ISI: la dette de l’État compromet l’avenir des étudiants boursiers

D.R

Depuis hier, lundi 9 avril 2018, les étudiants boursiers de l’Institut supérieur d’ingénierie (ISI), situé dans le 1er arrondissement de Libreville, protestent devant cet établissement malgré les menaces des forces de l’ordre, contre le refus de leur directeur Yannick Amiar Mickelet de leur délivrer des attestation de réussite de l’année académique 2016 – 2017.

Ce sont principalement les étudiants boursiers inscrits en Licence 3 et Master, de l’année académique précédente qui sont concernés. Faute d’impayés, la direction générale de l’Institut supérieur d’ingénierie refuse de délivrer aux étudiants leur attestation de réussite, document nécessaire à l’inscription dans un autre établissement ou à la recherche de l’emploi. Des sommes faramineuses sont ainsi exigées aux apprenants contre la délivrance de ladite attestation.

Étudiant boursier de la promotion 2014-2015, Junior N. M, dit avoir été rassuré par ses professeurs pour poursuivre son cursus à l’ISI : «ce qui se passe au niveau de l’État ne vous regarde pas», précisaient-ils, lorsque les étudiants voulaient en savoir plus sur les conventions qui lient leur établissement à l’État gabonais. Aujourd’hui en 3eme année, alors qu’ils étaient restés en marge du contrat ISI-Etat gabonais, l’école leur pose un ultimatum.

«Arrivés en 3eme année, à quelques jours de la première session, l’école nous fait comprendre que nous devons débourser la somme de 5 millions de francs si nous voulons soutenir», a-t-il déclaré. Fait irréaliste, d’autant plus qu’ils sont «boursiers de l’État gabonais, ça ne se fait pas. Pour soutenir, normalement c’est l’État qui se charge de ça», a-t-il poursuivi.

Au cours d’une réunion qu’ils ont eu avec la Direction de l’école, celle-ci a décidé qu’au lieu de 5 millions, «nous devons payer 280 000, qui selon les versions devaient servir à payer les frais de diplôme ou les charges d’ISI, les professeurs…».  Désireux d’obtenir leur attestation, les étudiants se sont acquittés de la somme et jusqu’à lors rien ne leur a été délivrés par l’établissement, leur faisant perdre ainsi une année universitaire.

Selon étudiants, l’école est en crise, les enseignants ont quitté le navire et le directeur quant à lui, de manière ostentatoire, améliore son train de vie, s’achète de nouvelles voitures et voyage… «C’est tout simplement un foutage de gueule», dénoncent-ils. Las de parler à un mur, ces derniers ont déposé plainte devant le tribunal de Libreville contre Yannick Amiar Mickelet, qui n’a pas honoré la convocation.

A l’agence nationales des bourses et stages, ils ont été renvoyés vers l’école. Au Ministère de l’Enseignement supérieur, le secrétaire général leur a dit sans tergiverser «le pays est endetté, ils ne peuvent rien faire pour le moment».

Yannick Amiar Mickelet, que nous avons tenté de joindre ce matin n’a pas donné suite à nos sollicitations. En attendant, les étudiants poursuivent leurs manifestations, en vue d’obtenir leurs attestations, relevés et diplomes utiles à la poursuite de leur cursus universitaire pour certains et à la recherche d’un emploi pour d’autres.

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