Infrastructures routières: l’insoluble équation du gouvernement

Axe Libreville-Kango © Gabonactu

La sempiternelle et épineuse question de la route au Gabon n’a pas fini de susciter d’inquiétudes. D’une administration à une autre, au fil des années, le problème demeure et les solutions inefficaces. Une rencontre sur la question a eu lieu, ce 28 février à la primature entre le Premier ministre Emmanuel Issoze Ngondet et les responsables de l’Agence nationale des grands travaux d’infrastructures (ANGTI).



La forte dégradation du réseau routier que connaissent certains axes du pays, et l’arrêt de certains de ces projets structurants devant permettre la protection et l’entretien du patrimoine routier, ont étés au coeur des échanges entre les Emmanuel Issoze Ngondet et les responsables de l’ANGTI. Face à l’urgence, le premier ministre gabonais et ses hôtes se sont penchés sur la question de la relance des travaux sur plusieurs sites. Notamment, celui de l’axe PK5-PK12 qui reste confié à l’entreprise Colas avec l’appui de la Banque de développement des Etats de l’Afrique centrale (BDEAC).

Il faut d’ailleurs noter que l’ANGTI procède actuellement à l’analyse des appels d’offres des sociétés chinoises intéressées par la réhabilitation ou la construction de trois tronçons PK 12-Nsile, Ayem Agoula- Nsile et Pont de la Bokoué-Nsile, dont l’évaluation serait de 78 milliards de francs CFA, selon le site Gaboneconomie.

Sur ces questions ainsi qu’à celles liées au fonctionnement de l’ANGTI, le Premier ministre s’est dit «attentif», en reconnaissant «l’urgence de résoudre» les nombreux «dysfonctionnements» constatés autour de ces dossiers.

Le Gabon, c’est près de 10 000 km de routes principales, dont 936 seulement sont bitumées, selon le Ministère des transports. Ce qui équivaut à 90 % de son réseau routier non-bitumé. Conséquences: plusieurs axes routiers sont impraticables en temps de pluie, entravant la fluidité du trafic des biens et des personnes. On peut donc se poser la question de savoir si plus de 5 décennies après son indépendance,  une véritable  politique volontariste  pour la modernisation du réseau routier national a déjà été mis en place.

A cette  question rhétorique, le  ministre d’Etat en charge des infrastructures, des travaux publics et de l’aménagement du territoire, Jean Pierre Oyiba a, au cours d’une sortie, en fin 2017, à la télévision nationale donné quelques pistes de solutions portant sur la mutualisation des efforts entre les membres du gouvernement et des administrations compétentes.

«Il faut que  les décisions du gouvernement soient appliquées dans l’ensemble. Le souci aujourd’hui c’est la cohésion dans l’action que nous allons mener», a indiqué Jean-Pierre Oyiba.

La lourdeur administrative et l’inertie de certaines administrations dans l’action, à l’instar de l’ANGTI, sont pointées du doigt. L’assertion qui estime que la route est un facteur essentiel dans le développement d’une nation semble ne pas trouver ses lettres de noblesse au Gabon. Pourtant, il le faut.

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