Hydrocarbures : Le gouvernement veut «tuer l’ONEP»

Faisant suite aux affirmations du gouvernement remettant en cause la légitimité de son Bureau national, notamment lors des négociations collectives concernant le dossier Maurel & Prom Gabon, l’Organisation nationale des employés du pétrole (ONEP) a tenu à éclairer l’opinion sur ces allégations qu’elle juge «ostentatoires et sans fondement», dans une communication signée de son secrétaire général adjoint, Sylvain Mayabi Binet.

En effet, dans un communiqué adressé à l’ensemble des membres de l’Organisation nationale des employés du pétrole, Sylvain Mayabi Binet revient sur les «allégations des ministres respectivement en charge du Travail et du Pétrole», remettant en cause «la légitimité du Bureau national et sur la légalité des actes posés par l’ONEP au sein des entreprises du secteur pétrolier».

A ce propos, la structure syndicale souligne que malgré la démission de quatre de ses membres, notamment le secrétaire national chargé de la réglementation, des relations extérieures et de la communication, le secrétaire national chargé du budget et des finances, le secrétaire national chargé de l’éducation et de la formation, ainsi que le secrétaire général, «le 13 mars 2016, il avait été procédé au remplacement des trois premiers membres cités supra conformément aux dispositions de l’article 60 des statuts». Quant au secrétaire général, ce dernier avait été remplacé par le secrétaire général adjoint, «conformément aux articles 25 et 26 des statuts».

«Les allégations du gouvernement remettant en cause la légitimité du Bureau national actuel ne sont qu’une pure diversion visant à détourner l’attention des travailleurs sur ses propres manquements», souligne Sylvain Mayabi Binet.

Par ailleurs, abordant la question de la légalité des actions de l’ONEP en faveur de ses adhérents en général et ceux de Maurel & Prom en particulier,  l’organisation syndicale a rappelé les dispositions de ses statuts en l’occurrence l’article 59 qui dispose que «la qualité de membre peut se perdre suite à une décision d’exclusion prononcé par le Conseil national». De cet fait, il a martelé que les allégations du gouvernement manquent de base légale.

L’Organisation nationale des employés du pétrole évoquant leur mise à l’écart des négociations dans le dossier Maurel & Prom, voit en cela des tentatives de musellements «pour fragiliser davantage les travailleurs dans leur relation avec l’employeur». Soulignant que «ce coup de force du gouvernement dans le conflit de Maurel & Prom n’est que l’officialisation de sa volonté de tuer l’ONEP, avec la complicité du patronat du secteur pétrolier et activités connexes», ceci pour «rendre le travailleur du secteur pétrolier et activités connexes esclave de son employeurs et de taire toute velléité de revendication».

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