Persis Lionel Essono: Hymne au tribalisme d’Ernest Mpouho Epiga, quand le serpent se mord la queue!

« Dans une tribune au vitriol publiée sur les réseaux sociaux et reprise par les sites d’informations en ligne comme une hymne au tribalisme, le fils de Lekei , Ernest MPouho Epiga a décidé de rompre le silence pour défendre le Directeur de Cabinet du chef de l’Etat Ali Bongo Ondimba qui, depuis un moment est la cible des gabonais attentifs à la déliquescence de l’Etat depuis que le chef de la majorité présidentielle a été brutalement réduit au silence par un accident vasculaire cérébrale sévère. Outre la défense du fils présumé d’Aliangha, l’ancien Ministre putschiste prend fait et cause pour sa belle-sœur, Madame Sylvia Bongo Ondimba.



Après plusieurs humiliations et désavoué au profit de Malika Bongo Ondimba à l’investiture du Parti Démocratique Gabonais à la députation dans la circonscription familiale de Bongoville, toute honte bue, le soldat « NENESS » sort son arme de séduction favorite : la tartuferie politique est le mérite de ce funeste personnage qui cherche à tout prix une place au sommet de l’Etat. Il faut lui reconnaître un certain talent dans cet art.

Sans aucun diplôme universitaire, il a réussi à se hisser au rang de Ministre de la défense, donnant ainsi raison à Omar Bongo Ondimba qui affirmait à ses heures de gloire : « Je peux faire d’un chien un Ministre et d’un Ministre un chien ». Il faut dire que lorsque le chien découvre les privilèges attachés à la fonction ministérielle, il est prêt à toutes les compromissions pour préserver ses intérêts et de surcroît, les intérêts de son Maître. Pour ce type de « bête politique » l’idée d’un changement à la tête de l’Etat est inenvisageable. Mieux, retrouver l’état de citoyen ordinaire dans un Etat où des femmes et des hommes dignes et valeureux arriveraient aux affaires donne des frissons à ceux qui, comme Ernet Pouho Epigat   doivent leur ascension sociale au népotisme et à la politique du ventre.

Voilà pourquoi ils tueront père et mère pour que soit maintenu un « Président inapte » qui leur garantirait leurs privilèges et l’impunité en sus. En d’autres termes, la concussion aggravée par le clientélisme et un tribalisme exacerbé sont au service de la préservation du pouvoir. Le changement serait pour ces tenants de l’ordre ancien, synonyme de leur arrêt de mort.   

Car si Ernest Mpouho Epiga et ses « Maitres » se montrent à ce point réfractaires au changement, c’est qu’il y a intérêt. Un intérêt qui n’est pas forcément celui du peuple altogovéen qui, contrairement à ce que veulent faire croire les thurifères du régime, partage la souffrance du peuple gabonais qui voit ses conditions de vie se dégrader jours après jours.

Loin des chimères et des élucubrations de Monsieur Ernest Mpouho Epigat, il y a une autre réalité implacable : Nos frères et sœurs du Haut Ogooué ne sont pas tous comptables du médiocre bilan de la gouvernance du régime d’Ali Bongo Ondimba ; Bongoville compte parmi ses fils des exilés politiques en France et en Amérique ;  certains Frères et sœurs d’Ali Bongo Ondimba ont été spoliés de leur héritage ; les Téké , des Obamba et les Nzébi du haut-Ogooué comme la majorité des gabonais sont clochardisés et réduits en mendicité dans leur propre pays.

Au nom de quoi, les enfants du Gabon soient-ils de Lekei vont s’entretuer pour Ali Bongo Ondimba ? En 10 ans de magistère, combien d’écoles Ali Bongo Ondimba a construit à Bongoville ?

En définitive, cette prise de parole publique foncièrement tribaliste est indigne d’un ancien Ministre de la République. Il met en exergue les tares congénitales du projet politique d’Ali Bongo Ondimba. En convoquant solennellement les altogovéens au repli identitaire à travers cette tentative d’instrumentalisation ethnique, Ernest Mpouho Epigat veut opposer les ressortissants du Haut Ogooué aux autres gabonais et expose dangereusement Brice Lacruche Aliangha et Sylvia Bongo à la vindicte populaire. Ici, la réalité de la politique du système est indéniable. Ernest Mpouho Epigat divise les gabonais alors que plus que jamais nous avons besoin de réaliser le vivre ensemble pour poursuivre le bien commun et maîtriser la violence.

La politique a en effet comme ambition de réaliser le « vivre ensemble » de personnes et de groupes qui, sans elle, resteraient étrangers les uns des autres. Ceux qui se servent de la politique pour diviser s’en font une idée courte. L’action politique a un fantastique enjeu : tendre vers une société dans laquelle chaque être humain reconnaît en n’importe quel autre humain son frère et le traitre comme tel.

L’organisation politique existe par et pour le bien commun, lequel est plus que la somme des intérêts particuliers, individuels ou collectifs, souvent contradictoires entre eux. Il « comprend l’ensemble des conditions de vie sociale qui permettent aux hommes, aux familles et aux groupements de s’accomplir plus complètement et plus facilement ». Aussi doit-il être l’objet d’une recherche inlassable de ce qui sert au plus grand nombre, de ce qui permet d’améliorer la condition des plus démunis et des plus faibles. Il se doit de prendre en compte non seulement l’intérêt des générations actuelles, mais également, dans la perspective d’un développement durable, celui des générations futures.

La violence est au cœur de la condition humaine. L’un des buts de la politique est de la maîtriser partout où elle est présente : délinquance, criminalité, injustice flagrante, conflit d’intérêt, guerre renaissante, menace pour la paix intérieure ou extérieure. Afin de sortir de l’animalité de la violence brute, la politique réserve à l’Etat le monopole de la contrainte physique légitime et contrôlée. Elle cherche à substituer à cette violence individuelle le droit et la parole. Elle met en place des institutions et des procédures de médiation qui préservent l’homme lui-même de ses propres dérives, en particulier en cherchant un juste équilibre entre pouvoir judiciaire et pouvoir politique, pour assurer la liberté de chaque citoyen.

Ainsi pour vivre ensemble et se reconnaître comme êtres égaux et différents, dans la sécurité assurée, des gabonaises et des gabonais que distinguent, et souvent opposent, le sexe, l’âge, la classe sociale, l’origine, la culture, les croyances doivent combattre les discours de haine et de division fondés sur le repli identitaire.

C’est pourquoi nous invitons nos compatriotes du Haut Ogooué et le Gouvernement à faire œuvre utile en condamnant les propos haineux de Mr Ernest Pouho Epigat qui, comme le Mamba qui se mord la queue, s’est unilatéralement exclu du débat républicain.

Persis Lionel ESSONO ONDO

Secrétaire Exécutif de REAGIR

Fondateur des Patriotes Indépendants »  

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