Jean Eyeghe Ndong : «Ali Bongo Ondimba aimerait repousser les législatives pour gagner du temps»

Jean Eyeghe Ndong, président du Groupe Parlementaire Front Uni du Sénat © D.R

Jean Eyeghe Ndong, sénateur du 2ème arrondissement de Libreville, ancien vice-Président de l’Union nationale et président du Mouvement citoyen pour une République solidaire (Mocires) a été interviewé par le quotidien panafricain Jeune Afrique. Au cours de cet entretien, l’ancien Premier ministre a entre autres fustigé la volonté d’Ali Bongo Ondimba de repousser l’organisation des législatives.

Interrogé sur le fait que le dialogue national organisé par Ali Bongo Ondimba, risquerait de provoquer le report des élections législatives, prévues pour ce mois de  juillet 2017, Jean Eyeghe Ndong s’exprime en défaveur du report.

«Comment peut-on envisager un report?», se questionne-t-il. Pour lui, l’on ne peut pas gouverner «avec des députés qui seront allés au-delà de leur mandat, sachant que celui-ci a déjà été prorogé une fois.». Il fustige donc cette volonté des autorités de reporter cette échéance électorale. «Ce n’est pas démocratique. Encore une fois, il faut faire en sorte que le Gabon puisse se doter d’institutions légitimes en temps et en heure et que les Gabonais sentent qu’ils ont un pouvoir via les urnes.», poursuit-il.

S’agissant des propos de René Ndemezo’o Obiang, transfuge du camps Ping et co-président du bureau du dialogue national qui entrevoit, un couplage des législatives avec les locales en 2018, le sénateur indépendant trouve cette hypothèse «irréalisable» car il s’agit de mélanger d’un scrutin uninominal et un scrutin de liste . «On risque en plus de rendre cela totalement incompréhensible aux yeux de beaucoup d’électeurs gabonais.», précise-t-il.

Président du Mouvement citoyen pour une République solidaire, y voit dans cette stratégie de repousser les législatives une volonté d’Ali Bongo Ondimba  de «gagner du temps». Et de conclure qu’«il espère peut-être voir s’apaiser les tensions qui déchirent le pays depuis septembre 2016. Mais il ne mesure sans doute pas le niveau d’exaspération et le risque de violences qui règnent actuellement.»

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