Guy Nzouba Ndama reste dans la Coalition mais ira aux législatives

Guy Nzouba Ndama, président du parti Les Démocrates © GMT

Au cours d’une conférence de presse animée ce mercredi 10 janvier, mettant fin à un an de silence, le président du parti de l’opposition Les Démocrates a signifié sa volonté de prendre part aux prochaines législatives prévues pour avril de l’année en cours. Une démarche qu’il qualifie de ‘’moindre mal’’, après la négociation échouée d’un troisième dialogue politique dit de «synthèse» au profit des aspirations du peuple gabonais. Cette option qui s’inscrit en contradiction avec le discours du président de la Coalition pour la Nouvelle République dont il a réaffirmé l’appartenance ne manquera pas de créer des remous dans les rangs de l’opposition dite radicale.

C’est au siège national de son parti politique légalisé en avril 2017 que Guy Nzouba Ndama a animé sa conférence de presse pour s’exprimer sur les questions politiques de l’heure. Bien avant, Guy Nzouba Ndama a rencontré Jean Ping lundi dernier pour faire le point sur les actions de la Coalition et sans doute la posture qu’il devait porter au cours de sa conférence de presse.

Après un an de silence, l’ancien président de l’Assemblée nationale pour le compte du Parti Démocratique Gabonais qu’il avait quitté en 2016, estime que l’intérêt supérieur du Gabon doit déterminer nos choix. Pour lui, la présidentielle d’août 2016 a été un moment manqué de l’histoire de notre démocratie. La tenue de deux dialogues politiques au sortir de cette dernière a donné raison à celui du pouvoir qui a d’ailleurs entamé une révision constitutionnelle loin des aspirations du peuple.

Aujourd’hui, après l’échec de la tenue d’un troisième dialogue qui aurait pu harmoniser les aspirations de la Coalition et du pouvoir, il faut penser autrement la prise du pouvoir. Car de son côté, « l’opposition constitutive de la coalition pour la nouvelle république, sur fond de logique jusqu’au boutiste a d’abord misé sur la communauté internationale, avant de préconiser la partition de la rue désobéissante pour atteindre ses fins.  […] Face à la détresse, tout espoir est permis. Mais plus qu’une année après, force est de constater que nous avions nos questions, la communauté internationale ses réponses. Nous avions nos attentes et nos espoirs, la communauté internationale ses intérêts et ses logiques diplomatiques ».

Pour Guy Nzouba Ndama, il n’est plus question d’avoir d’autres conséquences imprévisibles par la voix de la rue.  D’où son interrogation exhaustive : «Faudrait-il encore du sang versé de trop, des morts de plus, de martyrs de trop, des souffrances de trop, des blessures de trop et d’autres rancœurs de trop entre fils et filles de ce pays?». Le président du parti Les Démocrates estime qu’il est donc nécessaire d’aller aux prochaines législatives au risque de laisser un boulevard de manœuvre au «gouvernement des paresseux, profito-situationnistes ». « La politique de la chaise vide ne paie pas […] L’objectif étant de créer une nouvelle majorité à l’assemblée nationale», a-t-il lancé à l’assistance.  Pour l’ancien député, «les prochaines législatives doivent être celles de la dernière chance, au risque de voir un basculement dans la violence par une jeunesse très avertie».

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