Incendie de Ndjolé: entre arrestations arbitraires et muselage d’un adversaire politique

La Mairie de Ndjolé réduit en cendres © D.R

Alors que les élections législatives et locales ont pris fin, l’affaire sur l’incendie de la mairie de Ndjolé dans la province du Moyen-Ogooué continue d’être au centre des interrogations notamment après l’interpellation d’une quarantaine d’individus présumés complices dans cet incident ayant entraîné plusieurs dégâts matériels. Des arrestations qui dans la petite ville ne cessent de susciter des questionnements et laissent penser à une affaire purement politico-judiciaire.

En effet, au regard des informations divulguées par la presse et des vidéos faisant le tour des réseaux sociaux, tout prête à confusion sur ces arrestations jugées arbitraires. Pour certains celles-ci seraient motivées par la volonté de certaines forces politiques au sortir des élections législatives de museler leurs adversaires politiques.

L’opinion se questionne ainsi sur la mise sous mandat de dépôt à la maison d’arrêt de Lambaréné d’une quarantaine de personnes, alors que selon le témoignage du dénommé Memiaghe Walys Jovanie, présent lors de l’incident les pyromanes de la mairie seraient des militants du Parti démocratique Gabonais. Un élément qui laisserait donc croire à une véritable machination qui d’ailleurs a abouti à l’arrestation du candidat indépendant et tête de liste Daltry Nang Eko en l’absence d’éléments de preuve contre ce dernier et plusieurs de ses proches à Libreville.

Cette sordide affaire, qui mettrait en cause la candidate et ministre Denise Mekam’ne serait partie le jour du scrutin. Après trois jours d’attente des résultats électoraux une tentative d’arrangement à l’amiable initiée par le Président de la commission communale du CGE et une tentative de fuite par la fenêtre du bâtiment abritant le siège ad hoc de ladite institution, les résultats voulus par le porte étendard du PDG.

Cherchant semble t-il à noyer toute forme de contestation certains de ses lieutenants auraient fomenté la mise à sac de la mairie et son incendie par la suite avec à la clé l’interpellation des leaders politiques adverses. Selon les aveux de quelques personnes arrêtées avec la quarantaine de personnes actuellement sous mandat de dépôt  à Lambaréné et qui ont déjà été entendues sur procès-verbaux, tout conduirait vers ces derniers. « Nous avons été envoyés par Denise Mekam’ne pour mettre le feu… Avant l’instruction avait été donnée de couper le courant et d’évacuer les urnes et le personnel de la CGE », auraient-ils avoué.

Cette affaire ne manque d’ailleurs pas de susciter des réactions de la société civile qui dénonce une violation flagrante des droits de l’Homme. « Après plusieurs jours d’investigations, il apparaît clairement que les évènements de Ndjolé sont la résultante d’une vaste conspiration des forces politiques occultes contre la personne de Dieudonné Nang Eko dont les données véritables sorties des urnes, attestées par plusieurs centaines de témoins, lui accorderaient une victoire éclatante et sans bavure devant le candidat du PDG. », a affirmé  le président du Réseau des organisations libres de la société civile pour la bonne gouvernance au Gabon (ROLBG), Georges Mpaga.

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