Instrumentalisation de la Justice : Le Synamag demande pardon au peuple gabonais

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Quelques jours seulement après la tenue de l’assemblée générale marquant sa rentrée syndicale, le Syndicat des magistrats du Gabon (Synamag) a animé un point de presse ce mardi 28 novembre au Palais de Justice de Libreville. Occasion pour les hommes en robe noire de revenir sur les points de revendications inscrit à leur cahier de charge, mais aussi évoquer les dysfonctionnements observés au sein de la justice gabonaise.

Ainsi, devant les femmes et hommes des médias, les magistrats sont revenus sur la situation qui prévaut au sein de leur corporation notamment sur leur revendications, qui selon eux n’ont été résolus que partiellement par le gouvernement, donnant l’impression que le ce dernier ne prenait pas en compte leurs préoccupations. Pour rappel, les magistrats revendiquent la mise à disposition des bâtiments devant accueillir les tribunaux administratifs de Port-Gentil et Franceville; la livraison des costumes d’audience détenus par le ministère de la Justice; et le règlement de la prime d’incitation à la performance (PIP) pour le compte du premier trimestre 2014.

Par ailleurs, par la voix de son président, Germain Nguema, le Synamag a une fois de plus tenu à dénoncer les manipulations dont a fait l’objet le procès verbal du Conseil supérieur de la magistrature du 07 septembre 2017, qui il faut le rappeler a donné lieu à des nominations aussi «illégales qu’irrégulieres».  

Ils ont par la suite égrené une série de griefs, notamment l’immixtion du pouvoir exécutif dans le fonctionnement de la justice. Pour preuve, le Synamag a pris pour exemple «la nomination en Conseil des ministres du secrétaire général du ministère de la Justice et de ses deux adjoint qui ,’existe pas dans l’organigramme du ministère»; la politisation de la justice traduit par l’article 9 de la loi 12/94 qui dénote du lien de subordination existant entre le parquet de la République et la chancellerie «à contre courant de la norme internationale qui tend vers plus d’indépendance du parquet».

«Les interventions, interpellations intempestives et orientées du parquet de la République démontrent, s’il en était besoin, l’instrumentalisation de la Justice gabonaise (…) pour le commun des gabonais, ces comportements et errances plus ou moins répétées du parquet de la République traduisent le manque de confiance en notre justice et le déni de l’état de droit»; a martelé Germain Nguema.

C’est donc face à ces nombreux errements observés que les magistrats ont solennellement exprimé «leur sincères regrets au peuple gabonais, au nom duquel la justice est rendue».

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