Hubert Oboulougou: «Que peut-on espérer de nos dirigeants»

Hubert Oboulougou, Citoyen gabonais  originaire de Bongoville c D.R

Dans une actualité très fortement perturbée par des lendemains incertains suite à la cacophonie entretenue au sommet de l’Etat par rapport à l’état de santé d’Ali Bongo. Un compatriote originaire de Bongoville, Hubert Oboulougou, dépeint le comportement anti-républicain des dépositaires de l’Etat tout en jetant à la figure de notre patriotisme une question de saison « que peut-on espérer de nos dirigeants ? ». La réponse coule de source « rien ». Lecture !

La gestion épicière du Gabon se passe de commentaires ces dernières années, car portant les stigmates des enseignements de la plus médiocre école privée de gestion des bas quartiers de Libreville. Les vendeuses de manioc d’Akébé ou du Rond-Point d’Awendjé sont visiblement sorties des meilleures écoles en gestion que les dirigeants du Gabon se pavanant dans les grosses cylindrées. A ceci près, ces braves femmes au moins engrangent des profits pour assurer le bien-être de leurs familles a contrario de nos dirigeants qui les dilapident, jetant le peuple dans une misère épouvantable.

Quand un ou plusieurs Gabonais vont s’associer avec des étrangers pour piller leur propre pays et laisser leurs compatriotes dans la misère, il n’y a plus rien à attendre d’eux ou de ceux qui de près ou de loin les soutiennent. Comment croire que des hommes dotés d’un brin de conscience éclairée puissent pousser leur vice jusqu’à paupériser leur état à ce point, programmer la misère et la mort à des milliers d’hommes comme eux pour assouvir des appétits d’argent.

Comment peut-on faire exploiter l’or de Bikoundou non loin de Bakoumba par une société marocaine Managem dans la plus grande opacité et, voir le fruit de cette exploitation aurifère prendre la direction de la Suisse au nom des particuliers s’enrichissant sauvagement sans vergogne sur le dos de l’Etat gabonais qui manque pourtant de tout ?

Si diriger un pays revient à détruire ce qui contribuait un tant soit peu au bien-être des populations pour les plonger dans un puits de malheurs sans précédent, la volonté maléfique de détruire le peuple gabonais sur ses propres terres prend finalement la forme d’une cruauté à bannir. Et, chaque jour, l’obstination des dirigeants à faire croître de façon exponentielle le chaos économique et social toujours rampant suffit de convaincre d’une gestion sous l’emprise du démon.

Les hôpitaux manifestement transformés en mouroir manquent du moindre médicament ou réactif de laboratoire, les routes défoncées, criblées de crevasses symbolisent la pire honte nationale dont la nationale 1 est le porte flambeau du comble de l’incapacité des gouvernants à diriger le Gabon, le système scolaire en lambeaux, les détournements de deniers publics érigés en mode sain de gouvernance, les forces armées de sécurité et de défense mal équipées et mal habillées, à en juger par celles parties nous représenter en République Centrafricaine où chaque militaire n’a reçu qu’une seule tenue, etc.

Ils deviennent à l’évidence tous une espèce humaine maudite de laquelle on ne peut plus rien espérer. La prise de conscience que tout le peuple gabonais a fini par être au courant de l’ampleur de leurs méfaits pour la nation et l’ensemble de ses habitants, de tels dirigeants ne peuvent chercher qu’à gérer le pouvoir par une force brutale implacable. Comment s’étonner alors de ce à quoi nous assistons ?

Mais, l’histoire nous révèle qu’un tel régime est voué à la destruction brutale au besoin par ses propres armes. Le sabordement de ce système cruel et criminel ne peut résister avec le temps. De l’intérieur, les murs du système finiront par se lézarder et la charpente s’écroulera par elle-même de par l’ampleur de sa barbarie, les inégalités creusées, l’amplification de la souffrance du peuple, la privation des libertés individuelles, le musellement des intelligences, etc.

Ce qui est dommage, c’est l’inévitable vengeance aveugle que leurs actions susciteront pour les débusquer et les mettre hors d’état de nuire qui finira par se répandre dans la conscience collective comme unique solution de changement possible à terme. Même l’apartheid a fini par être évincé, les régimes de plus en plus démocratiques autour de nous scelleront le sort de despotes Africains.

Si les principaux acteurs peuvent prendre le large et espérer se la couler douce ailleurs, cette fausse garantie de sécurité n’est en réalité qu’une grosse illusion. Le monde évolue très vite et Dieu seul sait qu’hier encore nul n’envisageait décrocher les statues de Ghandi à travers les villes ci-et-là pour sa phobie de l’homme noir. Nos politiques actuels seront livrés comme des noix de cola à leur peuple martyrisé aujourd’hui, sous la pression de la communauté internationale demain par les pays même qui les protègent. Je le vois.

Ils gagneraient à quitter les choses par eux-mêmes, demander pardon et, solliciter une amnistie de leurs mauvaises actions pendant qu’il est encore temps. Les soutiens visibles du pouvoir agrandissent le champ de ceux qui exècrent ce système par le nombre élevé de ceux subissant leurs méfaits. Le couvercle de la marmite ne tiendra pas indéfiniment.

Le temps qui s’écoule est l’autre nom de Dieu et agira toujours en faveur des opprimés et non des oppresseurs. Je vois en 2019, la main de Dieu déjouer les plans des hommes et prendre le dessus sur tout.

Que de fleuves de larmes salées vont couler et des lamentations pleuvoir du côté des oppresseurs présents. L’heure vient où la remise à plat de tout est inévitable en cette année 2019. Comment feront-ils pour gommer l’ampleur des détournements massifs sans réalisations proportionnelles visibles sur le terrain ?

Repentez-vous ! Repentez-vous maintenant ! Je vous le dis très fraternellement. Faites-le sinon, il sera trop tard.

Hubert Oboulougou, Citoyen gabonais  originaire de Bongoville

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