Guy Nzouba Ndama: «une Assemblée monocolore n’est jamais bien pour la démocratie»

Guy Nzouba Ndama président du parti Les Démocrates © D.R

Dans une interview qu’il a accordée à nos confrères de l’hebdomadaire l’Aube dans son numéro spécial de ce vendredi 26 octobre 2018, le président du parti Les Démocrates (LD) Guy Nzouba Ndama est revenu sur sa défaite au premier tour des législatives tout en décriant le raz-de-marée du parti au pouvoir ainsi que l’impact négatif sur la démocratie d’une assemblée monocolore.  

Candidat malheureux aux législatives dès le premier tour, Guy Nzouba Ndama garde tout de même une posture d’homme politique et d’un démocrate. A quelques heures de l’ouverture des bureaux de vote pour la tenue du second tour des législatives, il a lancé un appel à l’endroit des électeurs afin qu’ils portent leurs suffrages aux candidats issus de son bord politique sur toute l’étendue du territoire.

« Je demande à mes compatriotes qui doivent retourner aux urnes ce 27 octobre de voter, là où il y a des candidats de l’opposition, en leur faveur, quels qu’ils en soient », une consigne qu’il motive par la dangerosité de l’hégémonie d’un camp politique dans l’hémicycle. « Une Assemblée nationale monocolore n’est jamais bien pour la démocratie. La démocratie à mon sens ne doit pas se développer dans la rue, elle doit s’exprimer à travers les institutions », a-t-il explicité.

Pour le président de Les Démocrates, dont le parti pourrait s’en tirer avec le plus grand nombre de députés « si l’on étouffe toutes les voix qui peuvent apporter un son de cloche différent de celui du pouvoir, nous arriverons à une sorte d’anesthésie. Et si nous sommes anesthésiés, nous ne pourrons rien faire ».

Par ailleurs, la composition actuelle de l’hémicycle dont la coloration est déjà largement dominée par le Parti démocratique gabonais n’est pas de nature à rassurer l’ancien président de cette institution qui avait démissionné avant la présidentielle d’août 2016. « Je doute fort que cette assemblée qui est déjà là nous apporte quelque chose de bon pour les cinq prochaines années. J’invite nos compatriotes à comprendre cela », a-t-il conclu.

Laissez votre commentaire