Interdiction de sortie du territoire : L’UN condamne la violation «sans vergogne» des libertés individuelles

A la suite de l’interdiction de sortie du territoire de certains membres de l’opposition par le ministère de l’Intérieur dont, le vice-président de l’Union nationale, le secrétaire exécutif de ce parti de l’opposition a condamné vertement cette «propension qu’affiche le pouvoir, à violer sans vergogne, les droits et libertés individuelles et collectives des Citoyens, expressément garanties par la Constitution», dans une déclaration parvenue à la rédaction de Gabon Media Time (GMT), ce dimanche 3 septembre 2017, que nous publions ci-dessous in-extenso.

S’exprimant sur les antennes de Radio France Internationale, suite à  l’interdiction de sortie du territoire de Messieurs Albert Ondo Ossa et Casimir Oye Mba, le dimanche 27 août pour le premier cité, et le vendredi 1er septembre 2017 pour le second, le ministre de l’intérieur a révélé à l’opinion nationale et Internationale, qu’il s’agirait d’une « mesure administrative d’interdiction de sortie du territoire », dont ils seraient frappés.

Ainsi, l’Union Nationale et l’ensemble des Gabonais, ont appris que bien d’autres personnes dont M. Jean Ping seraient concernées par ladite mesure qui interviendrait à la suite d’une déclaration de celui-ci, et qui selon le ministre de l’intérieur, contiendrait des « propos séditieux, d’une extrême gravité, appelant  ses partisans au trouble à l’ordre public, à l’insurrection, à la rébellion et à la guerre civile… et que cela n’est pas tolérable dans un Etat de droit. »

L’Union Nationale qui garde un amer souvenir de ces interdictions, du fait que son feu Secrétaire Exécutif, André Mba Obame, fut empêché de sortir à temps pour des raisons médicales,  condamne fermement cette propension qu’affiche le pouvoir, à violer sans vergogne, les droits et libertés individuelles et collectives des Citoyens, expressément garanties par la Constitution et partant, la violation de celle-ci.

Elle rappelle au ministre de l’intérieur,

– que dans un pays de droit, la légalité d’un acte administratif ne se fonde que sur la Constitution, les lois et les règlements en vigueur dans le pays ; et non sur des abus d’un pouvoir qui s’invente ses lois et ses règlements ;

– qu’en matière d’interdiction de sortie du territoire, la loi gabonaise n’interdit de quitter le pays, que ceux qui font l’objet d’une enquête criminelle ouverte par les juridictions compétentes ;

– que dans les vrais pays de droit, l’interdiction de sortie du territoire est régie par une loi, et vise à empêcher qu’un Citoyen soupçonné de terrorisme, ne parte à l’étranger pour participer à des activités terroristes ou sur un théâtre d’opérations de groupes terroristes ;

– et que cette interdiction doit être formellement signifiée à l’intéressé.

L’Union Nationale constate pour le regretter que, conscient et agacé qu’il est, de la ténacité avec laquelle la majorité du peuple Gabonais tient à faire respecter sa souveraineté, exprimée le 27 août 2016 en faveur de M. Jean Ping, alors candidat de la Coalition, le pouvoir établi multiplie les menaces et les actes d’intimidation, au point de prendre des mesures qui n’honorent, ni ne donnent pas une bonne image de notre pays. Aussi, l’Union Nationale s’insurge-t-elle, contre ces comportements dignes d’un Etat voyou  dont les dirigeants visent à réduire les Gabonais en servitude.

Elle invite le Ministre de l’intérieur, le Ministre de la défense et de manière générale, les tenants du pouvoir, à se ressaisir au plus vite, et à se montrer respectueux des lois de la République, ainsi que des droits et liberté des Citoyens, si tant est que le Gabon est un pays de droit.

Pour le Secrétariat Exécutif

Mme Sandrine Akérey

Sécrétaire Exécutif adjoint

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