Heliconia Angondjé : 9 mois de salaires impayés

Heliconia Angondjé © D.R

Plus une semaine ne passe sans que l’on ne découvre un nouveau foyer de protestation dans notre pays. Le dernier en date est celui qui oppose les anciens employés du Complexe hôtelier Héliconia Angondjé à l’Agence gabonaise de développement, de promotion du tourisme et de l’hôtellerie (AGATOUR). Depuis le avril 2017, soit 9 mois, ces agents n’ont été payés. Une affliction qui laisse indifférente les autorités compétentes.

C’est une affaire qui remonte à la session dudit complexe au ministère de la Communication par le ministre du budget et des comptes publics de l’époque Mathias Otounga Ossibadjouo par arrêté n°00086/MBCF portant affectation au ministère en charge de la Communication du Complexe hôtelier Héléiconia Angondjé. Depuis cet épisode, les impayés s’accumulent. Le moral en berne, les anciens employés de l’hôtel sont désormais livrés à leur sort.

«Pour nous, après la session des locaux par le ministère de Budget et des comptes publics au ministère de la communication, l’Etat allait payer nos arriérés de salaires accumulés par l’ancien directeur Aworet Gabriel avant qu’il ne procède à la passation de services avec Karine Arissani la nouvelle DG de l’Agatour. Lors d’un entretien avec l’ancien Directeur général, il a souhaité qu’il y ait un plan social pour que les employés puissent être dédommagés, vu que l’hôtel allait être cédé et que c’est le nouvel acquéreur (le ministère de la communication) des locaux qui devait payer le solde tout compte des employés mais malheureusement on a rien reçu», indique à nos confreres de Moutouki, Léandre Louma, un des délégués du personnel d’Héliconia Angondjé.

Pour sortir de ce problème, l’ancienne direction générale de l’Agatour avait proposé qu’un inventaire du mobilier de l’hôtel soit fait et qu’une vente aux enchères soit organisée. «L’ancien directeur Aworet Gabriel devait initier un inventaire du matériel de l’Hôtel, ce dernier devait être vendus aux enchères et l’argent récolté devait permettre le paiement des arriérés de salaires des agents. Sauf que cette vente aux enchères n’a jamais eu lieu», a ajouté Léandre Louma.

En plus d’être privés de salaire, les employés font face à une interdiction d’accès aux locaux, outre le mutisme de leurs employeurs. Une situation plus qu’embarrassante, ces derniers ne pouvant également récupérer leurs effets personnels. Une société de gardiennage payée par le ministère de la Communication veille au grain.

Ne sachant plus à quel saint se vouer, les agents multiplient les recours auprès des autorités compétentes avec l’aide de la Confédération syndicale gabonaise (Cosiga). Mais ces différents s’avèrent infructueux. «Il a eu des actes de vandalisme dans l’hôtel et plusieurs objets ont été volés. Par la suite une société de gardiennage est arrivée et nous a empêché d’accéder à nos bureaux sous les ordres disent-ils de la hiérarchie du ministère de la communication.», a confié le délégué du personnel. 

Toutefois, cette situation a déjà coûté la vie à l’ancien chauffeur du Complexe hôtelier. Faute d’avoir de l’argent pour suivre un traitement, ce dernier avait été retrouvé mort dans sa chambre il y a quelques semaines. Il a été inhumé le week-end dernier dans des conditions particulièrement déplorable. «Notre collègue est mort sans pouvoir se soigner. Peut-être attendent-ils que nous y passons aussi pour qu’ils règlent notre problème. Qui peut vivre convenablement sans argent ? Nous sommes des contractuels de l’Etat, aujourd’hui ce projet auquel nous avons cru fait que nous payons le plus lourd tribut», renchérit-il.

Le désintéressement dont ces agents sont victimes de la part de leurs anciens employeurs est tel qu’aucun document ne leur a été délivré après avoir été jetés à la porte. Même pas un certificat de travail susceptible de prouver qu’ils ont été salariés de l’hôtel Héliconia. 

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