mercredi,28 octobre 2020
Accueil A La Une IDH: Ali Bongo préfère l’avis du PNUD aux ressentis des Gabonais

IDH: Ali Bongo préfère l’avis du PNUD aux ressentis des Gabonais

Le vendredi 16 août 2019, à la veille de la célébration du cinquante neuvième anniversaire de l’Indépendance du Gabon, le Chef de l’Etat Ali Bongo Ondimba, pendant sa traditionnelle allocution, s’est fendu d’une déclaration pour le moins surréaliste. Le numéro un gabonais a explicitement affirmé que ses compatriotes étaient incapables de jauger par eux-mêmes et objectivement, du niveau de développement de leur pays y compris de l’amélioration de leurs conditions de vie. 

Le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) est désormais le seul juge pertinent et objectif de l’évolution du niveau de vie des populations gabonaises et partant, du développement de notre pays. Cette appréciation singulière, mieux souveraine, émane du Chef de l’Etat en personne, qui au moment de défendre son bilan social et économique annuel, a déclaré que « le Programme des Nations Unies pour le développement est meilleur juge que nous -mêmes pour évaluer ce qui a été fait ».  

Pareille affirmation nous interpelle sur deux points. Le premier met à nu l’incapacité d’Ali Bongo et par ricochet de son gouvernement à démontrer de façon pragmatique et objective les réalisations nécessaires à l’amélioration du quotidien des Gabonais. Le second expose à l’irresponsabilité la vision du chef de l’Etat pour le Gabon car, préférant faire usage de subterfuge en donnant mandat à une organisation extérieure, la légitimité de se prononcer sur la vie de ses concitoyens dont il s’était pourtant engagé à suivre personnellement l’évolution positive à la lumière de sa mythique déclaration: « Je ne serais heureux que quand les Gabonais seront heureux ». 

Il apparaît toutefois nécessaire de préciser que la dernière mise à jour de l’Indicateur de Développement Humain (IDH) effectuée par la PNUD, classe le Gabon au 110e rang sur 189, derrière des pays en conflit permanent comme l’Ouzbékistan, le Turkménistan ou encore la Libye. L’objectif premier de l’IDH est de mesurer le niveau de développement d’un pays par le Produit Intérieur Brut (PIB) mais également par d’autres données qualitatives telles que le niveau de vie, le niveau de l’éducation, la qualité de la santé, le chômage, la liberté de la presse, l’impact sur l’environnement, la place de la femme dans la société et l’Etat de droit. 

Lors de son accession à la magistrature suprême, Ali Bongo himself promettait la construction par an de pas moins de 5000 logements, preuve de sa reconnaissance des mauvaises conditions de logements de ses concitoyens. Dix ans plus tard, les Gabonais peinent encore à se loger convenablement, les différents projets lancés depuis lors sont à l’arrêt, soit en cours de redémarrage. Certains n’ont même pas encore vu le jour. 

Si la gratuité des accouchements dans les structures hospitalières publiques est une bouffée d’oxygène pour les familles, la cherté de la vie asphyxie bon nombre de foyers. Quant à la liberté de la presse « les reportages et enquêtes critiquant le président ou son entourage ont conduit à une inquiétante multiplication des sanctions », dénonce Reporters sans frontière qui classe désormais le Gabon au 115è rang sur 189 des pays où la liberté de la presse est respectée. Des sanctions récurrentes qui ont fini par précariser les entreprises du secteur dont certaines ont été contraintes de licencier des collaborateurs. 

Autant d’éléments qui illustrent le fait que mieux que le Programme des Nations unies pour le développement, d’autres indicateurs démontrent que le développement humain au Gabon est loin de satisfaire les  standards internationaux. Le Chef de l’Etat en méconnaissant aux Gabonais la légitimé de juger de leur niveau de vie, loin de favoriser la posture de son gouvernement, vient de crédibiliser l’avis du PNUD sur le Gabon dont la position au classement (110e) fait présumer le niveau de développement humain dans notre pays. 

Laissez votre commentaire

Pharel Boukikahttp://gabonmediatime.com/
Titulaire d'une Licence en Communication, d'une Licence en Economie et Gestion et d'un Master en droit Privé, mon appétence pour le journalisme est mise en exergue au quotidien à travers mes analyses sur Gabon Media Time dont je suis le Rédacteur en Chef.
Global Media Time Gif 2px
Bestheinfusion