samedi,26 septembre 2020
Accueil A La Une Il suffit d’y croire: le spectacle poignant des enfants orphelins du Gabon

Il suffit d’y croire: le spectacle poignant des enfants orphelins du Gabon

« Maudit soit celui qui méconnaît le droit de l’étranger, de l’orphelin et de la veuve! », déclare le livre de Deutéronome (27:19) dans la Sainte Bible. C’est dans l’espoir de partager la peine des orphelins avec le grand public et de leur assurer une rentrée des classes digne que l’association Dimosimori présidée par Regina Rose Manga a entrepris d’organiser la deuxième édition du spectacle “Il suffit d’y croire, raconte-moi…”, en faveur des orphelins de SOS Mwana et La Maison de l’Espérance, les 4 et 5 octobre 2019 à l’Institut français du Gabon. Entre émotion, partage et dénonciation des maux qui minent le quotidien de l’orphelin,”Il suffit d’y croire…” est un message d’espoir et d’amour. Reportage.

Dans Les Contemplations, le célèbre poète français Victor Hugo interrogeait déjà Dieu sur l’injustice que subit sans cesse l’orphelin de son temps. « Dieu! pourquoi l’orphelin dans ses langes funèbres – Dit-il: «J’ai faim.» L’enfant, n’est-ce pas un oiseau? – Pourquoi le nid a-t-il ce qui manque au berceau? », disait-il avec amertume dans un ouvrage paru en 1856. Les supplices de l’orphelin sont toujours d’actualité et ce à travers le monde entier. Au Gabon, les orphelins eux-mêmes ont décidé d’exprimer leur désarroi aux adultes et à leurs camarades dans un spectacle époustouflant et poignant.

 Il suffit d’y croire… un témoignage-spectacle émouvant

A 19h30, l’heure à laquelle devait démarrer le spectacle, les Gabonais et leur légendaire heure GMT+1 heure (Gabonese Mean Time +1) arrivaient au compte goutte. La salle s’emplissait au fur et à mesure, les organisateurs de l’association Dimosimori étaient à cran, mais surtout impatients de commencer et d’en finir sur une note positive et avec un public satisfait. Quant aux acteurs de cette soirée, les orphelins de SOS Mwanas et de La Maison de l’Espérance, ils étaient déjà prêts à casser la baraque. Ils attendaient impatiemment le début du spectacle avec enthousiasme et une passion dévorante dans les coulisses.

Gabon Gabonmediatime Il Suffit D'y Croire Sos Muana
Victoire Lassény Duboze et Angèle Assélé aux côtés des enfants sur la scène de l’IFG © GMT.

A 20h, la salle est quasi-pleine et le maire de la mairie du bonheur (mairie du 4ème arrondissement de Libreville, NDLR) et vice-président de l’association Dimosimori, Axel Jesson Ayenoue, annonçait le début du spectacle, en rappelant à tous le bien-fondé de cet événement caritatif et festif dont l’objectif premier est de permettre à ces enfants d’exprimer leur talent et de dire au monde leurs maux avec des mots et des émotions. Place au spectacle !

D’emblée, la troupe des acteurs orphelins, composée de jeunes garçons et filles âgés de 8 à 22 ans, envahit la scène et l’occupe avec maestria, malgré leur jeune âge. Elle est accompagnée de voix mélodieuses qui entonnent un chant qui raconte le quotidien de ces jeunes enfants qui attendent du monde qu’il lui donne les mêmes chances que les autres.  

Un message d’espoir pour ceux qui croient en l’amour

Dans Pour quelques milliards et une roupie, Vikas Swarup disait ceci de l’espoir et de l’amour dans une strophe magnifique :

« L’espoir est un soleil brillant

Qui éclaire chaque matin.

L’amour est un vent puissant

Qui chasse tous les chagrins.

L’avenir est une route déserte

Et je n’ai pas peur de demain »,

Les orphelins de SOS Mwanas et de La Maison de l’Espérance ont réussi à passer ce message à travers un enchaînement rythmé de chorégraphies de danse, de chants et de slam. Une tribune qui leur a permis de dénoncer « l’irresponsabilité parentale », « le trafic d’enfants », « les violences à l’égard des enfants », « les injustices de tout genre », entre autres maux, avant de terminer sur une note d’espoir.

Pour ces jeunes acteurs amateurs, mais ô combien talentueux, « un enfant dans la rue, c’est un sourire perdu ». Ils ont exprimé le vœu d’incarner l’espoir en rêvant d’être des artistes comme Pierre Claver Akendengué, des avocats pénalistes pour l’enfance, des banquiers, des instituteurs, ou en voulant ressembler à Libreville pour sa liberté, au Gabon pour sa diversité culturelle et ethnique, à l’association Dimosimori pour sa compassion, ou le verbe DEVENIR, pour l’infinie possibilité qu’il offre à celui qui se l’approprie.

Gabon Gabonmediatime Il Suffit D'y Croire Institut Français
L’ensemble des acteurs de ce spectacle remerciant le public à la fin de la représentation © GMT.

Accompagnés de Michel Ndaot à la mise en scène, de Jean-Remy Ogoula-Latif à la direction artistique, de F. Mboumba à la direction chant, d’Arnaud Ndoumba à la chorégraphie, de P. Cool au texte de slam, et à Malanda à la déco et pour les costumes, ces enfants des centres d’accueil de Libreville ont touché le cœur des spectateurs présents ces deux jours, le standing ovation de fin de spectacle en faisant foi.

D’ailleurs, deux grandes dames, ambassadrices de la cause de l’enfance au Gabon, étaient présentes. Ainsi, Angèle Assélé a gratifié ces jeunes rêveurs de sa célèbre chanson « Les enfants de la terre » que ces jeunes orphelins ont chantée en choeur. Quant à Victoire Lasseny Duboze, elle leur a offert de jouer aux côtés de jeunes musiciens européens d’un orchestre international qui se produira au Gabon entre juin ou juillet 2020.

Il y a de l’espoir en celui qui croit, il y a de l’espoir en celui qui changera ta vie, il faudra un peu plus d’amour que d’habitude, car, disent-ils, « derrière un enfant se cache un génie et une étoile ». Ne laissons pas cette étoile filer… il suffit d’y croire.

Laissez votre commentaire

Global Media Time Gifpx
Street 103 Gabon Gmt