le procureur de la République avait donné des instructions pour que les autopsies ne se fassent pas » a-t-il révélé. « Au vu des certificats de décès délivrés par le médecin légiste qui conclut que ces enfants étaient morts par balle » poursuit t-il.  

Abordant la question sur la suite que le camp Ping comptait donner aux évènements après la publication du rapport de la mission d’observation de l’Union européenne, Jean  Gaspard Ntoutoume Ayi a rappelé brièvement ce que Jean Ping a déclaré au sortir de sa rencontre avec les membres de la mission, « jusque-là nous avons fait le choix de la légalité républicaine, encouragé en cela par la communauté internationale que nous prenons désormais à témoin. Nous considérons avec gravité qu’à compter de ce jour, nous sommes arrivés au terme de cette démarche, pour notre part chaque gabonaise et chaque gabonais doit savoir désormais que notre destin est entre nos mains et que plus que jamais la libération de notre pays est en marche », ainsi il a souligné que « le processus régulier a eu son dernier acte qui était le rapport de la mission de l’union européenne », avant de donner le contour de ce qui sera fait dans les jours à venir pour imposer le rapport de force, et faire restaurer la vérité des urnes qui donnait Jean Ping vainqueur de l’élection du 27 août dernier, « hier Ping a dit en fait au gabonais que nous allons prendre notre destin en main, et on commence en réalité lundi prochain, le 19, on va s’asseoir entre gabonais, dans le cadre du dialogue qui est organisé pour discuter ensemble de comment nous allons prendre notre destin en main ».

Il a poursuivi en expliquant, « que ce n’est pas l’affaire du seul Jean Ping, la légitimité ou la responsabilité qui est la sienne aujourd’hui c’est chacun de nous qui le lui avions confié. Là, il nous appelle pour dire, posons-nous les bonnes questions et apportons les bonnes réponses, c’est cela un rapport de force. Au sortir de ce dialogue, nous saurons quel est le destin que nous nous sommes choisis comme gabonais et nous irons à la conquête ».

A la question de savoir si Jean Ping comptait saisir la Commission européenne pour exiger des sanctions contre le régime d’Ali Bongo, son porte-parole a relevé que « il y a eu à Strasbourg au parlement européen, un débat sur l’élection présidentielle au Gabon. Une résolution a été proposée sur le Gabon, et la chef de mission a demandé au parlement européen de surseoir à une décision sur une résolution parce que cela allait interférer sur les conclusions de son rapport et qu’elle voulait conduire son rapport jusqu’à la fin en toute indépendance. Maintenant qu’il y a un rapport final, le parlement européen est en droit de se reposer la question et je pense qu’il se reposera la question ».

Il a ajouté par la suite,  « il y aura une suite à ce rapport du côté de l’Union Européenne, mais ça ne dépendra pas des gabonais, parce que les européens vont traiter ce problème en ce qui les concernent »,  « il y a eu l’accord de Cotonou, entre les pays ACP (Afrique Caraïbes  et Pacifique) dont le Gabon et l’Union Européenne, qui a deux volets en réalité. Il y a un volet économique que tout le monde connaît, mais en réalité il y a un volet politique qui concerne les questions de démocratie, des droits de l’homme et d’état de droit. Il est clair que dans une semaine, ils doivent se retrouver à Nairobi, la question va venir sur la table, il va falloir qu’ils se posent la question du comportement de l’un des Etats partie à cet accord, et comme l’Union européenne est considérée comme une partie de l’accord, je suis sûr que l’Union européenne ne manquera pas de mettre ce problème sur la table » a-t-il souligné.

Il a conclu en ajoutant « C’est pourquoi quand j’entends certains dire, le rapport définitif est arrivé entre guillemets le sujet est clos, le rapport est venu clore une seule question, qui a gagné l’élection au Gabon en 2016, là-dessus je pense que le débat est clos pour tout le monde c’est Jean Ping, mais il y a eu un coup d’état au Gabon en 2016, cette question-là par contre elle est loin d’être finie».

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