Hercule Nze Souala: «nous proposons de ramener l’âge limite de l’attribution des bourses à 21 ans»

Face au tollé que suscite les mesures portant sur la réforme des critères d’attribution des bourses et qui depuis ce lundi 08 avril 2019 ont donné lieu à des manifestations des élèves sur l’ensemble du territoire, de nombreux acteurs de la société civile n’ont de cesse de s’insurger contre celles-ci. De son côté, le président du mouvement des Entrepreneurs Engagés baptisé « Wabouna », Hercule Nze Souala, par ailleurs responsable communication de l’Association des jeunes émergents volontaires (AJEV) a, dans une tribune, estimé que cette mesure était une opportunité pour l’excellence des apprenants, tout en suggérant une révision du critère d’âge à 21 ans plutôt que 19 ans comme proposé par le gouvernement. Nous publions in extenso l’intégralité de ladite tribune.


« La fin de la bourse pour tous : une opportunité pour l’excellence des apprenants et une obligation de résultats pour l’Etat gabonais.

Annoncée lors du dernier Conseil des Ministres du 29 mars 2019, la révision des conditions d’attribution des bourses d’études aux étudiants gabonais est un sujet qui nous préoccupe pleinement car il s’agit là de l’avenir de milliers de Gabonais, donc de manière indéniable de l’essor ou du déclin de notre économie à court moyen ou long terme.

Si cette mesure semble être drastique, difficile et injuste pour certains apprenants, il faut rappeler que l’attribution de la bourse au Gabon a toujours fait l’objet de débats. En effet, certaines personnes bénéficiaient injustement sans aucun effort des subventions de l’Etat pour poursuivre leurs études à l’étranger,  au détriment des centaines de jeunes compatriotes méritants dont les parents n’avaient pas de connexion dans la haute administration.

Aujourd’hui il faut gagner le BAC avec une moyenne minimum de 12/20 et avoir au plus 19 ans, afin de bénéficier d’une subvention d’études. La mesure est dénoncée, mais elle pourra favoriser à terme le goût de l’effort, l’amour du travail et la prise de conscience chez nos apprenants qui n’ont pas souvent forcé le destin en se disant que le ‘’10’’ était suffisant et il qu’il n’était pas nécessaire d’en faire plus.

C’est une réalité difficile à accepter pour certains mais les choses ont changé. L’Etat providence a montré ses limites et nous devons être réalistes face aux défis de notre génération. L’Etat gabonais ne peut plus tout offrir et cela nous interpelle tous, dirigeants comme citoyens lambda.

Si les détournements d’investissements au bénéfice de l’amélioration des conditions d’apprentissage au Gabon ont rarement été sanctionnés, il est temps que l’Etat qui demande aux apprenants l’excellence puisse montrer l’exemple car les réalités du système éducatif nous laissent perplexes.

Le manque d’enseignants qualifiés, le déficit en salles de classe, les effectifs pléthoriques,  le manque d’infrastructures modernes et adaptées, le manque des écoles dans certaines localités, les conditions difficiles de nombreuses familles bref. Voici là autant de raisons, qui nous emmènent à remettre en cause la question de l’éducation au Gabon.  Il faut offrir de meilleures conditions d’études aux apprenants, soutenir les familles, renforcer l’aide sociale. C’est à ce prix que les jeunes atteindront l’excellence voulue.

Pour notre part, le Mouvement des entrepreneurs engagés encourage l’Etat gabonais à adopter des mesures objectives et nécessaires, en vue du  redressement de nos finances et la promotion des élites. Il s’agit à termes d’offrir aux populations des meilleures conditions de vie.

A cet effet, nous proposons de ramener l’âge limite de l’attribution des bourses à 21 ans et non 19 ans.  Par ailleurs, il faudra que l’exigence d’une moyenne de 12/20 soit réalisable et objective pour encourager l’excellence chez nos compatriotes. Aussi, ces mesures louables doivent nécessairement être accompagnées d’une obligation de résultats pour l’Etat qui selon nous doit : Construire des universités et de nouveaux lycées sur l’ensemble du territoire national (les 9 provinces); améliorer la situation des enseignants ainsi que l’optimisation permanente des connaissances via des formations professionnelles au Gabon ; limiter de 40 voire 30 le nombre d’élèves dans chaque classe ; offrir la possibilité à chaque famille gabonaise d’avoir accès à l’eau et l’électricité car pour avoir des résultats excellents, il est nécessaire d’avoir le minimum vital dans nos ménages.

La question de l’éducation est primordiale, elle est l’essence même du développement durable de notre nation car, il est important que nos futurs cadres, employés, dirigeants soient des personnes intelligentes et formées dans les meilleures conditions possibles.

Aussi pour palier à la question du chômage dans notre pays, il est important que l’Etat gabonais s’intéresse à ces étudiants qui après l’obtention de leurs diplômes ne savent quoi faire de ces derniers car disent-ils : «  Si tu n’as pas de parents au Gabon, tu ne peux plus avoir un travail car tout est verrouillé ». Cette conception de notre environnement décourage nos apprenants à faire des efforts, or s’ils savent qu’après leurs études, ils auront des vies dignes, il sera facile pour eux de sacrifier des heures et des nuits blanches pour atteindre l’excellence.

C’est suivant cette logique que nous invitons l’Etat gabonais à créer plus d’entreprises afin de favoriser l’emploi des jeunes ; orienter les formations dans nos universités vers des métiers techniques et adaptés à nos réalités et à notre contexte. En outre, nous souhaitons que l’Etat  puisse mettre en place des programmes de promotion de l’entrepreneuriat dès la classe de 6eme car si nous avons plus d’entreprises privées, cela nous permettra de créer plus d’emplois, de richesses et de placer le Gabon parmi les nations prospères en Afrique, à l’instar du Rwanda et la Côte d’Ivoire actuellement. Les jeunes ont des idées, ils ne leur manquent que des moyens d’accompagnement et de financement pour les concrétiser au bénéfice de la République Gabonaise.

Pour le Mouvement des Entrepreneurs Engagés Wabouna, la mise en place d’une allocation de chômage pour tous les jeunes diplômés est nécessaire afin de permettre à ces derniers de chercher un emploi et de vivre dignement en attendant d’obtenir un poste dans une entreprise. Cela réduira considérablement le taux d’insécurité, de grossesses précoces et le manque de volonté chez plusieurs jeunes. En effet, cette allocation devrait  répondre à des critères d’obtention objectifs afin d’être sûr que les fonds dédiés à ce programme puisse bénéficier à l’intérêt supérieur de la Nation et non à un groupe d’individus, car il est temps de mettre un terme à l’impunité.

Le Gabon est un beau pays, il a des richesses pour être développé à la hauteur des autres grandes Nations du monde. Cela exige des sacrifices et une volonté patriotique pour tous. Car il s’agit de travailler pour la construction d’un édifice nouveau, d’une vision commune qui place l’action au cœur de nos priorités. Nul n’est au-dessus de la loi encore moins de la République ainsi, nous appelons les fils et filles de ce pays à repenser leurs priorités car il n’y a pas d’avenir sans jeunesse et surtout, il n’ y a pas de jeunesse véritable sans éducation.

Nze Souala Hercule, Citoyen Engagé membre de la Plateforme AJEV,

Président du Mouvement des Entrepreneurs Engagés Wabouna »

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