«Je rêve d’un CHUL modernisé où les malades et les parents sont respectés»

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Centre Hospitalier Universitaire de Libreville (CHUL) © D.R.

Face à un système sanitaire de plus en plus en état de décrépitude et plus particulièrement au sein du Centre hospitalier universitaire de Libreville (CHUL) de nombreux citoyens se lèvent pour dénoncer cette situation qui a une incidence indéniable sur la vie des populations. Dans une lettre ouverte adressée à directrice générale du Centre Hospitalier Universitaire de Libreville, le Dr Vane épouse Ndong-Obiang, le journaliste Kennedy Ondo Mba tout en dépeignant un établissement hospitalier transformé en véritable mouroir, ce citoyen engagé plaide pour une modernisation de cette structure « où les malades et les parents sont respectés et assistés comme il se doit ». 


« Lettre ouverte à la Directrice Générale du Centre Hospitalier Universitaire de Libreville (CHUL) , 

Dr Vane épouse NDONG-OBIANG

Jeune Gabonais de père et de mère que je suis, et père de famille, je rêve d’un système et service sanitaire de qualité comme le souhaitent aussi, les plus Hautes autorités de la République Gabonaise. Raison pour laquelle, le Chef de l’État Ali Bongo Ondimba y attache du prix afin que le service santé au Gabon soit celui espéré et voulu par les populations. Et la  construction des hôpitaux modernes équipés (malheureusement en manque du personnel qualifié) en fait foi de l’engagement du président de la République à offrir à ses concitoyens, des soins de qualité pour le bien-être de TOUS !

Mais je suis navré de constater que cet élan impulsé par les autorités politiques peine à se matérialiser sur le terrain et dans votre structure sanitaire notamment. Le Centre Hospitalier Universitaire de Libreville ancien hôpital général, pratique pour le regretter,  un système d’accueil d’un autre âge. 

Madame la Directrice Générale, avant votre arrivée à la tête de cet hôpital public, les parents des patients avaient la possibilité de prendre place à la terrasse du Service des Urgences. Des chaises avaient été installées pour l’occasion. Mais ce samedi 25 janvier 2020, j’ai été surpris de constater que ces chaises n’y sont plus. En guise de palliatif, des espèces de longs tabourets ont été placés à la cour des urgences au grand dam  des accompagnateurs des malades. Et à chaque intempérie, c’est sauve qui peut. Quelles sont les raisons de ce changement qui ternit une fois de plus, l’image du CHUL où il faut acheter pour te faire soigner.

Autre fait et pas des moindres, la réalisation des examens demandés par le personnel soignant aux patients. Depuis des années, je n’ai toujours pas compris pourquoi les blouses  blanches, après prélèvement, remettent toujours aux parents, des tubes de sang pour aller les déposer dans le service à cet effet après avoir subi tout un protocole imposé par votre structure hospitalière. Comment peut-on remettre des flacons de sang aux parents des patients alors que ce sont des éléments médicaux qui ne doivent pas sortir de l’hôpital ? Je n’ai jamais compris cette manière de faire. A mon avis, c’est une souffrance supplémentaire infligée aux parents. 

Je n’ai pas eu la chance d’aller poursuivre mes  études supérieures « chez les Blancs » mais j’ai eu l’opportunité de le faire au Cameroun, un pays frontalier grâce à l’État dont je serai toujours reconnaissant et redevable même si je suis toujours en attente de mon poste budgétaire depuis août 2016, année à laquelle,  j’ai signé ma fiche d’intégration à la Fonction Publique au même titre que l’ensemble de mes promotionnaires. 

Au Cameroun notamment à l’hôpital de la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale (CNPS) de Yaoundé, où j’ai souvent été admis pour des raisons santé , je  garde un souvenir positif mais aussi, de déception pour mon pays le Gabon.

 En effet, Dr VANE épouse NDONG-OBIANG, l’hôpital de la Caisse de Yaoundé n’est pas aussi fameux, mais la qualité de l’accueil en passant par les soins est irréprochable. Des compatriotes qui y ont fait un tour peuvent en témoigner.

Comment ça fonctionne à la CNPS ? 

Dès que le patient arrive il prend place à la salle d’accueil en cas d’urgence des salles avec lits sont également prévues. Dès que le malade a  pris place, ses parents se dirigent vers la caisse (2) pour s’acquitter des frais de consultation et pendant ce temps, le carnet de santé du malade est déjà sur la table de l’infirmière. 

Cette étape finie, si le malade est disposé à marcher sur ses deux jambes, il prend place dans le bureau de l’infirmière pour subir la consultation préliminaire( nom, prise de poids, tension, symptômes et explication du malade). C’est ainsi que l’infirmière, qui a déjà une idée de quoi il souffre,  conduit chez le médecin généraliste déjà en possession de la fiche technique. 

Face au Dr, la deuxième étape de la consultation commence et le reste. Que je sache, à chaque fois que je me suis rendu à l’hôpital de la Caisse de Yaoundé, on ne m’a jamais au grand jamais remis entre les mains, mes prélèvements de sang si ce n’est que les résultats dont le paiement se fait à la caisse en amont. 

Autre différence entre le CHUL et l’hôpital de la CNPS, la présence d’une pharmacie dans l’enseigne de l’établissement. Rare sont les fois où l’on voit cette pharmacie dépourvue en médicaments parce que la CNPS y attache du prix pour le bien-être des patients. Par contre au  Gabon et au CHUL en particulier, les parents des patients notamment internés doivent faire le tour des pharmacies pour se ravitailler en produits pharmaceutiques. Ce qui n’est pas du tout normal pour une structure stratégique comme le CHUL.

Madame la Directrice Générale, vous-avez certainement appris en Europe, vous n’avez jamais constaté que votre système est archaïque et mérite d’être modernisé ? C’est une question qui vaut son pesant d’or. 

Si vos prédécesseurs et vous aviez décidé de remettre les tubes de sang aux parents et parfois aux patients lorsque ces derniers ont la capacité de se rendre au laboratoire, madame VAN, avez/vous déjà imaginé combien d’heures les analystes prennent pour livrer les résultats ? Certainement NON. Pour vous le dire, au laboratoire du CHUL c’est la galère. Sans compter les gros moustiques qui vous agressent en soirée, disposés à vous injecter une dose de paludisme.

A ce chapelet des manquements s’ajoute, le problème d’eau qui n’est pas de votre responsabilité certes, mais en tant que patronne du Centre Hospitalier Universitaire de Libreville (CHUL)  vous portez aussi le chapeau de cette situation inconfortable. Comme vous le savez, il n’est pas normal qu’une structure hospitalière connaisse le stress hydrique

Dr VAN épouse NDONG-OBIANG, je rêve d’un CHUL modernisé où les malades et les parents sont respectés et assistés comme il se doit.

Je vous remercie 

Je suis Kennedy Ondo Mba 

Je suis né à Bitam, 

J’habite à Okala

Je rêve d’un Gabon meilleur, d’Un système sanitaire meilleur. Et j’assume mes écrits.  ».

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